C’est une véritable aubaine pour la renommée de la région de Styrie en Autriche. Une contrée magique où, nuitamment, des génies se mettent à l’œuvre pour panser les plaies et effacer les maux. Y compris mécaniques. Dans la forêt enchantée, Yamaha y a déposé ses moteurs qu’il voulait ouvrir pour traiter un défaut technique. Le constructeur ne pouvait que s’en remettre au divin puisque le méchant sorcier Honda refusait l’accès au chaudron. Et il a eu raison, la preuve…

Le sort enchanté est d’ailleurs tel qu’il a même effacé toute trace de dépit dans l’esprit. Il faut s’en convaincre, les atermoiements de la veille sur un moteur Yamaha au bord de l’euthanasie nécessitant une opération à cœur ouvert pour le sauver n’était qu’une vaste blague de Yamaha. On imaginait mal Lin Jarvis en fanfaron, et pourtant…

Et pourtant les faits sont là : sur la première ligne de la grille de départ du Grand Prix d’Autriche de ce dimanche, il y a deux M1. Et les deux pilotes qui ne savaient pas comment répondre la veille au sujet d’un souci mécanique majeur sur leur moto ont eu ce samedi un discours bien rôdé : « nous avons autant de puissance qu’à Jerez et Brno, nous n’avons aucun problème » a déclaré les yeux dans les yeux celui qui sait repérer la « fake news ».

Mais tant mieux, car il s’agit d’un Français leader du championnat du monde en cours. On rappellera que Fabio Quartararo a 17 points d’avance sur le pilote d’usine Yamaha Maverick Vinales : « je ne me sentais pas bien vendredi et le ressenti de la moto était mauvais. Habituellement, nous sommes toujours rapides sur un tour chrono, mais même cela n’a pas fonctionné. Pour la FP4, nous avons apporté de gros changements à la moto et c’était mieux ».

Un nouveau dispositif à apprivoiser

« Nous avons fait deux runs avec des pneus usagés et la sensation était bonne. Après un vendredi difficile, notre objectif en Q2 était de débarquer sur les deux premières lignes de la grille. Nous sommes à la troisième place et j’en suis très content », a déclaré le pilote de 21 ans.

Cependant, il y a quand même un doute. Mais c’est aussi une plus-value pour l’avenir : Yamaha a développé pour cette saison un dispositif permettant de changer le centre de gravité de la moto pendant la conduite. Fabio Quartararo l’a utilisé sur le Red Bull Ring. « Ce n’est pas chose facile. Nous l’avons eu pour la première fois lors du test du Qatar, mais je n’ai été autorisé à l’utiliser qu’au début de l’entraînement. On ne sait pas encore si ça marche vraiment car c’est très compliqué. Cela peut apporter de petits avantages, mais cela peut aussi créer des problèmes. Je ne l’ai pas utilisé à Jerez ou à Brno, je l’ai utilisé pour la première fois ici et maintenant nous devons analyser si cela nous aide ».

« Pendant la course, il devient difficile d’utiliser cet appareil, en qualifications je l’ai essayé et j’ai remarqué que la moto s’enfonçait un peu. Si la machine bougeait davantage et que j’utilisais l’appareil, le risque de wheelie était beaucoup plus élevé. Nous devons acquérir plus d’expérience », a déclaré Quartararo samedi après-midi.

Fabio Quartararo, Petronas Yamaha SRT, myWorld Motorrad Grand Prix von Österreich

MotoGP Red Bull Ring 1 J2 : qualifications

 



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