A toutes celles et ceux qui pensent que c’était mieux avant, voici le démenti d’un homme qui a traversé les époques en les vivant intensément qui risque de faire mal à cette conviction. Valentino Rossi est un livre d’histoire ambulant puisqu’il vit actuellement sa 25ème saison en Grand Prix. Et qu’il a signé pour encore une autre en 2021. Il a donc vécu pratiquement toutes les époques, et au plus haut niveau. Que pense-t-il de celle qui se déroule dans un monde d’après qui a aussi chamboulé l’ambiance générale ? Le Highlander de la vitesse moto répond…

La première saison du monde d’après a beau s’imposer une ambiance de plomb en raison de la crise sanitaire, elle n’engendre pas la mélancolie. Certes, il faut prendre en compte dans cette situation l’absence du taulier Marc Marquez qui s’est contraint par un excès d’enthousiasme au canapé devant la télé. Mais les chiffres sont tout de même là : six vainqueurs en huit courses et déjà 13 pilotes sur le podium.

Mieux, les écarts sur la feuille de temps combinée impressionnent. Ainsi, après la FP3 du dernier Grand Prix de Barcelone, le top 10 était séparé de 0,444 seconde, le top 20 de seulement 0,923 seconde… On ne sait jusqu’où il faut remonter dans l’histoire pour constater une telle situation. Alors le mieux est de demander à celui qui a traversé les âges tout en continuant son voyage temporel ce qu’il en pense…

Il s’appelle Valentino Rossi et il analyse ainsi : « c’est vraiment difficile, et c’est l’une des plus grandes différences par rapport à il y a dix ou 15 ans. Mais c’est comme ça, si vous voulez être là, vous devez travailler sur chaque détail et vous ne pouvez pas ralentir dans une seule courbe ».

Une préférence logique pour le début des années 2000…

C’est pourquoi le neuf fois champion du monde n’aime pas moins courir, au contraire : « il y a beaucoup de nostalgiques qui pensent que c’était mieux dans le passé, avec les machines à deux temps, dans les années 80… À mon avis, c’est maintenant que nous les avons ces plus belles motos de tous les temps. Et ce sont les meilleures motos en termes de pilotage », assure l’officiel Yamaha.

Le vainqueur de 115 Grands Prix de ne peut néanmoins refreiner une pointe de nostalgie : « j’ai mieux aimé dans le début des années 2000 car j’y gagnais plus » glisse-t-il en souriant.

En recherchant les causes de l’incroyable densité de la compétition dans ce championnat MotoGP, le Doctor donne son diagnostic : « il faut comprendre pourquoi nous sommes tous si proches les uns des autres. Il y a les facteurs techniques sur la moto, car nous avons tous le même calculateur, par exemple. Les pneus sont les mêmes pour tout le monde. Dans le passé, les pilotes d’usine, le top 5, auraient pu en avoir un peu plus. Mais c’est peut-être aussi le plus grand professionnalisme, la meilleure préparation des pilotes. Parce qu’à mon avis, cela aussi est très différent de ce qu’il était il y a 15 ans ». Malgré tout ça, il est toujours là…




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