La saison aura lieu, le protocole sanitaire est établi et le calendrier a été diffusé. Tout le paddock est soulagé et se pliera sans rechigner aux nouvelles contraintes d’un monde d’après né de la pandémie Coronavirus. La chaude météo, ou le mauvais temps, les week-ends successifs à faire des meetings, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes car on revient de loin… Vraiment ? Lin Jarvis, pour Yamaha, signale tout de même un danger : ses ingénieurs japonais vont avoir les pires difficultés à se rendre en Europe et y travailler. Et par rapport à ses concurrents déjà installés sur le Vieux Continent, il craint une compétition déloyale…

Entre les constructeurs européens et japonais en MotoGP, ce sont des relations parfois tendues. Par exemple, au plus fort du confinement, les Européens fermaient leurs usines alors qu’au Japon, on poursuivait le développement. Puis il y a eu le gel technique jusqu’en 2022 que les Japonais ont pris comme une faveur accordée aux Européens. La compétition va reprendre à Jerez à la mi-juillet. L’occasion de s’expliquer à la loyale ? Sans doute. Bien que…

Lin Jarvis, pour Yamaha, soulève ainsi un problème dont on pourrait entendre parler dans le déroulé de cette saison. Ainsi, si Viñales et Rossi n’auront aucun problème pour se rendre aux courses, Yamaha se demande toujours si tous ses ingénieurs pourront arriver pour permettre la meilleure exploitation possible de la YZR-M1.

Le chef d’équipe explique « nous avons clairement indiqué que nous ne pouvons participer aux courses de MotoGP que si une solution est trouvée. Nos ingénieurs japonais en particulier doivent pouvoir assister au Grand Prix. S’ils ne peuvent pas venir, nous allons avoir du mal à faire les courses. Et si les Japonais ne peuvent pas arriver, Honda et Suzuki sont également concernés. Cela créerait clairement une situation dans laquelle les constructeurs européens de MotoGP bénéficieraient d’un avantage indu car ils peuvent rivaliser avec tous leurs effectifs. Notre crainte est que notre participation au championnat soit considérablement affectée. Il est donc très important que ce problème soit clarifié ».

Au du ton utilisé, le sujet est donc bien sérieux. Et complexe ! En effet : « même si nous obtenons les exemptions des autorités japonaises pour nos ingénieurs japonais, nous sommes confrontés à un autre problème », rapporte Lin Jarvis. « Nos techniciens japonais ne peuvent pas rentrer au Japon entre les courses car les règles de quarantaine au Japon sont toujours valables pour les voyageurs. Les ingénieurs doivent rester longtemps en Europe ».

Les accords de Schengen se révèlent être un problème

« Mais l’accord de Schengen stipule que les étrangers ne sont autorisés à rester dans l’espace Schengen que pendant 90 jours sans interruption dans une période de 180 jours. C’est également un problème pour les autres Asiatiques et pour les Australiens et les Néo-Zélandais. C’est également un problème pour les pilotes d’autres parties du monde, même pour les participants de l’Asian Talent Cup. Dans notre équipe MotoGP, nous avons trois techniciens australiens indispensables ».

« Nous cherchons des solutions à ce problème », souligne Lin Jarvis à Günther Wiesinger de Speedweek.com « Nous avons maintenant 13 courses fixes au calendrier. Mais même si nos ingénieurs quittent l’espace Schengen, ce ne sera pas suffisant avant la finale à Valence mi-novembre. Il faut donc trouver des solutions pour toutes les personnes impliquées. Dorna nous accompagne dans ces projets. Aucune personne d’un État non-membre de l’UE ne peut passer plus de 90 jours dans l’espace Schengen dans les six mois. Si vous êtes ici pendant 92 jours, c’est illégal ».

Jarvis termine : « en tant qu’entreprise mondiale, chez Yamaha, nous devons respecter toutes les lois. Nous ne prendrons donc aucun risque dans ce domaine. Dans notre politique d’entreprise, le respect de la loi est primordial. Une entreprise comme Yamaha ne veut donc pas et ne fera rien qui ne soit pas conforme à la loi. Point ». Le travail de Carmelo Ezpeleta est loin d’être terminé…

 



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