Moto GP WSBK
Publié le 24 septembre 2026 • 13:30 par Luca Bartolomeo

Superbike Interview, Sven Blusch (BMW) 2/2 : « Liberty Media a tous les outils pour développer le championnat »

Pour PaddockGP, Sven Blusch détaille sa vision du développement futur du Superbike, sous l'impulsion de Liberty Media.

En 2026, BMW fait face à de nouveaux défis en championnat du monde de Superbike (WorldSBK). Le départ de Toprak Razgatlioglu vers le MotoGP après deux titres de champion du monde, et les nouvelles règles du championnat, ouvrent un nouveau chapitre pour la marque munichoise. L’enjeu est de démontrer que la M 1000 RR dispose d’une base suffisamment solide pour rester compétitive, quel que soit le pilote à son guidon, et de redéfinir ses repères tout en poursuivant le développement de sa machine.

Du 4 au 6 septembre dernier, sur le circuit de Magny-Cours, Paddock GP a vécu le rendez-vous français du Championnat du monde Superbike en immersion au sein du garage BMW Motorrad. L’occasion de vous proposer une série d’entretiens avec Christian Gonschor, directeur technique de BMW Motorrad Motorsport et Sven Blusch, patron de BMW Motorrad Motorsport, au sujet de la reconstruction de l’équipe après les années de succès vécues avec Toprak Razgatlioglu.

La première partie de notre entretien avec Sven Blusch disponible ici. Si vous l’avez manqué, retrouvez notre entretien en deux parties avec Christian Gonschor via ces liens : Partie 1; Partie 2

Une dernière question concernant Liberty Media. L’entreprise se concentrera d’abord sur le MotoGP. Est-ce aussi un défi pour les équipes de prouver que le WorldSBK est un produit solide ? 

« J’espère que ce ne sera pas une priorité secondaire. J’espère qu’ils ont dans leur plan une idée claire de ce qu’ils veulent faire du MotoGP, mais aussi du Superbike. Nous savons que l’audience est plus faible et que les budgets dépensés sont aussi inférieurs. Mais si la courbe reste orientée dans la même direction, nous pouvons y voir une opportunité. Je ne pense pas qu’il y ait déjà eu autant de pilotes MotoGP désireux de rejoindre le WorldSBK. C’est une grande chance pour nous d’accueillir des pilotes très connus, qui disposent d’une large base de fans. En matière de réglementation, la direction prise par le MotoGP devient un peu comparable à la Formule 1. C’est plus technique, et les pilotes doivent appliquer très précisément ce que les ingénieurs leur demandent. En Superbike, il y a davantage de mouvement de la moto, davantage de pilotage au sens où les fans l’apprécient. Les pilotes MotoGP plus expérimentés connaissent ce style, ils peuvent l’apporter au championnat. Cela pourrait constituer un véritable accélérateur pour nous. »

Pour faire connaître le Superbike aux américains, il faudrait aussi que les équipes acceptent d’investir pour plus de courses en dehors du continent européen…

« C’est clairement ce que nous espérons. En tant que constructeur, et c’est vrai pour tous les constructeurs, nous poussons dans ce sens. Mais nous connaissons aussi les difficultés associées à ces marchés. Après le Covid, réduire cette présence internationale a été la bonne décision. Désormais, il faut revenir à l’international de manière intelligente, structurée et pertinente. Organiser une course à l’autre bout du monde, uniquement parce qu’elle est internationale et que tout le monde doit dépenser beaucoup d’argent, serait une erreur. Il faut construire cela de façon cohérente. »

Cela doit être une priorité ?

« Avec Liberty Media, nous nous attendons évidemment à ce que le marché américain devienne une priorité. La Chine serait également extrêmement intéressante pour tout le monde. Mais la Malaisie, la Thaïlande et l’Indonésie sont aussi des marchés très importants pour nous en tant que marque. Y organiser davantage de courses nous intéresserait fortement. La venue de pilotes MotoGP dès l’année prochaine, contribuerait aussi à accroître la visibilité du championnat et à démontrer qu’il s’agit d’une compétition exigeante, et non simplement d’un championnat perçu comme le lieu d’une seconde carrière. »

Michelin et la vision à cinq ans du Superbike

L’arrivée de Michelin en Superbike pourrait-elle aussi aider la catégorie à grandir, si le manufacturier investit fortement dans le championnat ?

« Bien sûr. Michelin partage les mêmes objectifs que nous. Lorsqu’une entreprise investit dans un projet, elle veut le faire grandir. Nous savons ce dont Michelin est capable. Pour nous, il s’agit avant tout d’un changement technique. Chaque saison, ou presque, apporte son évolution. Cette fois, ce sont les pneus. Nous ne nous attendons pas à un bouleversement total, mais Michelin est une marque majeure, très connue dans le sport automobile et motocycliste. »

Entre l’arrivée de Michelin, les pilotes MotoGP susceptibles de venir et Liberty Media, le WorldSBK semble pouvoir grandir naturellement. À titre personnel, où voyez-vous le championnat dans cinq ans ?

« Nous ne sommes pas engagés en MotoGP, et notre objectif est de vendre le produit. Si Liberty Media suit également cette direction, nous savons, grâce à ce qui s’est passé en Formule 1, qu’il est possible d’attirer un public qui n’est pas forcément composé d’experts techniques, ni même de personnes particulièrement intéressées par les détails techniques. Ces gens recherchent du drame, une forme de feuilleton, si vous voulez. Si nous parvenons à placer le WorldSBK dans une position où les fans de sports mécaniques trouvent leur place, avec des pilotes MotoGP qui viennent y poursuivre leur carrière, ce sera positif. Mais, pour nous, le point le plus important serait de retrouver une situation comme celle des deux dernières années. Bien sûr, gagner était formidable. Mais je pense que tous les fans ont aussi gagné à suivre des courses entre deux pilotes lorsque le championnat se joue lors de la dernière manche. C’est vers cela qu’il faut tendre. Liberty Media a, je pense, tous les outils pour emmener le championnat dans cette direction. »

Il faut aussi faire des pilotes des héros en Superbike ?

Nous cherchons à créer de l’engagement à travers les personnalités dont nous disposons. Cela vaut pour notre président-directeur général, qui vit BMW Motorrad avec passion, mais surtout pour les pilotes issus de la compétition. Ils ne sont jamais des personnages ennuyeux : ils sont toujours intéressants. Au final, lorsque vous montez sur votre moto au Portugal, vous voulez être Miguel. C’est cette identification que nous voulons créer. C’est un axe sur lequel nous avons beaucoup travaillé ces dernières années : il ne s’agit plus seulement de la marque, mais aussi des personnes. C’est une évolution majeure pour nous. Nous avons vu cette tendance apparaître plus tôt dans d’autres sports, car la dimension technique y est moins présente. Mais, pour nous, c’est la clé de l’avenir : raconter des histoires.

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Sven Blusch et Miguel Oliveira en Superbike © BMW

 

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Miguel Oliveira, pilote BMW en Superbike mondial © BMW
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