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dynastie Honda

Jim Redman, en voilà un nom légendaire. Même s’il est très reconnu, son palmarès est absolument ahurissant et mérite qu’on le rappelle. Ensemble, étudions l’histoire d’un des architectes de la dynastie Honda en Grands Prix.

Né dans la capitale britannique en 1931, Jim Redman est un brillant élève. Mais une fois son père décédé, il décide de s’exiler en Afrique à l’aube de ses vingt ans, et plus précisément, en Rhodésie. Il s’agissait d’une ancienne colonie britannique (aujourd’hui Zambie et Zimbabwe), qui accueillait nombre d’expatriés du vieux continent.

Il y rencontre John Love, un pilote local. Les deux se prennent d’amitié, et la passion pour la compétition moto naît à ce moment là. Les deux montent une boîte consacrée à la réparation et à la vente de deux-roues ; l’aventure démarre. Dès lors, Redman aide à la préparation des monoplaces de son ami John, qui débutait une nouvelle épopée sur quatre roues. En échange, il lui laissait piloter ses anciennes motos avec son vieux matériel. De fil en aiguilles, Redman gagne en expérience et devient l’un des meilleurs pilotes du pays, notamment en catégorie 350cc. Puis, en 1957, il part à la conquête du championnat Sud-Africain sur une Norton Manx. Tout le monde est sous le choc. De toute évidence, l’homme est doué, mais les circuits de ce continent sont trop petits pour autant de talent.

 

dynastie Honda

Jim Redman au Grand Prix des Pays-Bas 1964. Photo : ANEFO

 

Il décide donc de revenir sur ses terres natales, où il y trouve une concurrence bien plus féroce. Lors de sa sortie au meeting de Pâques à Brands Hatch, il partage la piste avec Geoff Duke, mais aussi un jeune Mike Hailwood. Au milieu de tout ce beau monde, Jim termine deuxième, mais décide de repartir en Rhodésie… pour mieux revenir quelques temps plus tard, cette fois pour de bon.

En 1958, il prend d’assaut le championnat du monde en espérant attirer l’attention de l’écurie MZ en 125cc et 250cc. Sur Norton, il dispute quelques courses en wild-card et se fait remarquer par un tout autre constructeur : Honda. La firme ailée vient juste de débarquer, et n’a pas encore connu le succès. En 1960, le pilote titulaire et pierre angulaire du projet Tom Phillis est blessé. Voici le début d’une grande histoire d’amour.

En 125cc comme en 250cc, il se révèle au guidon des machines japonaises. Dans une ère totalement dominée par MV Agusta, difficile d’exister mais pourtant, il n’est pas ridicule en 500cc où il roule toujours sa fameuse Norton. Grâce à de beaux résultats, il abandonne la plus prestigieuse des catégories pour se consacrer totalement aux bébés de Soichiro Honda.

En 1961, les Honda sont de plus en plus performantes. Phillis, remis sur pied, s’impose d’entrée en Espagne en 125cc, alors que Carlo Ubbiali n’est plus là pour terroriser les petites classes. Hailwood, lui aussi, se fait remarquer sur les Japonaises. Redman est dans le coup, et il prend même deux victoires en quart-de-litre. Dès lors, on le pressent comme un futur grand. En 1962, c’est l’explosion. Il court dans trois catégories simultanément – ayant ajouté la 350cc à son programme, à chaque fois pour l’usine Honda. S’il peine face à Luigi Taveri en 125cc, il remporte haut la main les titres 250cc et 350cc. Il faut se rendre compte de l’exploit : Redman n’est pas passé loin d’être sacré trois fois en une saison.

Jim devient l’un des monstres du championnat, tout simplement. Il se permet même de battre Mike « The Bike » Hailwood en 350cc lors de la saison 1963. Bien qu’il soit également titré en 250cc puis en 350cc en 1964 (en remportant toutes les courses de la saison), cette couronne 125cc lui résiste. D’ailleurs, à Assen, il devient le premier à remporter trois courses le même jour. Ses aptitudes en tant que metteur au point en font un redoutable adversaire.

 

dynastie Honda

La fameuse Honda RC171 de Jim Redman employée en 1962. Photo : Rikita

 

Il remporte encore un énième titre 350cc en 1965, mais bute sur les pilotes Yamaha, constructeur japonais rival. Pour l’exercice 1966, il se lance un nouveau défi ; aller chercher la couronne en 500cc, la seule catégorie dans laquelle il ne s’était pas imposé. La nouvelle quatre cylindres Honda est affûtée ; Redman écrit l’histoire à Hockenheim. Il triomphe de Giacomo Agostini, et il s’agit de la première victoire d’un constructeur non-européen en 500cc, comme la première défaite d’une MV Agusta à la régulière depuis 1957 ! Ce jour marque un tournant dans le sport moto. Suzuki et Honda ont remporté toutes les courses de la journée (sauf les side-cars), une première pour l’archipel nippon.

À Assen, le Rhodésien récidive. Il bat de nouveau Agostini, alors qu’Hailwood chute. Jim est assurément dans la course au titre. Mais en Belgique, le sort en décide autrement. Sous les trombes d’eau wallonnes, il chute dès le premier tour et se casse le bras. Cette blessure devait l’éclipser des paddocks pendant quelques temps, mais en réalité, jamais Jim Redman ne reposa ses roues sur une piste du mondial. Il décida de prendre sa retraite et de retourner en Rhodésie vivre des jours heureux.

Difficile de lui reprocher quoi que ce soit. Redman avait tout gagné ; nous sommes en présence d’un grand Homme titré à six reprises, et vainqueur de courses dans quatre catégories différentes (45 au total). MotoGP Legend légitime, il est actuellement l’un des plus vieux champions du monde encore en vie, à 92 ans. Difficile d’imaginer Honda sans lui ; la marque ailée n’aurait sans doute pas le même palmarès et surtout, la même aura.

Connaissiez-vous l’histoire de Jim Redman ? Dites-le nous en commentaires !

 

Redman, ici aux côtés de Marc Marquez pour le 25e titre constructeur de Honda. Sans le Rhodésien, le génie espagnol n’aurait peut-être pas pu en faire autant. Photo : Box Repsol

 

Photo de couverture : ANEFO

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