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C’est un sérieux revers pour l’Union Européenne en matière de transition énergétique. En raison de l’abstention annoncée de l’Allemagne, les Etats membres ne voteront pas mardi l’interdiction de la vente des voitures à moteur thermique en 2035.

Les États membres devaient en effet officiellement entériner cette décision âprement négociée mardi 7 mars. Le dossier, bouclé également avec le Parlement européen fin 2022, ne devait plus passer que cette petite étape de procédure, et cela devait être une simple formalité. Il faudra pourtant encore attendre un peu pour annoncer officiellement la fin dans l’Union Européenne des moteurs thermiques d’ici à 2035 et le passage au tout-électrique.

Après la validation du Parlement Européen le mois dernier, il n’y avait objectivement plus d’espoir de voir cette mesure amendée ou tout simplement remise en cause puisque, pour qu’elle soit définitive, il ne restait plus aux 27 États membres qu’à valider le texte lors d’une réunion de leurs ministres prévue mardi à Bruxelles. Le dossier, bouclé également avec le Parlement européen fin 2022, ne devait plus passer que cette petite étape de procédure.

Toutefois, à la surprise générale, le vote vient d’être reporté à une date inconnue suite à un revirement surprise de l’Allemagne. Si l’Italie, la Pologne ou la Bulgarie sont ouvertement contre cette mesure, cela ne suffisait pas à bloquer la mesure. Mais avec le soutien inattendu de l’Allemagne dont le poids dans le vote européen est loin d’être négligeable, tout est remis en cause.

La Suède qui assure la présidence du Conseil de l’UE à Bruxelles a annoncé que les représentants des 27 ont « décidé de reporter la décision à une réunion ultérieure et qu’ils reviendront sur ce sujet en temps voulu. » Preuve que tout est à nouveau sur la table. En fait l’Allemagne, comme l’Italie, protestent contre le fait que le Parlement n’a pas tenu sa promesse d’intégrer les carburants synthétiques et plus largement les technologies alternatives au tout électrique dans le plan de suppression des émissions de gaz à effet de serre dans l’automobile.

Dans un contexte économique très morose en Europe, entre coûts de l’énergie et nouvelles rivalités commerciales, sur fond de technologies propres, le coût du passage au tout-électrique reste un vrai « catalyseur de mécontentement ». Plusieurs constructeurs majeurs estiment que le dogme du tout électrique n’est pas pertinent. Pour ces constructeurs, si le politique doit imposer la norme, ce sont à eux de trouver le moyen d’y parvenir en brossant une large palette de technologies différentes.