Les rendez-vous quotidiens entre Johann Zarco et la presse internationale deviennent de plus en plus intéressants. Loin de la communication un peu formatée des traditionnels communiqués de presse, les échanges entre le pilote français et les journalistes dans l’hospitalité Tech3 sont d’une richesse et d’une simplicité que les vrais passionnés apprécieront (vous pouvez retrouver tous ses débriefs passés dans notre rubrique “Interviews“).

Comme à notre habitude, nous en reportons ici l’intégralité des propos de Johann Zarco, de façon brute, donc sans aucune mise en forme ou déformation journalistique.


Johann Zarco, 6e : « L’objectif est de travailler pour la course. Si vous travaillez bien pour la course, vous devez être dans le top 10, et c’est ce que j’ai fait ce matin et cet après-midi. Je suis donc très content du travail que nous avons fait. Nous avons fait la distance de la course avec les pneus tendres. La performance est bonne. Ce matin, j’ai forcé avec la moto et nous avons trouvé cet après-midi quelques solutions pour être plus à l’aise sur la moto et être en mesure de faire des tours réguliers. Cela a donc été un bon travail cet après-midi et je suis content d’être dans le top 10. Mais je pense que la FP3 sera de nouveau comme une qualification, et on doit donc être prudent et bien gérer pour rester là. »

Quels pneus avez-vous utilisés ?

« Ce matin, j’ai pris le médium lors de ma première sortie, puis le tendre, et cet après-midi j’ai utilisé le tendre et le dur. J’essaie de comprendre quel est le meilleur. Pour le moment, mon feeling est toujours meilleur avec les tendres, mais la question est de savoir si on peut faire la course avec, pour rester très rapides, en 47, durant toute la course. Nous avons besoin du samedi matin pour avoir une confirmation. »

Avez-vous noté un changement de feeling avec le nouveau pneu avant ?

« Pour moi, pour le moment, le MotoGP est encore nouveau, et quand je change de circuit, j’ai besoin de découvrir et de prendre énormément de références sur la piste. Donc aujourd’hui, je n’ai pas pu ressentir la différence avec ce pneu. Quand je l’ai essayé à Jerez après la course, j’ai pu la sentir mais elle était minime. C’est donc pourquoi je n’ai pas pu la sentir aujourd’hui. »

Vous avez fait une course fantastique ici, l’année dernière, en vous battant avec Baldassarri. Est-ce que cela peut vous être utile cette année, comme par exemple pour avoir d’autres trajectoires ?

« Pour me battre, oui (rires). Si je me sens très à l’aise sur la moto, que j’ai un bon grip, que je peux tourner, que j’ai une bonne confiance avec l’avant, je peux parfois utiliser une trajectoire pour doubler. Et aujourd’hui, ce matin et cet après-midi, j’ai fait deux ou trois beaux dépassements, pour préparer la course, au cas où…
Mais quand vous êtes capables de doubler, c’est déjà un point positif car cela implique que vous pilotez bien la moto. »

Comment ressentez-vous la vitesse au Mugello sur une MotoGP ?

« Dans la ligne droite, ça pousse beaucoup. Dans les virages, vous pouvez gérer, mais dans la ligne droite, c’est étrange : sur la bosse de la ligne droite, je m’attendais à avoir du gros wheeling et que la roue avant soit instable, mais finalement cela vient de l’arrière. L’arrière saute et pousse votre corps entier vers l’avant de la moto. Je ne m’attendais pas à ça, et maintenant, je peux l’anticiper et rester un peu plus sur l’arrière de la moto. Et quand, quand la moto saute de l’arrière, hop, j’ai un bon équilibre pour freiner. Mais c’était une bonne surprise et merci aux freins en carbone car ils ne sont pas superflus (rires) ! »

Laurent Fellon est absent ici. Cela te manque-t-il ou son travail est-il fait par quelqu’un d’autre ?

« Non. Je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un d’autre qui puisse faire ça, parce que on a vraiment une osmose avec Laurent, qui est particulière. En revanche, quand il n’est pas là, j’ai quand même suffisamment de maturité et d’expérience pour pouvoir m’autogérer. Et la course du Mans a dû me faire passer un cap au niveau feeling, sensations, mental, ce qui a permis de faire une bonne journée aujourd’hui. Donc je pense pouvoir faire du bon travail, et c’est déjà arrivé en début d’année qu’il soit absent. Et quand il est là, je prends ça comme un bonus. Mais voilà. Il a vu des choses au Mans, on en a parlé et il m’a dit d’essayer de travailler sur certains points qu’il a pu voir au Mans et qui devraient m’aider au Mugello. Pour l’instant, ça va. »

C’est ce dont tu parlais hier, un cap que tu avais passé, une sorte de surcroît de feeling ?

« Oui, ça en fait partie. Ce n’est pas exactement la même conduite qu’au Mans, donc il y a eu un temps d’adaptation, mais malgré tout, il y a quand même eu de la performance aujourd’hui, donc ça veut dire que j’ai pu évoluer. J’arrive à pouvoir gérer la moto, toujours à me battre, parce qu’il y a eu un peu de combat avec Iannone aujourd’hui. Il est chez lui, et donc, dès qu’on le double, il se surmotive à repasser. Mais sa surmotivation ne m’a pas intimidé, et je suis content de ça. »

Être devant les motos officielles n’est pas courant, mais comment résumerais-tu les points faibles de ta moto par rapport aux motos officielles ?

« Dans les motos officielles, il y a quand même Vinales qui a fait un meilleur chrono ce matin, et qui reste donc devant au cumul. Rossi est blessé. Le grip était un peu difficile aujourd’hui et peut-être que d’avoir réussi à utiliser le soft sur beaucoup de tours, ça me donne un avantage. »

Tu as beaucoup roulé derrière Vinales, alors peut-être as-tu vu les différences entre les motos ?

« Moi je ne vois pas beaucoup de différences. Je dirais que la moto officielle et peut-être un peu plus agile que la mienne, plus agile et plus stable, mais je crois qu’en travaillant sur des points techniques, on peut améliorer cette stabilité. Et à la fois l’agilité. Donc finalement, c’est plus une question de réglages que vraiment de performances pures de la moto. »

Tu dis donc que tu ne vois pas la différence de moteur alors que les motos officielles ont un régime moteur un peu plus élevé ?

« Non, en étant derrière, ici, ça va encore. C’est dur à gérer parce que quand on est en quatrième, et que l’on passe la cinquième, il y a wheeling, et quand on arrive à le gérer, j’ai gagné, je crois, 6 km/h d’un seul coup, simplement d’avoir su passer. Sur mes deux derniers tours, l’anti-wheeling ne s’est pas déclenché et cela a fait 6 km/h de gagné. Donc finalement, c’est tellement une bête de course que, quand on la dompte bien… Il faut la dompter à 100 % pour sentir une différence, mais on n’est pas tous à 100 % parce que c’est compliqué. »

Tu as pris le pneu soft aujourd’hui. Penses-tu qu’il pourra faire la course ?

« J’ai fait la distance de course donc, oui, c’est envisageable. A confirmer demain. À mon avis, le rythme à avoir est 47.7, 47.5. Si on a ça avec le soft au-delà de 15 ou 20 tours, on sera très compétitif. »

Rossi s’est blessé à l’entraînement. Vinales a chuté cet après-midi. As-tu l’impression que tes performances commencent à mettre un petit peu de pression sur les pilotes officiels, ou sont-ce seulement les circonstances ?

« Je dirais que ce sont des circonstances, parce que ce n’est pas sensé être moi qui dois mettre la pression. Ils ont suffisamment d’éléments pour se mettre la pression entre eux. Donc profitons du moment, c’est une opportunité qui m’est présentée ; il faut la prendre ! »

Résultats des deux séances libres confondus :

1 C.CRUTCHLOW GBR LCR Honda HONDA 1’47.365

2 A.DOVIZIOSO ITA Ducati Team DUCATI 1’47.394 à 0.029

3 J.FOLGER GER Monster Yamaha Tech 3 YAMAHA 1’47.543 à 0.178

4 M.PIRRO ITA Ducati Team DUCATI 1’47.595 à 0.230

5 M.VIÑALES SPA Movistar Yamaha MotoGP YAMAHA 1’47.669 à 0.304

6 ZARCO FRA Monster Yamaha Tech 3 YAMAHA 1’47.674 à 0.309

7 D.PEDROSA SPA Repsol Honda Team HONDA 1’47.699 à 0.334

8 H.BARBERA SPA Reale Avintia Racing DUCATI 1’47.708 à 0.343

9 A.BAUTISTA SPA Pull&Bear Aspar Team DUCATI 1’47.728 à 0.363

10 J.LORENZO SPA Ducati Team DUCATI 1’47.747 à 0.382

11 A.IANNONE ITA Team SUZUKI ECSTAR SUZUKI 1’47.807 à 0.442

12 D.PETRUCCI ITA OCTO Pramac Racing DUCATI 1’47.950 à 0.585

13 M.MARQUEZ SPA Repsol Honda Team HONDA 1’47.980 à 0.615

14 V.ROSSI ITA Movistar Yamaha MotoGP YAMAHA 1’48.000 à 0.635

15 S.REDDING GBR OCTO Pramac Racing DUCATI 1’48.111 à 0.746

16 A.ESPARGARO SPA Aprilia Racing Team Gresini APRILIA 1’48.129 à 0.764

17 J.MILLER AUS EG 0,0 Marc VDS HONDA 1’48.664 à 1.195

18 T.RABAT SPA EG 0,0 Marc VDS HONDA 1’48.664 à 1.299

19 L.BAZ FRA Reale Avintia Racing DUCATI 1’48.751 à 1.386

20 S.LOWES GBR Aprilia Racing Team Gresini APRILIA 1’48.842 à 1.477

21 K.ABRAHAM CZE Pull&Bear Aspar Team DUCATI 6 1’48.925 à 1.560

22 P.ESPARGARO SPA Red Bull KTM Factory Racing KTM 1’49.524 à 2.159

23 B.SMITH GBR Red Bull KTM Factory Racing KTM 1’49.640 à 2.275

24 S.GUINTOLI FRA Team SUZUKI ECSTAR SUZUKI 1’50.054 à 2.689
En savoir plus sur http://www.paddock-gp.com/italiangp-jorge-lorenzo-manque-de-quelque-chose-pouvoir-piloter-plus-de-confiance/#vlMTRUo1tbFKhrvg.99

 

 

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