La Sunday Ride Classic, tenue chaque année au Paul Ricard, est un événement devenu incontournable pour tous les motards et passionnés. La SRC 2026, qui prendra place du 15 au 17 mai à venir, a prévu un programme exceptionnel : de nombreuses légendes seront là pour honorer l’événement, et, parmi elles, Kenny Roberts Jr, champion 500cc 2000, avec sa Suzuki RGV500 ! Voici son histoire.
Il est possible, en parlant des Grands Prix, de diviser l’histoire en ères différentes. Nous avons, par exemple, l’ère Agostini durant les années 1960 et 1970, l’ère Doohan au milieu des années 1990 et l’ère Rossi, durant la première décennie du XXIe siècle. Mais entre les époques, il est fréquent que certains champions s’illustrent Kenny Roberts Jr. en est le parfait exemple.

Il a connu l’une des plus impressionnantes progressions entre 1998 et 1999. Ici en 1999, justement, à Donington.
Bien entendu, la carrière de Roberts Jr n’aurait pas été la même sans l’appui et l’expertise de son père. Pour rappel, ce dernier est un triple champion du monde 500cc, considéré à juste titre comme l’un des inventeurs du style de pilotage moderne, en faisant glisser la moto abondamment. Pourtant, Roberts fils possédait un réel talent et le mérite lui revient tout entier.
Né en 1973, il débuta les courses moto par le motocross, comme c’est de coutume outre-Atlantique. Très rapidement, il se mit à la piste à la fin des années 1980, concourant sur des pistes locales avant d’être recruté par son père en Grand Prix, catégorie 250cc. Roberts père était en effet l’un des acteurs les plus influents du championnat, et ce, depuis un moment. Peu de temps après sa retraite, son leadership et son sens du développement l’ont propulsé à la tête de l’écurie Yamaha usine.
Wayne Rainey remporta trois titres sous ses ordres, et c’est ainsi qu’il décida d’engager son fils. Qu’on se le dise : ce n’est pas Yamaha qui allait refuser quoi que ce soit à ‘King Kenny’. Mais immédiatement, le bonhomme était rapide. Après quelques manches effectuées en 1993 et 1994, il réalisa sa première saison complète en 1995.
Il se trouvait alors dans une situation assez compliquée. Il disposait d’un talent naturel évident qui lui permit de terminer huitième du championnat, mais n’apparaissait pas non plus comme un crack aux yeux du monde. Cette zone se situe entre la vitesse pure (des frères Márquez, par exemple, qui sont nés rapides, et performent peu importe les circonstances) et le travail acharné lié à un déclic.
Le travail. À partir de la, c’est le maître-mot pour passer dans la catégorie des favoris, ceux qui sont installés. Après cette saison, son père lui fait franchir un cap en le faisant accéder à la 500cc, toujours chez lui. Résultat : des chutes, des abandons et une treizième place au championnat. Il lui a fallu se doter d’un mental d’acier, afin de ne pas succomber aux critiques, lui rappelant qu’il ne serait rien sans son père.
Une spirale négative débuta. En plus de devoir, en un sens, supporter l’ombre de son paternel, il évoluait sur une Modenas KR3, construite en partie avec Roberts en personne. Peut-être que le trois cylindres en V (?) n’était pas la bonne architecture, s’opposant à peu près à toutes les solutions efficaces utilisées en Grands Prix à cette époque. Voyant le potentiel du garçon malgré ces deux années de galère, c’est Suzuki qui décida d’offrir une RGV500 à l’Américain pour 1999.

Robets devant toute la meute en 2000. Cette année était complètement folle : Alex Crivillé, Valentino Rossi, Max Biaggi, Gary McCoy, Loris Capirossi, et Norifumi Abe ont tous remporté au moins une course. Quelle brochette de légendes ! Photo : MotoGP
Métamorphosé, il remporta les deux premières courses de l’exercice devant Mick Doohan, et fut un danger pour Álex Crivillé tout au long de la saison. Personne ne le voyait venir, mais il était là. Tant d’années de travail lui permirent d’atteindre un énorme niveau. Une deuxième place au championnat et un statut de favori pour l’année suivante à la clé.
En 2000, il changea à nouveau de dimension. Pour rappel, il y a deux ans à peine, il pointait à la 16e place du général. Respect. Le duel concerne sa personne et un rookie du nom de Valentino Rossi, version teinture blonde et numéro noir. Mais rapidement, le destin choisit son camp. En franchissant la ligne d’arrivée du GP du Brésil en sixième place, Roberts Jr devint le premier champion fils d’un champion et rentra ainsi dans l’histoire. Sur la saison, Kenny a triomphé de quatre manches, signé quatre pole positions, et réalisé cinq autres podiums. Un exercice des plus solides pour un pilote mémorable. Un moment émouvant, vécu en famille à l’arrivée de ladite manche sud-américaine. Il met ici fin à une série de six titres consécutifs pour Honda, qui raflait tout depuis 1994.
Relive the historic scenes at Rio in 2000 as Kenny Roberts Jr. clinched the 500cc world title! 🏆
The first Father/Son world champions in Grand Prix history! 👏#MotoGP pic.twitter.com/Q0BTaY7J0m
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) April 12, 2019
Intronisé MotoGP Legend en 2017, Kenny Roberts Jr. tient une place à part dans l’histoire des Grands Prix motos, alors profitez de cet hommage au Paul Ricard, dans un cadre tout aussi grandiose, pour venir le rencontrer !
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La plus grande fratrie de l’histoire, en attendant les enfants Marquez ? Photo : MotoGP
Photo de couverture : MotoAmerica



























