On l’espérait depuis un petit moment, et cette longue attente a nourri de fortes exigences. Le Concept R18 au Concours d’Eleganza de la Villa d’Este en mai dernier n’avait fait que les exacerber tandis que, depuis 2016, l’opus rendant hommage à la R5 des années 30 avait libéré les désirs. Généralement, lorsque le modèle fini destiné aux concessions arrive, on connait une pointe de déception, voire de désillusion. Mais là, BMW a fait fort en nous contentant. Voici donc la R18 qui va faire mal dans le segment des cruisers néo retro. Car du style à la technique, elle a tout pour plaire. Avec même un tarif intéressant…

BMW lâche enfin sa R18, et au vu de ce qu’elle propose, elle n’a qu’un seul rival susceptible de lui fermer les portes du succès : le Coronavirus ! Car lorsque la pandémie sera partie, laissant derrière elle un monde bien abîmé, les hommes auront sans doute d’autres préoccupations que celle de s’offrir une aussi belle moto.

Mais la proposition est là. C’est sobre, c’est conforme à l’histoire, tout ceci est statutaire et donc identitaire, la R18 frappe donc juste en direction d’une clientèle qui veut se délecter d’une tranche de vie au guidon. Le Harley-Davidson, Moto Guzzi et autres Indian ont du souci à se faire…

 

 

 

Le morceau de choix, la pièce maîtresse est le nouveau Boxer de 1 802 cm³ qui se montre à son avantage, tant à l’œil que sur la route Car BMW n’a pas lésiné sur la technique pour faire de cette moto une pièce moderne malgré son aspect vintage. Quatre soupapes par cylindre, double allumage, injection et un système de gestion électronique pour garantir le plus grand couple possible ainsi qu’une faible consommation de carburant et émissions (CO 2129 g/km, consommation moyenne 5,6 l/100 km) pour l’homologation Euro 5. La distribution n’est un arbre à cames en tête classique, comme les boxers autrefois produits par BMW, mais utilise deux arbres à cames (un par cylindre) positionné l’un à droite et l’autre à gauche au-dessus du vilebrequin, contrôlés par chaîne.

 

 

 

Le résultat est une puissance maximale de 91 ch à 4750 tr/min et 150 N m de couple disponibles en permanence de 2 000 à 4 000 tr/min. Il est refroidi par air et huile, avec des culasses et des cylindres couverts de généreuses ailettes, et pèse 110,8 kg, avec la boîte de vitesses et le système de carburant. Le moteur est équipé de tout le nécessaire pour aider le pilote à profiter de ses performances sans risque. Les trois modes de pilotage s’appellent Rain, Roll et Rock… Tout un programme !

L’embrayage est équipé d’un système anti-saut. La boîte est à six rapports. La marche arrière commandée par un moteur électrique est également disponible en option, grâce à un pignon qui permet d’inverser la rotation. Utile pour une bête qui pèse 350 kg… D’ailleurs, le Hill Start Control pour faciliter les démarrages en côte est aussi disponible. La transmission finale, il ne pouvait en être autrement, est un cardan avec une splendide tige chromée bien en vue.

La suspension avant et le système arrière Cantilever sont délibérément dépourvus de réglages électroniques pour accentuer la philosophie rétro du modèle. La selle positionnée à seulement 69 cm du sol. Comme toujours, BMW propose toute une série d’accessoires pour personnaliser le confort de conduite, des guidons de différentes largeurs et hauteurs aux selles de conception différente, y compris la selle solo “suspendue”, un clin d’œil à la R5… Le système de freinage comprend un double disque de 300 mm à l’avant et un seul disque de la même taille à l’arrière, contrôlé par ABS.

 

 

 

La nouvelle R 18 sera initialement proposée uniquement dans la même version première édition dans le monde entier. La version standard spécifique aux différents marchés arrivera en 2021. La First Edition arbore une peinture noire avec des filets blancs qui rappelle sans équivoque le style BMW d’il y a quelques décennies. Pour l’embellir davantage, il y aura un chromage supplémentaire, une plaque sur la selle, une boucle chromée avec “First Edition” écrite et un kit “de bienvenue” qui ravira les fans, pour 22 990 €, somme tout à fait correcte pour une moto qui risque de devenir un véritable “objet de désir” pour les fans de la marque bavaroise, qu’ils aiment ou non les motos custom. Sachant que les suppléments de cette édition coûteraient 2 150 euros, il est facile de supposer que la version standard, lorsqu’elle arrivera, se négociera aux environs de 21 000 euros… Vivement la fin du confinement !