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Le paddock MotoGP est arrivé en Hongrie avec une question centrale : Marc Marquez peut-il réitérer son exploit de l’an dernier sur un circuit qu’il apprécie particulièrement ? La réponse du champion en titre est sans appel, empreinte d’une lucidité qui tranche avec son tempérament habituel. Pour le n°93, la priorité n’est pas le classement, mais la reconquête de son propre corps.

Le retour de Marc Marquez au Mugello a constitué l’un des grands événements du week-end italien. Certes, le champion du monde en titre est encore loin de sa meilleure condition physique, mais il a déjà démontré qu’il restait capable de se battre au plus haut niveau, notamment face à un Pedro Acosta toujours aussi agressif.

Pour autant, le pilote Ducati refuse catégoriquement de se laisser emporter par l’enthousiasme. Alors que le MotoGP débarque désormais à Balaton Park, un circuit qui lui avait parfaitement réussi l’an dernier, Marquez se montre d’une lucidité presque désarmante face à la nouvelle hiérarchie du championnat. Car aujourd’hui, selon lui, les références ne sont plus les Ducati. Ce sont les Aprilia.

Marc Marquez : « Le favori n'est pas Marc Marquez ! »

Marc Marquez : « Après le Mugello, la glace était mon meilleur allié »

Le week-end italien a laissé des traces. Malgré une cinquième place encourageante et un retour à la compétition réussi après ses opérations, le Catalan reconnaît que chaque effort continue de se payer physiquement.

« Le week-end a été éprouvant, mais nous l’avons abordé de la bonne manière. En nous concentrant uniquement sur mes sensations, et c’est ce que j’ai fait. Je n’ai forcé que deux fois : lors des essais libres et des qualifications. Le reste du week-end s’est bien passé, même s’il est vrai qu’après Mugello, la glace était mon meilleur allié pour me détendre et récupérer au mieux. Ici, à Balaton, nous adopterons la même approche pour poursuivre mon combat personnel. »

Le mot est lâché : combat. Car pour Marquez, la bataille actuelle n’est pas encore sportive. Elle est d’abord physique.

Interrogé par GPOne sur son calendrier de retour au plus haut niveau, le pilote Ducati refuse toute projection optimiste.

« Il est trop tôt pour le dire, car on ne ressent pas beaucoup de différence en trois jours. J’espère la constater entre Balaton et Brno, mais je sais que ce sera un processus long et qu’il me faudra quelques semaines. Je dois travailler à retrouver confiance en moi sur la moto, mais pour cela, je dois avant tout améliorer ma condition physique. »

Le problème dépasse largement la simple récupération musculaire. « Le premier problème, c’est de régler le problème des nerfs, car ils sont liés aux muscles. Au Mugello, j’ai senti que certains muscles ne fonctionnaient pas correctement ; j’ai des douleurs et des sensations différentes, donc ça va prendre du temps. Mon dos va bien, mais c’est au niveau des épaules, de la nuque et des biceps que je dois travailler. C’est là que je me suis blessé en Indonésie, et pour ces zones, il me faut plus de temps ; c’est comme si mes muscles étaient vides. Il ne s’agira pas seulement de la moto, j’aurai aussi besoin de la salle de sport. »

Une analyse qui illustre parfaitement la difficulté du défi auquel il est confronté : retrouver un niveau physique compatible avec les exigences du MotoGP moderne.

Balaton Park reste pourtant un terrain favorable au numéro 93. L’an dernier, il y avait signé la pole position ainsi qu’un doublé Sprint-Grand Prix. Mais là encore, Marc Marquez refuse de nourrir la moindre illusion.

« Non, n’y pensez même pas ; si j’y arrive, c’est que les autres n’auront pas fait les choses correctement. L’an dernier, au Mugello, j’ai fait la pole position et j’ai gagné les deux courses ; ici, ce sera pareil : j’aborderai la course avec le même état d’esprit. En ce moment, Bezzecchi, Martin et les autres concurrents sont particulièrement forts, et comme ils me l’ont montré au Mugello, ils sont très rapides. »

Une déclaration qui résume parfaitement le changement de rapport de force observé depuis plusieurs semaines. Alors que Jorge Martin a récemment désigné Marquez comme la référence du plateau, l’Espagnol inverse immédiatement la perspective.

« Personne n’aime la pression, mais les pilotes à battre en ce moment sont sur les deux Aprilia. La lutte s’annonce passionnante ; ils sont tous les deux rapides. Martin sait déjà ce que signifie être champion du monde, mais Bezzecchi est le pilote le plus régulier en course. Je vais essayer d’être rapide et de rester près de lui, mais je pense que ce sera impossible. Si je suis l’homme à battre, c’est qu’ils font quelque chose de travers. »

Rarement Marc Marquez aura affiché une telle humilité sportive. Ou peut-être simplement une telle lucidité. La question est désormais sur toutes les lèvres dans le paddock. Comment Aprilia est-elle parvenue à renverser une hiérarchie que Ducati semblait contrôler depuis plusieurs saisons ?

Marquez lui-même peine à l’expliquer. « Je ne saurais dire. Notre moto fonctionne bien, mais je n’en tire pas tout le potentiel. Voyons si je peux progresser ; cela profitera aussi à la moto. » Une réponse prudente qui traduit surtout une réalité difficile à contester après le Mugello : aujourd’hui, la référence du MotoGP s’appelle Aprilia. Et Marc Marquez le reconnaît mieux que quiconque.

Loin des déclarations bravaches, le champion espagnol sait que son véritable objectif n’est pas encore de battre Bezzecchi ou Martin. Pour l’instant, il cherche d’abord à retrouver pleinement son propre corps.

Marc Marquez traverse une période de transition difficile. En acceptant de ne pas être le protagoniste immédiat de la lutte pour le titre, il prépare le terrain pour un retour en pleine possession de ses moyens. Alors qu’il soutient également la rééducation de son frère Alex, le clan Marquez vit une période de vulnérabilité rare. En Hongrie, le n°93 ne court pas après la gloire, il court après la certitude que son corps lui appartient à nouveau.

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