Ne dit-on pas “qui aime bien châtie bien” ? Il ne fait aucun doute que Paolo Simoncelli noue avec ses pilotes des liens presque filiaux, en particulier avec Tatsuki Suzuki en ce moment.

Pour autant, cela n’empêche pas le team manager d’être lucide sur leurs performances (c’est le cas de beaucoup de ses collègues) et de l’exprimer dans la presse (ça l’est beaucoup moins).

C’est pourquoi nous apprécions particulièrement ses analyses de week-end et les rediffusons ici.


Nous sommes de retour de Silverstone où l’an dernier nous n’avons pas pu courir à cause de la pluie qui a affecté les conditions de piste. Nous retournons au Royaume-Uni et, une fois de plus, les rumeurs sur l’avenir des pilotes jouent un rôle important.

On vient de me dire qu’en Moto3, la course avait presque la même part d’audience que le MotoGP, et c’est une très bonne nouvelle pour moi. Je n’arrête pas de dire que les courses Moto3 sont passionnantes, disputées jusqu’au dernier virage, à couper le souffle, et je suis fier que nos pilotes aient été parmi les protagonistes du GP britannique.

Bien que nous ayons eu les mêmes “mésaventures” en qualifications (pas de pénalités cette fois-ci), Antonelli a obtenu la 5ème place sur la grille et Suzuki la 11ème. Ce n’est pas un mauvais résultat si l’on sait que sur le circuit de Silverstone, il est facile de faire un bon retour. La course s’est terminée avec Niccolò 4ème et Tatsu 5ème en se battant jusqu’au dernier virage avec le groupe de tête. C’était une course difficile qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin. Je devrais être satisfait ; Antonelli a montré des améliorations dans la gestion du combat et Tatsu est de retour sur la piste après deux courses difficiles. Il s’est comporté en pilote professionnel en évitant de faire des dépassements dangereux sur son coéquipier même s’il aurait pu avoir une chance de monter sur le podium. Il est important de garder à l’esprit que Nico se bat toujours pour le Championnat, et Tatsu l’a fait.

Je devrais être satisfait, mais cet empressement, cette “chose” qui vous fait “mordre” vos rivaux quand vous luttez pour la victoire, et vous permet de prendre un risque aveugle sans penser aux conséquences, nous manque encore. C’est ce qui fait la différence entre un pilote et un champion. Tant que nous manquerons de cette folle et impatiente volonté de gagner, nous continuerons à faire de bonnes courses et à nous rapprocher du podium, mais… nous ne l’obtiendrons jamais.

-PaoloSic58-

Crédit classement : MotoGP.com

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