Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas avec ce genre de prestation que Lorenzo arrivera à faire taire les doutes que le patron de KTM nourrit sur son talent. Plongé dans une Q.1 d’où il a fini par sortir, le Majorquin a ensuite joué les chicanes mobiles dans la Q.2. Désespérant.

Lorenzo à la rue lorsqu’il fait mauvais temps, c’est maintenant une habitude. Ceci dit, à sa décharge, on notera que son équipier Rossi n’a pas fit mieux, voire pire, puisque le Doctor n’a jamais été en mesure de sortir de la Q.1. Une échéance dont s’est acquittée Por Fuera, qui ne pavoise pas : « nous avons atteint la seconde séance de qualifications par chance, parce qu’il y a des pilotes qui avaient mis les pneus intermédiaires lorsque la piste n’était pas encore suffisamment sèche. C’est pourquoi j’ai pu finir deuxième et passer en Q.2 ».

Une analyse qui a le mérite de la franchise. Quant à la Q.2, elle a été un véritable calvaire : « passer sur slicks était probablement le plus mauvais scénario pour moi parce que j’avais besoin de progresser et que les conditions étaient difficiles et dangereuses. Nous n’avons pas eu de chance avec la météo. Soit il y pleuvait trop fort, soit il y avait du vent et il faisait très froid. Aujourd’hui il était très compliqué d’être rapide dans ces circonstances ».

Certes, mais les conditions ont été les même pour tous tandis que les adversaires directs n’ont pas hésité à se lancer d’entrée avec les slicks : « les autres pilotes ont attaqué dès le départ et ils ont pris la bonne option. Ils ont pu ainsi monter leurs pneus à température. Les pneus Michelin prennent plus de temps à chauffer, l’électronique actuelle est moins évolué que le logiciel d’usine de 2015. Et puis nous connaissons ici les pures conditions de ces dix dernières années. Enfin, j’ai de mauvaises expériences avec mes chutes et mes blessures ». Une faiblesse reconnue et qui perdure. N’en déplaise à Ducati.

Reste un mal Yamaha lorsque la pluie et le froid s’installent : « nous avons beaucoup de poids sur l’arrière. A Brno, nous avons amélioré la moto en retrouvant des sensations avec l’avant. Aujourd’hui, nous sommes loin d’être les plus rapides, mais nous ne sommes pas les plus lents. Nous sommes au milieu du peloton, ce n’est donc pas une catastrophe ». Malgré un écart de plus de six secondes au tour sur un Márquez souverain.

« Le problème est d’être suffisamment confiant pour attaquer et chauffer les pneus » insiste Lorenzo sur ce cercle vicieux. « Et comme j’attaque moins que les autres, je suis trop lent. De cinq à six secondes. Je devrais tourner en 1’33 ou 1’34, mais je fais des 1’36 ».

Quid de la course demain pour celui qui partira douzième et qui voudrait remonter 14 points sur un Rossi qui sera quinzième au départ ? « Cela dépendra de la météo. Si les conditions restent les mêmes, ce sera difficile ».

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