Le team Ajo a dans son box un Pedro Acosta qui est désormais un nom incontournable dans le paddock des Grands Prix. Le jeune pilote qui en est à sa première saison de Moto3 bouscule l’échiquier alors qu’il approche seulement de ses 17 ans. Il a marqué 95 des 100 points mis en jeu en Moto3 depuis le début de l’année. Il mène le championnat grâce à trois victoires acquises consécutivement avec une manière qui ne laisse aucun doute sur son potentiel. C’est la pépite, le diamant brut, la trouvaille du moment que tout le monde voit d’ores et déjà en MotoGP. Ce qui ne manque pas d’agacer son actuel patron Aki Ajo…

Aki Ajo est le patron d’une écurie éponyme impliquée à la fois en Moto3 et en Moto2. Théoriquement, c’est sur ce terreau finlandais que s’élève la future génération de pilotes pour le projet KTM en MotoGP. Cette année, celle-ci lève vite et appelle déjà une récolte précoce. Ainsi Remy Gardner est en tête du classement Moto2 avant le Grand Prix de France de ce week-end, son jeune équipier Raul Fernandez est dans le coup et compte déjà une victoire, tandis qu’en Moto3, Pedro Acosta s’élève au-dessus de la mêlée, au sens propre comme au figuré.

N’en déplaise aux deux précités du Moto2, et surtout à Raul Fernandez qui devrait être premier de cordée dans un projet de montée rapide en MotoGP, c’est le prodige du Moto3 qui fait l’actualité. Peut-on faire sauter les étapes à un surdoué, sans le mettre en danger ? Celui qui a participé à l’aventure de Jack Miller, qui a fait ce grand saut, répond : « c’est mieux si nous gardons les pieds sur terre », dit Ajo. « C’est toujours un long processus pour évaluer les pilotes, puis les diriger vers la bonne équipe et au bon moment dans la bonne catégorie. Je compare toujours cela à une classe d’école. Vous pourrez peut-être sauter un cours. Mais si vous montez trop vite, cela peut avoir des conséquences néfastes ».

Se souvenant du cas de Jack Miller qu’il gère toujours depuis la période où il est passé du Moto3 avec KTM au MotoGP avec Honda, il précise : « vous pouvez le faire. Je ne veux pas juger si c’était bien ou mal. Mais je peux certainement dire que la phase d’apprentissage dans la catégorie MotoGP prendra plus de temps si vous passez de 250 cm3 à 1 000 cm3 tout de suite. Et nous savons que de nombreux chefs d’équipe dans notre sport n’ont pas la patience nécessaire pour attendre le succès ».

Ajo Acosta

Ajo : « ce n’est pas le moment de penser gros sous. Il y a des tâches plus importantes »

Et c’est là qu’est le danger. On rappellera que HRC a soutenu Miller pendant trois ans avant de le lâcher malgré un retentissant succès à Assen. L’Australien a pu rebondir en étant récupéré par Pramac et Ducati qui, aujourd’hui s’en réjouit. Mais le danger de sombrer a aussi été vécu. Si bien qu’Aki Ajo dit à présent sur Speedweek : « je préfère être patient et faire un pas à la fois. Il est possible que certaines personnes soient myopes. Mais le Moto3 et le Moto2 ne sont pas le bon moment pour penser aux gros sous. Il y a des tâches plus importantes ».

Mais si, malgré tout, la question du MotoGP titillait Pedro Acosta, le jeune homme se ferait ainsi recevoir par son actuel patron : « si Pedro ou quelqu’un d’autre de mon équipe me posait des questions à ce sujet maintenant, je n’aurais qu’une réponse brève : ‘tais-toi !’ Parce que ce n’est pas le bon moment pour en parler ». Le système d’Aki Ajo, KTM et Red Bull a souvent fait ses preuves. « Je parle à mes partenaires chez KTM et Red Bull et nous faisons ces démarches ensemble au bon moment. Nous motivons les talents de la bonne manière. C’est une partie importante du processus d’apprentissage et d’éducation ». Et puis il reste encore 15 Grands Prix à faire cette année.

 



Tous les articles sur les Pilotes : Pedro Acosta

Tous les articles sur les Teams : Ajo Motorsport