Jack Miller voulait poursuivre en MotoGP en 2027. Yamaha lui a finalement préféré Izan Guevara chez Pramac, mais ne semble absolument pas considérer son passage en WorldSBK comme une fin de carrière par défaut. Après l’avoir observé sur la R1 aux 8 Heures de Suzuka, Paolo Pavesio estime même que l’Australien possède tout ce qu’il faut pour devenir « l’une des figures de proue » du paddock Superbike. À 31 ans, Miller ne descendrait donc pas simplement d’une catégorie : Yamaha compte sur lui pour prendre une nouvelle dimension dans son projet.
Jack Miller n’avait probablement pas imaginé terminer son parcours MotoGP de cette manière. L’Australien espérait participer à la révolution technique de 2027. Yamaha en a décidé autrement en promouvant Izan Guevara chez Pramac.
Mais la marque japonaise tenait manifestement à conserver Miller dans son univers. Et Paolo Pavesio explique aujourd’hui pourquoi. « Pour nous, Jack a été une découverte fantastique. »
Suzuka a changé le regard de Yamaha sur Jack Miller
Miller avait déjà fourni à Yamaha une sorte d’audition grandeur nature. Lors de ses participations aux 8 Heures de Suzuka, il avait rejoint Andrea Locatelli et Katsuyuki Nakasuga sur la R1 officielle. Avec deux deuxièmes places derrière Honda, le résultat avait été convaincant.
Mais Pavesio semble avoir retenu autre chose encore : la vitesse avec laquelle un pilote habitué aux prototypes MotoGP a compris une Superbike radicalement différente. Miller a dû adapter son pilotage, découvrir d’autres pneumatiques et travailler avec une machine beaucoup plus proche de la série.
Son approche a particulièrement séduit Yamaha. « Son engagement et son enthousiasme, même lorsque la moto n’était pas à son meilleur, ont montré une détermination à se concentrer sur le progrès et les aspects positifs. »
« Une des figures de proue de ce paddock »
Pavesio va alors beaucoup plus loin que le discours habituel accompagnant l’arrivée d’un ancien pilote MotoGP en Superbike. Il ne voit pas seulement Miller comme un futur pilote Yamaha. Il imagine déjà le rôle qu’il pourrait occuper dans le championnat. « Je crois que Jack pourrait être l’une des figures de proue de ce paddock et pourrait le rester pendant longtemps. »
Miller arrive avec quatre victoires en MotoGP, une forte personnalité et une notoriété internationale construite pendant plus d’une décennie dans la catégorie reine. Mais Pavesio insiste également sur ses qualités de représentant d’une marque. « Il possède aussi les qualités qu’une entreprise recherche lorsqu’elle a besoin d’un pilote capable de la représenter. » Yamaha ne recrute donc pas uniquement un chronomètre. Elle recrute aussi un personnage.

Encore faudra-t-il lui donner une R1 capable de gagner
C’est évidemment l’autre moitié de l’équation. Miller pourra devenir un leader du WorldSBK seulement si Yamaha lui permet de se battre suffisamment haut. La R1 actuelle n’est pas la référence de la catégorie et Pavesio ne le cache pas.
Il affirme cependant que Yamaha travaille précisément à modifier cette situation. « En Superbike aussi, nous travaillons à créer une situation de performance différente de celle actuelle. Jack a vu nos plans, ce que nous mettons en place, et je suis très heureux qu’il reste. »
Voilà probablement ce qui a convaincu Miller d’accepter le projet. Il ne rejoint pas seulement la Yamaha actuelle. Il mise sur celle qu’on lui promet.
Jack Miller n’a manifestement pas envie de ralentir
Son attitude depuis l’annonce de son départ du MotoGP le confirme. L’Australien envisage même de rouler en championnat australien de Superbike pour accélérer son adaptation. Cela correspond assez bien au personnage que Yamaha décrit : Miller ne semble pas vouloir aborder le WorldSBK comme une semi-retraite confortable après le MotoGP.
Même sa comparaison peu flatteuse de la R1 après Suzuka — dont les sensations lui avaient rappelé par certains aspects une Moto3 — n’a manifestement pas refroidi Yamaha. Au contraire, Pavesio semble apprécier sa franchise autant que son implication.
Miller perd sa place sur la grille MotoGP parce que Yamaha choisit de préparer l’avenir avec Guevara. Mais dans le même mouvement, la marque lui propose ailleurs un statut qu’il n’aurait probablement jamais obtenu en restant chez Pramac.
En MotoGP, il était devenu l’un des vétérans d’un plateau qui se renouvelle. En WorldSBK, il peut immédiatement devenir l’un des pilotes les plus identifiables du championnat et l’une des pièces centrales du projet Yamaha.
Pavesio ne promet pas encore que la R1 permettra à Jack Miller de devenir champion. Il lui promet presque autre chose : l’occasion de devenir un leader. Et pour un pilote que le MotoGP vient de pousser vers la sortie, voilà une manière assez singulière de commencer une seconde carrière.









