De sérieuses critiques ont été émises le week-end dernier par de nombreux pilotes concernant la mauvaise qualité d’adhérence de la piste, sa planéité imparfaite en raison de la présence de bosses, sa dangerosité, et l’absence d’écoute de la Direction du circuit aux suggestions.

Mela Chércoles (motor.as.com) a interrogé sur ces sujets Joan Fontseré, qui dirige le Circuit de Barcelona-Cataluña.

Voici les principaux extraits de cet entretien.


Quel est votre bilan d’ensemble du GP de Catalogne, à l’occasion duquel le circuit avait été sous la lumière des projecteurs l’année dernière en raison de l’accident mortel de Salom, puis dont le tracé a encore été modifié cette année ?

« Il ne faut pas tenir compte que du week-end, mais de toute l’année. L’équipe technique du circuit avait effectué de manière impeccable entre le vendredi et le samedi les modifications demandées par la FIM et Dorna, et décidées par la Commission de sécurité. Tout était prêt cette année, et le vendredi ils nous ont de nouveau demandé de changer. On pouvait se demander pourquoi on avait fait auparavant tous ces travaux. On a eu le sentiment, samedi matin, de toute une année de travaux pour en revenir finalement au tracé précédent. Mais chicane ou pas, ce week-end a été un succès avec plus de 100 000 spectateurs et de belles courses. »

Avez-vous été surpris par la réaction des pilotes, y compris Rossi, à la nouvelle chicane ?

« J’ai d’abord été surpris que lors des tests quinze jours avant, tous ne viennent pas alors qu’il y avait une importante modification du tracé, et qu’il n’y ait eu personne de la FIM ou de Dorna pour superviser ces tests. Les pilotes ont dit que cette nouvelle chicane augmentait la sécurité. Certains l’aimaient comme Marc Marquez, d’autres déclaraient que c’était de la m… comme Aleix Espargaro, mais tous étaient d’accord pour dire que ça améliorait la sécurité. Crutchlow a dit « c’est ce qu’on a décidé et ce qu’on aura pour raison de sécurité ».

« Et puis vendredi quelqu’un qui n’était pas venu lors des tests (Rossi) a fait une déclaration et on a eu un problème. Que tout le monde vienne la prochaine fois, surtout quand on connait la raison de la modification du tracé (l’accident de Salom). »

Pour revenir l’année prochaine, les pilotes veulent un nouveau revêtement et un retour à l’ancien tracé avec des zones correctes de dégagement.

« D’accord. Nous nous intéressons d’abord à deux choses. L’une est cent pour cent de sécurité afin que les pilotes puissent continuer leur carrière aussi tranquillement que possible. Et deux, le tracé original du circuit, conçu pour cela, quelque chose que M. Carmelo Ezpeleta a effectivement fait. Nous sommes les premiers à souhaiter cette voie, mais nous devons examiner les éléments de sécurité et de coût au moment de l’exécution. Nous analyserons toutes ces valeurs afin que nous puissions fonctionner de façon sûre et définitive. Nous l’avons fait il y a un an et ça nous a amenés à la situation de vendredi. Nous devons être beaucoup plus sérieux dans tout cela. »

« Le revêtement a été refait en totalité la dernière fois en 2004, puis la chicane et le stadium en 2007. Et pourquoi ne pas parler de l’asphalte du Mugello, s’il vous plait ? Rossi attaque Montmelo et pas le Mugello ? Qu’on me fiche la paix ! »

Dans le virage 13, remplacer l’échappatoire en asphalte par un bac à gravier est-il une option ?

« J’en ai parlé ces jours-ci avec Sete Gibernau et Alex Crivillé et j’ai passé en revue les moments où ils sont tombés dans cette courbe en quatrième avec les 500 cc. Sete m’a dit que s’il y a du gravier et qu’il n’y a pas d’asphalte, il ne s’agit pas d’une question de mètres de dégagement. Une chose est que le mur soit à dix mètres, ou vingt ou trente mètres. Sete m’a dit que ce n’était pas une question de mètres mais de gravier. »

Pouvez-vous garantir que le circuit fera de son mieux pour satisfaire les pilotes en termes de sécurité afin de rester au calendrier ?

«  Sans aucun doute, comme cela a été démontré cette année, on a changé trois fois en un an et deux en un jour pour avoir la sécurité d’abord et donc que le Grand Prix puisse avoir lieu. Nous ne serons pas ceux qui mettront en péril l’organisation du Grand Prix pour un problème de sécurité. »

 

Photo © deportes.elpais.com

Source : Mela Chércoles pour motor.as.com

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