A l’issue d’un fabuleux Grand Prix d’Italie fort mal commencé pour Jules Danilo, mais lors duquel le pilote français a terminé 11e à 1,8 seconde du vainqueur alors qu’il s’était élancé 25e, nous avons débriefé avec lui.

Et comme son collègue Fabio Quartararo venait de faire un petit tour au Ranch de Valentino Rossi, nous en avons profité pour demander au pilote Ongetta Rivacold comment ça se passait, dans ce saint des saints où seuls quelques privilégiés triés sur le volet sont conviés.
Mais revenons d’abord au Mugello…

jd3

Comment vas-tu Jules, tout d’abord physiquement après ta grosse chute au Mans?

“Ça va impeccable. J’ai eu un peu mal après Le Mans, mais au Mugello j’étais bien.”

Peu à l’aise sur ta moto, tu as fait une assez mauvaise qualification, mais en course, on peut dire que tu as sauvé l’essentiel, et surtout la confiance…

“Oui. Sincèrement ,ce week-end, ce n’était vraiment pas facile. Dès le début, je n’avais pas un bon feeling sur la moto, et sur ce circuit particulier, je ne pouvais pas rouler tout seul pour retrouver un bon feeling car les chronos étaient forcément moins rapides. C’était donc un ensemble de choses et, après la qualification, on a vraiment bien regardé les datas et on a trouvé des éléments à modifier. A la base, on ne voulait pas trop changer nos réglages, sachant qu’ils fonctionnaient bien sur toutes les pistes jusqu’à présent, mais on les a beaucoup modifiés pour le warm up et j’ai fait une bonne séance. Et en course, le feeling était meilleur aussi.
Après, c’était une course assez particulière car ça faisait beaucoup l’accordéon. Au début, ça roulait vite puis, au fur et à mesure, un peu moins vite, et c’était plutôt sur l’agressivité que ça se jouait.”

Une course incroyable, puisque entre le premier et le 19e, il y a moins de 3 secondes…

“Oui, c’était une course très très serrée  et dans le dernier tour, Pawi est tombé devant moi. J’ai eu l’impression que sa moto était en train de revenir sur la piste car il y avait un pilote entre les deux et j’ai dû couper un peu les gaz et je me suis fait doubler par Migno et, je crois, Guevara. J’aurais donc même pu faire un Top 10 alors que je partais 25e…”

Oui, mais dans une telle course, à une seconde et demie du vainqueur, tout était possible; tu aurais même pu gagner!

“Gagner, je ne sais pas, car j’avais un autre problème. Mon moteur ruptait énormément. A chaque tour, je faisais 300 mètres au rupteur dans la ligne droite.”

Erreur de démultiplication?

“Oui, on a était assez concentré sur le setting châssis, donc c’est vrai qu’on n’a pas trop travaillé là-dessus.”

jd2

La course t’a remis un boost de confiance et on arrive à Barcelone…

“Oui, je vais bien m’entraîner pour Barcelone, et on y a fait des tests qui n’étaient plutôt pas mal. Maintenant, tout peut changer, et en particulier après la F1, je me demande si la piste ne vas pas être un peu plus sale, avec plus de gomme et peut-être plus de bosses sur les freinages.”

Tu parles d’entraînements. En quoi consistent les tiens?

“C’est un ensemble de choses, d’une part physiquement en ayant une bonne condition, mais aussi mentalement, en se rassurant en roulant en moto là où j’ai des références sur pas mal de pistes, et donc là où je sais quand je suis bien et quand je suis pas bien.”

Quelles motos utilises–tu pour cela?

“J’ai une Supermot et une 125 Yam.”

Tu roules tout seul?

“En début de saison, il y a avait pas mal de pilotes , moins maintenant, mais je roule surtout contre le Lap Timer, sur des pistes de karting autour de Barcelone.”

1937113_925684484205845_1283673724417351306_n

A propos d’entraînement, on a vu hier que Fabio Quartararo était allé au Ranch de Valentino Rossi. Toi qui y est déjà allé deux fois, peux-tu nous dire comment ça se passe? Tu es invité par qui? Tu ressens quoi en t’y présentant?

“La première fois, j’ai reçu un mail, de la part de VR46. Donc j’ai été assez surpris, et c’était très sympa.”

Tu as eu une petite bouffée de chaleur? (rires)

“Oui, d’autant que je n’avais jamais fait de Dirt Track de ma vie! Et là, je me pointe avec tous les meilleurs. Le grand public prend ça pour de l’amusement, parce que tout le monde est pote et tout le monde s’amuse, là-bas, mais ça va très très très vite! Pour moi, il y a autant de niveau qu’en championnat du monde de Dirt Track. Ils sont tous très très rapides, et comme ils roulent deux fois par semaine, il y a du gros niveau, et donc au début j’étais vraiment loin. A la fin, je me suis pas mal amélioré.
Je pense que c’est très utile pour les motos de course, car on apprend bien sûr à glisser, mais on apprend aussi à se faire peur. On se fait peur plusieurs fois par tour, et à la fin, ça devient naturel. Ce qui me faisait peur au début, à la fin je trouvais ça normal…

Et “le patron”, il est comment, par exemple avec toi, qui n’avait pas spécialement eu de rapports avec lui?

“Non, je n’avais jamais vraiment eu de rapports avec lui, mais une fois sur place, il est vraiment très très sympa et il donne des conseils.”

Il t’a donné des conseils particuliers?

“Oui, car au début je n’avais aucune expérience et j’étais vraiment “à la cave”. Il m’a parlé de ma position sur la moto, comment gérer les gaz, la glisse, comment freiner, etc. Non, ça a vraiment été à la fois très sympa et très intéressant.”

As-tu compris pourquoi il t’avait invité, quelle était sa motivation?

“C’est par gentillesse et c’est l’esprit du ranch; même s’il y a des journées réservées à l’entraînement de la VR46, c’est l’esprit du lieu que d’inviter des pilotes “étrangers” et de leurs faire profiter des activités. Il faut savoir qu’il y a beaucoup d’activités différentes, c’est pas juste “on roule comme ça toute la journée”. Ils organisent des petites courses, changent de circuit, entre la piste très longue et très sinueuse et l’ovale, etc.”

Et le midi?

“Il n’y a rien d’ostentatoire. C’est vraiment très familial, entre potes, avec l’esprit sympa de la maison ancienne à peine restaurée.”

C’est un peu le rêve, non?

Oui, bien sûr! (rires) Il y aura peut-être une autre opportunité après Misano…

Merci Jules, et m…. pour Barcelone!

jd1

Tous les articles sur : Jules Danilo