Treizième de la première séance d’essais libres ce vendredi en Aragon, pour la troisième manche du Championnat du Monde Supersport, Lucas ne pouvait pas se qualifier directement en Superpole 2 l’après-midi en raison de la pluie. Il fallait en passer par la Superpole 1 face à du beau monde (victime également des intempéries) et on imaginait alors difficilement Mahias vainqueur le dimanche, et encore moins en tête du Championnet. Et pourtant…

« Les essais ont été compliqués. C’est une nouvelle équipe et nous n’avons pas eu beaucoup d’essais cet hiver, donc nous avons besoin d’acquérir plus de cohésion. Il faut qu’on apprenne tous à se comprendre, à savoir comment chacun fonctionne. J’ai eu l’habitude de travailler avec certaines personnes, mon chef mécanicien a collaboré avec les mêmes pilotes trois ans de suite, donc on n’a pas tous la même manière de fonctionner, et là on a eu du mal à se comprendre sur certains points. La communication n’a pas été parfaite, ce qui a fait qu’on a essayé des choses vendredi matin qu’on n’aurait jamais dû essayer parce qu’il y avait un gros risque qu’il pleuve l’après-midi.

« Il s’est avéré que les choix qu’on avait fait le vendredi matin n’étaient vraiment pas bons. Mais on n’avait plus le temps de revenir en arrière, ni de passer un pneu neuf, et je me suis retrouvé treizième de la séance, alors qu’en tout début de cette session j’étais devant. S’il n’avait pas plu l’après-midi, c’était bon. Mais il y a eu une grosse averse, donc impossible d’améliorer et de me qualifier directement pour la SP2. C’était une mauvaise opération.

Il y avait du beau monde en Superpole 1, avec Jules Cluzel, le leader du Championnat Roberto Rolfo, et ton coéquipier Federico Caricasulo, pour seulement deux places qualificatives.

« Ça m’inquiétait un peu. Je sais que dans des cas comme ça je suis rapide, mais tu peux faire une erreur, 15 minutes c’est court, et surtout il y a des pilotes capables de ne faire qu’un seul tour rapide en suivant quelqu’un. Soit ça se passe bien, soit tu peux partir treizième sur la grille et il devient alors très compliqué de sauver ton week-end. Je suis parti, ai fait mes chronos tout seul, et réalisé le meilleur temps de la Superpole 1, ce qui me qualifiait pour la SP2.

En Superpole 2, tu as réalisé le cinquième chrono derrière Jacobsen, Sofuoglu, Morais et Smith. Etais-tu satisfait de ce cinquième temps ?

« Oui et non. En fait j’ai roulé (en 1’55.440) moins vite qu’en Superpole 1 (1’55.217). J’ai changé de choix au dernier moment pour mon dernier pneu de la Superpole 2 à 4 minutes de la fin. On n’avait pas prévu que je prenne ce pneu dans notre stratégie, donc il n’était pas prêt, j’ai perdu 40 secondes et n’ai pu faire qu’un tour lancé.  

« Dans mon tour rapide, je me suis retourné et ai vu trois pilotes collés à ma roue. J’ai coupé, pensant pouvoir faire un autre tour, mais à 5 ou 6 secondes près ça n’a pas été le cas. J’ai été un peu déçu parce que je pense que j’aurais pu aller chercher la première ligne et peut-être la pole, mais ça m’a évité le stress de la première ligne. Quand tu pars en première ligne, tu as toujours le stress de vouloir bien faire.

FIM Superbike World Championship Round 03, Aragon, Spain, 31-2 April 2017, Yamaha , Mahias

Au premier tour, tu es passé en troisième position, puis à la deuxième place au sixième, et en tête au septième, soit avant la mi-course. Ça a été un début rapide.

« Oui, c’était la stratégie : rester avec le groupe de devant et attaquer en fin de course.

Tu as attaqué avant la fin de course, quand même. En tête au septième tour, sur un total de seize…

« Oui, mais je n’ai pris la tête qu’un tour. Après j’ai vu qu’il y avait beaucoup trop de vent et ça m’aurait fait prendre trop de risques. J’avais du mal à avoir un rythme régulier à cause du vent. J’ai préféré me cacher derrière Sheridan Morais, qui a pris les devants car le vent le dérangeait moins. Mais le rythme n’était pas régulier. En raison des rafales de vent, on était six dixièmes plus vite ou moins vite, alors qu’il n’y avait pas d’attaques.

Comment s’est passé ta bagarre en fin de course avec Sheridan Morais, avec seulement 0.01 d’écart sous le drapeau à damier ?

« J’ai constaté en fin de course qu’il était beaucoup plus rapide que moi dans la ligne droite. Si je rentrais derrière lui dans la ligne droite, c’en était fini pour moi. Je me trouverais trop loin à l’entrée du virage au bout de la ligne droite pour essayer de l’attaquer. Il fallait absolument que je le passe dans la dernière chicane pour rentrer devant lui dans la ligne droite car j’étais certain qu’il allait me doubler parce qu’il avait un moteur plus performant que le mien. En entrant devant lui dans la ligne droite, je pouvais arriver au bout 0.1 derrière lui, sinon c’était à 0.4.

« Je savais qu’il n’était pas très rapide dans le dernier virage parce que j’y remontais sur lui à chaque tour. Je l’ai attaqué dans la chicane, l’ai gêné, suis sorti en tête et il m’a redoublé comme prévu. Après j’ai inventé une trajectoire que je n’avais pas encore essayée du week-end. Je me suis complètement calé à l’intérieur du dernier virage. Il y avait beaucoup de vent qui poussait, donc c’était difficile, mais j’ai énormément fait patiner la moto au milieu du virage pour la mettre dans l’axe, pour m’aider à la faire tourner, et c’est ce qui m’a permis de sortir en tête. Après j’ai eu un peu peur à la sortie du dernier virage, où j’ai redouté que comme en Australie je me fasse avoir, mais cette fois ce n’est pas arrivé. »

FIM Superbike World Championship Round 03, Aragon, Spain, 31-2 April 2017, Yamaha , Mahias

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