F1
Publié le 8 novembre 2026 • 03:15 par Oléna Champlain

F1 – Gilles Villeneuve renaît au cinéma : avant la légende Ferrari, l’homme qui risquait tout !

Gilles Villeneuve revient au cinéma le 11 novembre 2026. Rémi Goulet incarne le québécois dans un film retraçant son ascension vers Ferrari.

Il n’avait ni fortune, ni réseau influent, ni place réservée dans les plus prestigieuses écuries automobiles. Mais il possédait quelque chose que l’argent ne pouvait pas acheter : une détermination presque déraisonnable et un talent exceptionnel pour repousser les limites. Quarante-quatre ans après sa disparition tragique, Gilles Villeneuve revient sur le devant de la scène. Cette fois, pas au volant d’une Ferrari, mais sur grand écran.

Villeneuve : le rêve fou d’un Québécois.

Le mercredi 11 novembre 2026, le film Villeneuve : L’ascension d’une légende prendra l’affiche dans les cinémas québécois.

Une production ambitieuse, consacrée aux années qui ont transformé un jeune passionné de Berthierville en l’un des pilotes les plus fascinants de l’histoire de la Formule 1.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le récit ne se concentre pas sur ses exploits en rouge. Il raconte surtout ce qui s’est passé avant.

Avant Ferrari, il y avait Berthierville

Nous sommes au début des années 1970. Dans une petite ville québécoise, Gilles Villeneuve rêve de compétition automobile. Mais le rêve coûte cher. Très cher.

Issu d’un milieu modeste, le jeune Canadien ne possède pas les ressources financières nécessaires pour accéder facilement aux catégories supérieures.

Il commence par les courses de motoneige, discipline dans laquelle son audace et son exceptionnel contrôle de la glisse lui permettent de se distinguer.

Puis viennent la Formule Ford et la Formule Atlantique. Des catégories qui ouvrent progressivement les portes de la compétition internationale. Mais chaque étape impose de nouveaux sacrifices.

Et la progression de Villeneuve se construit autant sur sa détermination que sur sa capacité à prendre des risques. Car derrière les succès sportifs se cache une réalité beaucoup moins glamour : les difficultés financières, les doutes et la pression exercée sur sa famille.

Rémi Goulet face à un monument

Pour incarner Gilles Villeneuve, le réalisateur Yan Lanouette Turgeon a choisi l’acteur québécois Rémi Goulet. Un choix particulièrement symbolique puisque le comédien est originaire d’une région située à quelques kilomètres de Berthierville.

Invité vendredi 6 novembre sur les ondes du 98.5 Montréal, au micro de Patrick Lagacé, l’acteur a reconnu la difficulté d’incarner une personnalité devenue aussi emblématique. Plutôt que chercher à reproduire une légende inaccessible, il explique avoir voulu comprendre l’homme, ses relations et sa place auprès de ses proches.

Une approche intéressante.

Car Gilles Villeneuve ne se résumait pas à ses dépassements impossibles ou à son pilotage spectaculaire. Il était également un mari, un père et un homme prêt à tout sacrifier pour réaliser son rêve. Et c’est cette dimension humaine que le long métrage entend faire découvrir.

Joann Villeneuve, l’autre héroïne

Aux côtés de Rémi Goulet, Rosalie Bonenfant incarne Joann Villeneuve, épouse du pilote et mère de leurs deux enfants, Mélanie et Jacques. Un personnage central dans cette histoire. Car les ambitions de Gilles Villeneuve n’ont pas seulement bouleversé sa propre existence. Elles ont également profondément marqué celle de sa famille.

Dans plusieurs entrevues promotionnelles, Rosalie Bonenfant insiste sur la résilience de Joann, confrontée aux incertitudes financières et aux décisions parfois extrêmes de son mari. Le film souhaite ainsi montrer le rôle déterminant de cette femme dans l’ascension du futur pilote de Ferrari.

Une dimension rarement mise au premier plan lorsque l’on évoque les grandes figures du sport automobile.

Derrière chaque prise de risque sur la piste, il y avait aussi une famille qui en assumait les conséquences.

Un tournage aussi mouvementé qu’une course

La réalisation du film n’a pas été un long fleuve tranquille. Initialement confié à Daniel Roby, le projet a connu un changement de réalisateur en 2024, à la suite de divergences artistiques avec la production.

Le tournage a également subi une longue interruption liée à des dépassements budgétaires. Plusieurs dates de sortie ont été envisagées avant que le 11 novembre 2026 soit finalement confirmé.

Avec un budget annoncé d’environ 18 millions de dollars canadiens, cette production figure parmi les projets cinématographiques québécois particulièrement ambitieux.

Le scénario est signé Daniel Roby et Guillaume Lonergan. La distribution comprend notamment Patrice Robitaille, Anick Lemay, Fabien Cloutier et Luc Picard.

Autre particularité importante : Mélanie Villeneuve, fille de Gilles et Joann, a participé au projet comme productrice exécutive. Une implication familiale qui apporte une dimension supplémentaire à ce récit.

De la motoneige aux portes de Ferrari

Le film retrace principalement l’ascension sportive de Gilles Villeneuve, jusqu’à son arrivée en Formule 1 en 1977. Une année décisive.

Après ses succès en Formule Atlantique, le Québécois obtient une première occasion de se mesurer aux meilleurs pilotes du monde avec McLaren, lors du Grand Prix de Grande-Bretagne.

Quelques mois plus tard, Enzo Ferrari décide de lui ouvrir les portes de la Scuderia. La suite appartient à l’histoire. Six victoires en Grand Prix. Une combativité hors du commun. Des duels restés dans les mémoires, notamment face à René Arnoux lors du Grand Prix de France 1979. Et une popularité qui dépasse largement son palmarès.

Car Gilles Villeneuve n’a jamais remporté le championnat du monde. Pourtant, il demeure l’un des pilotes les plus aimés et respectés de toute l’histoire de la Formule 1. Sa disparition, le 8 mai 1982 à Zolder, a brutalement interrompu une carrière exceptionnelle. Il n’avait que 32 ans.

Une légende qui n’a jamais quitté le paddock

Plus de quatre décennies après sa mort, le nom de Gilles Villeneuve continue de résonner dans le sport automobile. Le circuit de Montréal porte son nom. Son fils Jacques Villeneuve a remporté le championnat du monde de Formule 1 en 1997. Et chez Ferrari, le souvenir du pilote québécois reste associé à une époque où la passion semblait parfois l’emporter sur toute considération stratégique.

Avec Villeneuve : L’ascension d’une légende, le cinéma québécois ne cherche donc pas seulement à raconter une carrière. Il ambitionne de retrouver l’homme derrière le casque. Celui qui courait contre ses adversaires, mais aussi contre le manque d’argent, les obstacles et les probabilités.

Le film sera-t-il à la hauteur du mythe ? Le public pourra en juger dès le 11 novembre. Mais une chose est certaine : cette histoire n’avait pas besoin d’un scénario hollywoodien pour être extraordinaire.

Gilles Villeneuve n’a jamais eu besoin d’une couronne mondiale pour devenir une légende.

Et avant de faire vibrer les tribunes de Ferrari, il avait déjà accompli son plus grand exploit : convaincre le destin qu’un gamin de Berthierville pouvait défier les plus grands.

 

 

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