Sous les feux des projecteurs du Championnat du monde Supersport depuis sa double victoire au Portugal, Valentin Debise a continué son aventure exotique au guidon de la ZXMOTO 820 RR à Assen, Balaton Park et Most : sa victoire en Hongrie et son nouveau doublé en République tchèque le placent maintenant à la 2e place du classement mondial, et nous avons pu faire son interview avant la manche au Motorland Aragon.
Et comme d’habitude, le numéro #53 analyse la situation avec sa lucidité et sa franchise habituelle…
Accédez à la première partie ici Supersport Interview Debise
🎤 50 % des victoires. Alors tu es
quand même obligé de penser un peu au championnat maintenant. Tu es
deuxième à 19 points, c’est-à-dire même pas une
course…
Valentin
Debise : “Bien sûr ! Moi, de toute façon, j’y pense depuis
le début. J’avais dit “l’année prochaine, je peux être champion du
monde”, sachant que je pense que j’aurais pu l’être l’année
dernière. Mais une fois de plus, avec mon environement, ce n’était
pas possible, et donc cette année, j’y pense depuis le début, même
si ça a mal débuté.
Après, il
faut rester les pieds sur terre, je
le répète, “c’est un nouveau projet, il y a
beaucoup de choses qu’on ne gère pas”.
Pour l’instant, ça nous sourit, mais je
ne serais pas surpris si à un
moment donné on galère un peu
plus, donc je reste les pieds sur
terre.
Le
but c’est d’essayer d’optimiser toutes les
courses qu’on fait sans faire de connerie, et
surtout essayer de respecter une 5e ou 6e
place comme je l’ai fait à Assen, si je
ne peux pas faire mieux. Donc il va falloir être bon jusqu’à la
fin de l’année.
Les concurrents, très
clairement, c’est Arenas qui est vraiment au-dessus: il est très
fort. Il a eu beaucoup de réussites jusqu’à maintenant, un peu
moins à la dernière course. Et après, il y a les autres, Öncü très
fort, Masia, tant que sa moto va 10 km/h plus vite que les autres,
il sera là.
Et après, cette
année, il y a énormément d’outsiders qui sont bons, comme
Booth-Amos, Mahias, Garcia, enfin j’en passe et j’en passe. Cette
année, c’est très dense, ça roule très vite, donc voilà, il peut y
avoir plein de surprises. Et s’il y a des surprises, admettons que
je sois devant et que mes concurrents directs soient derrière, au
moins ça va créer des écarts de points. Donc ça serait c’est bien
dans ce sens, mais ça peut être aussi dans l’autre sens. Donc il
faut rester attentif parce que la compétition, elle est vraiment
très serrée, très relevée.”
🎤 Alors des outsiders qui peuvent créer la
surprise, n’est-ce pas le signe que, quand même, la Balance Of
Performance est bien équilibrée cette année ?
“Mais de toute
façon, c’est exactement ça: c’est une balance
de
performance. Donc ça veut dire que si tu as
un pilote et une marque de moto et un
team qui sont moins bons, avec
ça ils ont une moto, qui est un
dragster, donc ils arrivent à être devant.
Et un team bon, il est
fermé en puissance, et du
coup, ils n’arrivent pas à être devant.
Donc oui, d’équilibrer la performance
des uns et
des autres, ça marche effectivement.
Après, c’est un
peu frustrant en tant que pilote, mais comme j’ai toujours dit,
pour le
public, c’est top. Donc tant qu’il y
a des gens qui regardent et
qui s’amusent à regarder les courses, ben il
faut mettre la fierté des pilotes de côté.”
🎤 Parce que l’inconvénient, si ça fait
des belles courses, c’est que ça ne met
pas en avant
les qualités de pilote ?
“Ben non, je
ne pense pas.
Après, bon,, j’ose espérer qu’il y a des
gens qui ont l’œil et
qui sont en bord de piste, et
qui comprennent. Mais oui, il y a
un déséquilibre, ça c’est sûr et certain.
De toute façon, il
faut juste être observateur et voir
les pilotes qui changent de marque de
moto, et regarder les résultats qui varient.
Et là, on peut commencer à juger
le niveau des motos et des
team.”
🎤 Tu es embarqué dans un nouveau projet avec la
toute récente ZXMOTO. Tu avais dit qu’en début d’année la moto
était vraiment très proche de la moto de série. Est-ce qu’il y a
des petites évolutions qui vont arriver
?
“Alors pour l’instant on roule avec
la version la
plus basique. En Chine, je crois qu’elle coûte 5000
€, un truc comme ça, et du coup il y
a une version, alors je ne sais plus
le nombre de R, mais il y a des roues
plus légères, il y a une fourche différente,
des freins différents. Et je
crois, là je ne veux pas dire des
bêtises mais je crois qu’il y
a une pièce ou deux de différent dans le
moteur, mais je ne suis pas sûr, donc il ne
faut pas prendre ma parole pour argent comptant. Et du
coup, cette version, elle va bientôt être homologuée.
Mais pour le moment, vu que ça marche bien
avec cette moto et qu’on n’a pas du tout
le temps de faire les
tests, parce qu’on devait faire des tests
à Misano cette semaine et finalement on n’y est
pas allé parce qu’à un
moment donné les mécaniciens il
faut qu’ils aillent se reposer : vu
le travail qu’ils ont fourni, on
a décidé pour le bien de tout le monde de ne pas y
aller. Donc il faut qu’on attende de faire
des tests pour valider la moto, et
après l’homologuer auprès de la
FIM. Donc bon, ce n’est
pas une urgence, parce que la
moto actuelle, on commence à
la comprendre de mieux en mieux. Donc on n’a pas forcément besoin de
tout changer tout de suite. Mais
je pense que de changer les
deux ou trois pièces qui vont arriver,
je pense que ça va donner un
plus. Mais bon, il
faut toujours valider en piste avant
de d’homologuer.”
🎤 Il y avait quelques-uns de tes adversaires qui
ont roulé à Misano avant-hier. Ça leur devrait leur faire un petit
avantage pour la manche italienne. Mais avant ça, il y a Aragon, sa
grande ligne droite. Comment tu abordes ça ?
« J’aborde avec pas mal de calme,
parce que l’année dernière j’ai réussi à gagner avec la moto qui
était vraiment très lente. Donc je pense que c’est un circuit qui
me correspond bien, parce qu’il y a beaucoup de virages à gauche.
Après » une fois de plus, ce n’est pas parce que ça s’est bien
passé l’année que ça va bien se passer la deuxième année, et ça je
sais de quoi je parle. Donc j’y vais les pieds sur terre et je vais
essayer de m’amuser, parce que j’adore ce circuit. Et après, comme
je dis, si je fais dans les 5, je serai très content. Donc voilà,
la compétition va être vachement serrée une fois de plus, parce
qu’il y a beaucoup d’Espagnols, et même les Italiens sont bons sur
ce genre de circuits, des circuits très rapides, car c’est ce
qu’ils ont chez eux. Donc il va y avoir beaucoup de clients, comme
l’année dernière où il y avait eu des mecs qu’on n’avait pas
l’habitude de voir devant, et qui étaient devant. Donc voilà, il va
falloir faire au mieux et s’amuser, puis on verra à la fin comment
ça se passe. »
Merci Valentin ! Supersport Interview Valentin Debise Supersport Interview Valentin Debise

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