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Si l’importance du problème technique rencontré par Yamaha lors du test MotoGP à Sepang est restée secrète, tout le monde a pu en voir les conséquences sur le plan opérationnel : les 8 Yamaha YZR-M1 à moteur V4 sont restées dans leurs box lors de la journée intermédiaire avant de ressortir assez timidement le dernier jour.

Tout avait pourtant bien commencé pour la firme d’Iwata, puisque Alex Rins (Monster Energy Yamaha MotoGP) menait la première séance grâce à un tour bouclé en 1’58.576 au terme de la première heure…
Hélas, le premier nuage intervenait quelques instants plus tard avec la chute de Fabio Quartararo au virage #5. Une chute qui aurait pu être anodine si le pilote français ne s’y était pas abimé le bras droit et surtout le majeur de la main droite, contraignant à un rapide passage au centre médical du circuit malaisien.

Photo : MotoGP.com

Dans un premier temps, El Diablo a donc décidé d’interrompre là ses essais.
Puis, après une petite confusion médiatique (Le patron du team, Massimo Meregalli a indiqué que le Français ne souffrait d’aucune fracture mais qu’il ressentait de la douleur), le numéro #20 a finalement pris le parti de reprendre la piste l’après-midi, pour aligner 16 tours avant de s’immobiliser au début du tracé à l’entame de la dernière demi-heure de la FP2.

Photo : MotoGP.com

Ce problème technique, qui n’a rien à voir avec sa chute, allait donc alerter les ingénieurs Yamaha, d’abord sur le circuit puis au Japon et en Italie, qui décidaient ensuite de faire l’impasse sur la journée intermédiaire « par mesure de sécurité », sans que l’on en sache plus.
Techniquement, le problème était peut-être bénin, médiatiquement, une catastrophe !

Après des échanges poussés entre les trois pays, il était heureusement décidé de reprendre les essais le dernier jour, et les Yamaha ont en effet roulé en FP5 et FP6.

L’homme en charge de faire face aux questions de la presse, Massimo Meregalli, se serait sans doute bien passé de cette tâche, et c’est évidemment avec une certaine gêne qu’il s’est confié à chaud, en dernière partie de la FP6 au moment où Alex Rins prenait la piste, au site officiel MotoGP.com.

« Oui, ce matin, lorsque nous avons reçu l’information du Japon, nous avons été vraiment soulagés. Je pense qu’ils ont passé une très longue nuit entre le Japon et l’Italie. Mais heureusement, les ingénieurs ont réussi à comprendre précisément la cause du problème, et nous avons reçu le feu vert pour reprendre l’activité en piste. »

Interrogé sur la nature précise du problème, le team manager de l’équipe Yamaha en MotoGP a naturellement bien éludé la question…

« Plus que grave, c’était surtout quelque chose d’inattendu et d’inconnu. Un problème que nous n’avions jamais rencontré auparavant, et qu’il était donc crucial de comprendre. Heureusement, ils y sont parvenus, et nous sommes en train de terminer le test. »

Face à la frustration des pilotes, l’ancien pilote Yamaha explique…

« Au final, ils ont dû accepter. Nous avions le même ressenti, car comme vous pouvez l’imaginer, nous avions une longue liste de points à réévaluer. Mais c’était avant tout une décision liée à la sécurité, parce que la situation aurait pu compromettre celle des pilotes. Ils ont compris et accepté.
Honnêtement, nous espérions qu’ils (ndlr :les ingénieurs) puissent comprendre plus tôt la situation afin de reprendre peut-être dès l’après-midi. Mais le plus important, c’est que le problème semble en grande partie résolu. Et ce que nous n’avons pas pu faire ici, nous le ferons sans aucun doute à Buriram dans quelques semaines. »

Parler à la presse consiste presque toujours à en dire le moins possible et, à ce moment du mercredi, c’était finalement Alex Rins qui donnait une petite information en indiquant qu’il fallait limiter le nombre de tours afin de préserver le matériel avant une évaluation complète en vue des prochains jours et de la semaine menant à Buriram.

Toutefois, une fois la dernière séance terminée, Massimo Meregalli apportait une précision importante.

« C’est certain que la nuit a peut-être été longue entre Yamaha Japon et l’Italie. Mais heureusement, grâce à nos ingénieurs, ils ont pu comprendre précisément la cause. Ce matin, nous avons donc reçu l’information que nous pouvions reprendre l’activité en piste, et nous avons tous été soulagés.
Comme vous pouvez l’imaginer, tout est nouveau. Nous n’avons pas beaucoup de pièces et nous devons les gérer avec attention. Nous savions déjà en arrivant ici que nous devions gérer ces deux tests, à Sepang et à Buriram, avec le même matériel.
Nous avions précisément prévu le kilométrage pour chaque test, et aujourd’hui nous savions exactement combien de tours nous pouvions effectuer, simplement pour être sûrs de pouvoir aussi rouler lors du prochain test à Buriram. »

Aïe !
Il est évident que « Maio » n’envisageait pas l’envoi de nouveaux moteurs entre Sepang et Buriram, autres peut-être que ceux prévus pour le Grand Prix !
Et qu’il a toujours soigneusement évité d’indiquer si une quelconque modification avait été apportée aux moteurs, en sus d’une limitation du nombre de tours effectués.

La réponse serait pourtant importante, car une limitation du nombre de tours alloués indiquerait une usure prématurée, une limitation du régime maximum plutôt une faiblesse ou une casse !

Restons-en là pour aujourd’hui, avant d’essayer d’en savoir plus demain.

A suivre…

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