Shuheï Nakamoto est un personnage dans les ports mécaniques. Il a été de la belle aventure de Honda en Formule 1 et il est allé ensuite faire le bonheur du HRC en Grand Prix moto. Un poste de vice-président qu’il a tenu de 2009 à cette année. Honda n’avait rien gagné de 2004 à 2010 et sous son règne, le blason ailé a retrouvé le succès. Avec notamment deux pilotes particuliers : Stoner et Marquez.

Casey Stoner et Marc Marquez ont marqué l’histoire contemporaine du HRC. L’un n’a pris qu’un seul titre en 2011, mais il a fait pleurer Nakamoto san lors de son départ à la retraite. L’autre n’a de cesse de lui arracher des larmes de joie en collectionnant les couronnes mondiales. Deux perles, mais aux styles différents.

Hélas, on n’aura jamais l’occasion de les comparer sur la piste. Les piges sur Honda en remplacement de Pedrosa n’ont pas eu lieu et l’Australien est à présent une icône chez Ducati. Mais Nakamoto, dans un entretien à SportRider, apporte son éclairage : « d’abord, ce sont deux personnalité différentes » commencent le Japonais. « Les deux ont quelque chose de spécial sur la piste ».

« Ainsi, Casey a une vitesse de passage dans les virages très rapide tandis que Marc est très particulier sur les freins. Casey était vraiment bon dans les phases d’accélération. Il trouvait l’angle parfait, la remise des gaz idéale ou autre chose… La lecture des données révélait qu’il avait tout son contrôle pour obtenir l’adhérence parfaite, sentir le moment où l’électronique prendrait la main sur le pneu arrivé à sa limite. Son contrôle des gaz était bluffant. Toujours parfait. Marc est pareil, mais il utilise bien plus le contrôle de traction ».

Partant de ce postulat, on pourrait se dire que le talent pur est du côté du retraité. Mais Shuheï Nakamoto réaligne la mire : « lorsque Marc a testé pour la première fois la moto à Valencia en 2012, et nous n’avions alors eu que trente minutes de bonnes conditions. Mais lorsque j’ai vu sa performance globale et notamment sur les freins, j’ai été très agréablement surpris. J’ai pu me dire que mon choix était le bon ».

Un Márquez qui étoffe depuis le palmarès du HRC : « lors de la première partie de la saison 2013, il a eu de la chance. A Austin par exemple, il était le seul à prendre le pneu dur arrière, ce qui lui a permis de gagner la course. Il a pratiquement été toujours sur le podium et il a pu se ménager une bonne avance qu’il a gérée ensuite. Normalement, un pilote met un an à tout comprendre, lui il ne lui a fallu qu’une demi-saison. C’est à Silvertsone qu’il m’a dit savoir gérer les pneus. Mais il a eu de la chance parce que Lorenzo et Pedrosa qui étaient très forts étaient aussi blessés. 2014 a été une autre affaire. Il avait compris, acquis de l’expérience sur la moto et son style de pilotage ».

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