Le pilote Kawasaki en a de nouveau été rendu ce weekend à limiter la casse face à un Toprak Razgatlıoğlu au sommet de son art. Mais il compte bien sur les prochaines manches pour enfin se relancer au championnat.

C’est un scénario sans cesse renouvelé et qui doit commencer à peser sur Jonathan Rea : Celui d’une pointe de vitesse convaincante sur un tour, mais d’un rythme de course laissant à désirer, à plus forte raison lorsque les fortes températures s’en mêlent.

Dans ces conditions, le pilote Kawasaki continue de faire le dos rond, en attendant le grand soir, ou plutôt le grand après-midi, celui qui lui permettra de rivaliser face à Toprak Razgatlıoğlu sur la distance et d’enfin mettre un coup d’arrêt à la progression du Turc au championnat.

Le plus grand écart entre les deux leaders depuis Assen

Car les chiffres sont là, et ne sont guère flatteurs pour le sextuple Champion du monde : 20 points de retard sur le pilote Yamaha, soit le plus grand écart constaté entre les deux hommes depuis la manche d’Assen fin juillet, lorsque Rea avait signé un triplé et affichait 37 unités d’avance au classement général.

Cela ne fait que deux mois et pourtant cela semble faire une éternité. Car depuis lors, le Nord-Irlandais se montre incapable de s’imposer sur autre chose que les Courses Superpole, d’une longueur standardisée et réduite à dix tours. Les derniers succès de Rea remontent ainsi aux Courses Superpole en France ainsi qu’en Catalogne…

Pour ce qui qui est des épreuves de plus longue distance, autrement dit les Courses 1 et 2, il faut là encore revenir à Assen pour trouver trace d’une victoire d’une Britannique, qui s’était même fendu d’un triplé au sein de la “Cathédrale”.

 

Les Ninja, des tortues sous la chaleur 

Mais le fait est que la Ninja se montre particulièrement rétive lorsque les conditions sont chaudes, c’est-à-dire la plupart du temps l’après-midi. La manche disputée ce weekend en Andalousie n’a pas fait exception, bien au contraire, et Rea a avoué ainsi son incompréhension quant à l’absence d’adhérence procuré par le pneu soft qu’il avait chaussé lors de la Course 2 : « Lors de la Course 1, quand les conditions étaient plus fraîches, je me suis vraiment senti fort avec le pneu dur à l’arrière », a-t-il ainsi expliqué au micro du site officiel du Superbike.

« Mais dans l’après-midi j’ai opté pour le pneu tendre, et je n’ai eu aucun grip dès le départ. C’est très étrange car normalement avec cette gomme j’ai toujours du grip. Certes une plus forte dégradation, mais toujours du grip au début. Par la suite j’ai été régulier durant toute la course, mais régulier dans la lenteur… Il faut que je regarde les données, mais j’ai eu les mêmes sensations qu’à Barcelone lorsque les températures ont augmenté. »

 

« Lorsque nous chaussons le pneu tendre à l’arrière, la moto se comporte un peu différemment », a-t-il poursuivi. « Mais aujourd’hui je n’ai vraiment eu aucun grip dès le début, notamment en entrée de virage, et dans les phases où la traction entrait en jeu. C’est vraiment bizarre, car quand nous avons utilisé cette gomme plus tôt dans le weekend nous avions pu au moins être rapides l’espace de quelques tours, avant que l’usure ne fasse effectivement son apparition. Mais encore une fois, il faut que nous analysions les données. Je suis tout de même satisfait, car repartir de Jerez avec une deuxième et une cinquième place, ce n’est pas si mal. A Jerez nous sommes toujours rapides lors des essais car tout se passe sur un tour, mais sur la distance d’une course nous avons souvent été en difficulté ici. »

En difficulté, Rea a donc mis à profit ses luttes en piste face à Bautista et Locatelli pour tenter de trouver des lièvres à suivre, lui permettant de ne pas être davantage distancé. « J’ai livré une belle bataille avec Álvaro Bautista et Andrea Locatelli, ils ne voulaient vraiment pas lâcher le morceau. En un sens c’est bien car cela m’a permis de me maintenir motivé et de continuer à attaquer jusqu’au dernier tour », a-t-il concédé.

 

Fin de galère à Portimão ?

La lumière au bout du tunnel poindra peut-être lors de la prochaine manche, disputée dès le weekend prochain au Portugal, à Portimão. Car si Jerez n’a jamais été un circuit vraiment propice aux Kawasaki, il n’en est pas de même pour le tracé lusitanien.

Preuve en est le triplé réalisé par Rea l’an passé dans l’Algarve : « Nous allons à présent nous concentrer sur la prochaine manche, à Portimão », reprend-il. « C’est un circuit où nous sommes généralement très performants. Je suis impatient de pouvoir défendre mes chances au championnat, car c’est encore très serré alors qu’il ne reste plus que trois manches. »

 

Faut-il donc prévoir un retour au premier plan du tenant du titre le weekend prochain ? Possible, et en tout cas souhaitable, tant pour le championnat que pour le moral. L’ivresse de la victoire, l’intéressé reconnaît en effet en sentir le manque : « Le plan sera toujours le même [au Portugal] : Essayer de tout maximiser, et tirer profit de chaque opportunité qui se présente. Je veux gagner de nouveau, c’est une sensation qui me manque. »

Comptons sur le sextuple Champion du monde pour tenter d’assouvir ce besoin par tous les moyens lors des prochaines manches. Le spectacle n’en sera que meilleur.

 

Classement Superbike – Championnat des pilotes :

Crédit classements : WorldSBK.com



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