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Sous les feux des projecteurs du Championnat du monde Supersport depuis sa double victoire au Portugal, Valentin Debise a continué son aventure exotique au guidon de la ZXMOTO 820 RR à Assen, Balaton Park et Most : sa victoire en Hongrie et son nouveau doublé en République tchèque le placent maintenant à la 2e place du classement mondial, et nous avons pu faire son interview avant la manche au Motorland Aragon.

Et comme d’habitude, le numéro #53 analyse la situation avec sa lucidité et sa franchise habituelle…Supersport Interview Debise


🎤 Alors Valentin, on t’a laissé après Portimao et ton doublé très prometteur. Ensuite il y a eu Assen, moins bien, Balaton Park avec une victoire et un problème, puis Most avec deux victoires : comment décryptes-tu chacun de ces week-ends ?
Valentin Debise : « A Assen, en fait, le circuit est assez rapide mais il y a deux relances avec des lignes droites derrière. Des petits virages, et on sait que dans les petits virages, à la sortie, nous, avec la Balance de Performance, on manque pas mal d’accélération. Du coup, je savais qu’à Assen, ça allait être compliqué, et également à Balaton.
Finalement, à Assen, j’ai été assez content de la performance. Après, on était tous très proches cette année. Tout le monde a réussi à bien tenir les pneus, etc. Donc on n’a pas pu faire la différence, et donc on n’a pas pu sortir notre épingle du jeu. À la deuxième course, il y a un drapeau rouge avant la fin. Pareil, je n’ai pas pu faire la différence, alors que je pense qu’à la deuxième course, j’étais un peu mieux qu’à la première. Mais bon, voilà, c’était quand même des beaux résultats. Je crois que je fais 5 à la première, enfin 4 à la première et 6 ou 7 à la deuxième. Donc voilà, j’étais quand même content des résultats. Si on voulait parler du championnat, voilà, je mettais des points.
A Balaton, selon moi, c’était le pire circuit de l’année pour nous, vu qu’il n’y a que des petits virages avec beaucoup de freinages et tout. Et au final, j’étais un peu en difficulté pendant la course, mais j’ai été très régulier, plus régulier que les autres sur la fin, là où les autres ont baissé un peu de rythme. Moi, j’étais moins vite qu’eux, mais je faisais toujours les mêmes chronos. Et après, j’ai eu un peu de chance avec les pilotes qui se sont embrouillés devant moi. J’ai bien géré la situation et j’ai réussi à sortir mon épingle du jeu et gagner. 
Ensuite, petit problème mécanique sur la deuxième, j’ai dû abandonner. 
Et après, à Most, voilà un circuit qui me va bien, un peu technique, « à la con », et avec des virages quand même plus rapides qu’à Balaton. Et il y a également l’équipe : ils ont toujours fait des bonnes motos là-bas. Donc l’un dans l’autre, un beau week-end, un beau week-end même s’il m’en a manqué un peu en qualif. Mais après, en course, j’étais le plus régulier et le plus rapide sur la fin de course, ce qui m’a permis de gagner les deux courses.” 

🎤 Oui, alors à Most, à la deuxième course, les spectateurs ont quand même vu une course assez différente des autres. C’est-à-dire qu’aux autres, parfois, on t’a vu passer en fin de ligne droite, à l’aspiration. 
Certains ont dit : « Ah ouais, sa moto est super puissante. » Alors qu’en fait, tu nous as expliqué que non, c’était la moins puissante. Mais à Most, la dernière course, ça a été au contraire une bagarre incessante avec Can Öncü à chaque tour, à chaque virage, du début à la fin : magnifique !
 « Oui, c’est vrai que quand on regarde les courses à la télé et qu’on ne connaît pas bien les circuits, on m’a effectivement vu deux fois doubler tout le monde dans la ligne droite, et c’est passé à la télé. Mais en fait, ce qu’il faut voir, même si c’est difficile de le voir à la télé, c’est que deux fois les mecs sont ressortis à l’arrêt des virages, parce qu’ils se sont gênés. Et que moi je suis sorti comme une balle de guerre, donc forcément, je ressors vite, lancé, j’ai une aspi derrière, bon je les déboîte. En fait, j’aurais pu avoir n’importe quelle moto, ça se serait passé comme ça. 
Après, ce que je peux voir aux datas, c’est que par exemple l’année dernière j’avais une moto qui était vraiment très lente, et du coup j’ai développé ce truc de sortir vraiment vite des virages. Sauf que cette année, avec une moto qui marche un peu mieux que celle que j’avais l’année dernière, parce que l’année dernière c’était vraiment une catastrophe, ça me permet de gagner dans la ligne droite. 
Mais ceci dit, si tu regardes le classement des vitesse  de pointe de la deuxième course à Most, où je gagne, je suis avant-avant-dernier, donc je suis 31e sur 34. Donc ça, pareil, c’est vérifiable, tu peux le regarder sur le site officiel worldsbk.com, et du coup, pour dire que la moto, non, elle n’est pas à l’arrêt complet, mais ce ‘est pas non plus la plus puissante quoi, et c’est officiel.” 

🎤 Oui, mais le sens de ma question était aussi que tu as dû prendre un grand plaisir à faire une course disputée à deux, virage après virage, avec un nombre incalculable de dépassements…
« Oui, franchement c’était fun dans le sens où il a vraiment été bon, et je l’ai vu faire évoluer son pilotage, ses trajectoires, en fonction de là où je le passais ou pas. J’ai vu qu’il s’est aussi pas mal inspiré de ce que je faisais dans certains virages. Ce n’était pas mal, sauf qu’à la fin j’ai vu qu’il commençait un peu à galérer à ce changement d’angle, il n’arrivait plus à suivre le rythme de la moto, donc pour moi c’était un signe qu’il fatiguait, et du coup c’est pour ça que j’ai continué à forcer. Moi je me sentais bien physiquement ce week-end, du coup ma décision, je n’en avais pas parlé au team parce que sinon ils allaient m’insulter (rire), mais c’était dès le début de passer devant et de mettre du rythme.
 Alors je n’ai pas regardé précisément, par contre, mais avec les chronos qu’on a fait, déjà il y a eu le record de la piste fait à la première course, et le record encore à la deuxième course. En régularité, je pense que c’est la course la plus vite de Most qu’il n’y ait jamais eu, et du coup moi j’ai décidé de mettre du rythme pour essayer de faire un peu exploser tout le monde. 
Alors c’est difficile de dire si ça marche ou pas, mais ce qui est sûr c’est que ça a fait beaucoup d’erreurs derrière, qu’il y a eu des carambolages, des chutes. Donc je pense que la stratégie était bonne même si elle était risquée, mais ça, dans tous les cas, je ne pourrais pas le faire à toutes les courses, parce qu’il faut quand même beaucoup de réussite. 
Mais du coup, Oncu, à la fin il y a un virage où j’ai décidé de pas le doubler pour ne pas lui montrer que je pouvais, et effectivement il ne s’est pas posé la question une seule fois de savoir si je pouvais le doubler là, et il n’a même pas fermé la porte. Donc je pense que c’était peut-être le fait qu’il soit un peu fatigué et qu’il manquait un peu de lucidité. Voilà, donc c’est difficile de juger ce que je dis, mais en tout cas, j’ai gagné la course, donc ça a dû marcher à peu près (rire)…” 

🎤 Une course comme ça, c’est plutôt du stress ou du plaisir ? Supersport Interview Debise
“Non, ça dépend du point de vue. Moi, ça m’amuse. Ça m’amuse surtout, comme j’ai dit, on joue. Il y a 4-5 ans de ça, d’être avec lui sur une course entière, ça ne faisait pas plaisir, parce qu’à tout moment, le mec pouvait lâcher les freins et te couper en deux, s’il n’était pas content. Maintenant il ne fait plus ça et c’était vraiment dans le respect: c’était proche et tout, mais c’était dans le respect. Donc c’était vraiment fun à faire et je suis allé lui dire ce que je pensais : je l’ai remercié d’avoir agi comme ça. Donc moi j’ai bien aimé. Après, c’est sûr que quand tu ressors, après autant de dépassements, quand tu ressors devant l’autre à la fin de la course, c’est toujours plus sympa. Lui, il était “vénère”. C’est un peu comme un cycliste qui a mené toute la course et au final il se fait rattraper dans le dernier kilomètre. Mais ouais, c’était fun. Après, moi je suis bon perdant, donc je pense que si j’avais fini deuxième, j’aurais été quand même content. Mais ouais, c’était du plaisir.”

🎤 Alors cinq victoires déjà cette année…
“50 % des victoires.” 

🎤 50 % des victoires. Alors tu es quand même obligé de penser un peu au championnat maintenant. Tu es deuxième à 19 points, c’est-à-dire même pas une course…

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