Peu à peu, le Superprestigio a su s’imposer comme la seule épreuve hivernale réunissant beaucoup de pilotes de Grand Prix, toutes catégories confondues.

Né en 2014 sous l’impulsion de Jaime Alguersuari, ancien pilote et magnat de la presse espagnole, l’événement s’est développé à Barcelone, avec Marc Márquez en figure de proue jusqu’en 2016. Pour l’année prochaine, on a parlé d’un transfert de l’épreuve à Paris, avec alors Johann Zarco en tête d’affiche, mais il est encore un peu tôt pour savoir si ce projet aboutira ou pas, Claude Michy n’ayant encore fait aucune déclaration à ce sujet.

Quoi qu’il en soit, il existe un point que nous aimerions soulever avant que cela ne crée véritablement une polémique.

Le Superprestigio connaît un certain succès grâce à des règles très simples : grosso modo, tout le monde possède la même moto et les mêmes chances de rallier la finale, seuls l’habitude, le talent et une part de chance devant faire la différence pour faire la différence avec ses adversaires.

Cette volonté de simplicité est d’ailleurs parfaitement transcrite dans le règlement technique que nous nous sommes procurés, et où ne figurent que quelques grandes lignes directrices.

Or, il se trouve que depuis deux ans, il semble que le Traction Control puisse avoir fait son apparition sur les motos de quelques favoris…

Brad Baker s’en était par exemple étonné en voyant la moto d’usine alignée par Marc Márquez et son team de MotoGP en 2016 : « il y a un nombre incroyable de boutons sur le guidon de Marc ! »

Cette année encore, malgré l’absence de l’intéressé, certaines motos émettaient un bruit peu franc à l’accélération (audible seulement aux essais et pas dans le brouhaha des courses)…

Aujourd’hui, les Traction Controls pour le Dirt sont basés sur les variations subites du régime-moteur et ne sont pas plus gros qu’une pièce de 2 euros. En cas de variation subite, la boîte magique retarde l’allumage des gaz. Pour palier aux pertes d’adhérence voulue lors des glissades, le système est doté d’une fonction d’auto-apprentissage que l’on peut affiner lors des essais…

Entendons-nous bien, aucune interdiction de Traction Control ne figure dans le règlement du Superprestigio ! Si quelqu’un l’utilise, cela est donc tout à fait légal et cela ne transformera jamais un cheval de trait en Pur Sang, mais nous trouvons simplement que cette guerre à l’armement va à l’encontre de la nature même de l’épreuve.

À cet égard, la prestation de Remy Gardner, vainqueur d’une manche de l’édition 2017 avec un vieux 2-temps de 9 ans sans frein-moteur alors que les motos n’en disposent pas à l’avant, nous semble parfaitement illustrer la simplicité que devraient avoir les motos participant à cette épreuve : place aux exploits des pilotes sur des motos à la préparation basique !

Cela n’engage donc que nous, mais une simple ligne ajoutée au règlement rendrait l’épreuve plus équitable et, en conséquence, encore plus intéressante pour le public…