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Davide Brivio

Un départ lent, c’est le cas de le dire ! Les débuts du MotoGP à Goiânia ne se sont pas déroulés comme prévu, puisque les opérations en piste ont commencé avec une heure de retard. La raison est liée aux conditions du circuit, la pluie s’étant abattue sur le tracé brésilien quelques heures avant le départ de la Moto3. De quoi agacer un Davide Brivio qui dit tout haut ce que le paddock pense tout bas du début de l’ère Liberty Media … 

Il y a les discours du jeudi, parfaitement calibrés, rassurants, presque trop beaux pour être vrais. Et puis il y a le vendredi matin, beaucoup plus honnête, où le MotoGP retrouve la réalité… les pieds dans l’eau.

Le retour du championnat au Brésil devait être une vitrine. Il est en train de devenir un cas d’école. Circuit inondé, travaux encore en cours, essais retardés : en quelques heures, tout ce qui devait être maîtrisé a commencé à vaciller. Et c’est précisément dans ce contexte que les mots de Davide Brivio prennent une résonance presque dérangeante.

Car Brivio ne parle pas de météo. Il parle d’un système. Un système devenu trop rigide, trop exposé, trop dépendant d’un déroulement parfait. Il suffit d’un grain de sable — ou plutôt d’un déluge tropical — pour que toute la mécanique s’enraye. Et aujourd’hui, le MotoGP n’a plus la marge pour absorber ce genre d’imprévu.

Quand il explique que « le vendredi conditionne tout le week-end », il ne fait pas de théorie. Il décrit exactement ce qui se joue à Goiânia. Moins de roulage, moins de repères, moins de temps pour comprendre un circuit que personne ne connaît vraiment : le sport, dès les premières heures, devient une loterie partielle. Pas totale, bien sûr. Mais suffisamment pour fausser l’équilibre. Et c’est là que le bât blesse.

Brésil

Davide Brivio : « on parle beaucoup du fait que le MotoGP doit grandir, mais rn même temps, le promoteur doit faire sa part »

Parce que dans le MotoGP moderne, tout est compressé. Le spectacle est intense, le format est serré, chaque session compte. Il n’y a plus de place pour l’approximation. Or, que voit-on au Brésil ? Un circuit encore en chantier, des zones à finaliser, et un responsable sécurité qui reconnaît lui-même que « certains virages sont encore en cours de traitement ». Traduction : on ajuste pendant que le week-end a déjà commencé.

Difficile, dans ces conditions, de ne pas voir ce que Brivio dénonce en creux : un championnat qui veut aller partout, tout le temps, sans toujours garantir que tout soit parfaitement prêt. Le MotoGP s’est transformé en produit global, en spectacle permanent, et cela implique une pression énorme pour livrer chaque Grand Prix coûte que coûte.

Mais à force de tirer sur la corde, elle finit par vibrer. Davide Brivio est intervenu sur le sujet et a clairement analysé la situation : « C’est vraiment dommage de voir cela« , a-t-il déclaré à Sky. « Si d’un côté nous sommes contents d’être au Brésil et d’étendre toujours plus la diffusion du MotoGP, en découvrant de nouveaux territoires comme l’Amérique du Sud, de l’autre côté je suis déçu par le niveau de préparation du circuit en vue de ce rendez-vous. »

Le team manager de TrackHouse n’y va pas par quatre chemins : « on parle beaucoup du fait que le MotoGP doit grandir, en demandant aussi aux équipes d’investir, d’améliorer la visibilité, d’apporter des hospitality en affichant un haut niveau. En même temps, le promoteur doit faire sa part. Il est vrai que sur une piste nouvelle, il y a toujours les problèmes classiques de la première année, mais ce que nous voulons, c’est que le MotoGP ne puisse plus se permettre ces situations. C’est mon jugement. »

Le plus frappant, finalement, n’est pas le retard des essais Moto3. Ce n’est même pas l’eau sur la piste. C’est ce sentiment diffus que le contrôle échappe légèrement — pas totalement, mais suffisamment pour que le doute s’installe. Et dans un sport où la précision est reine, le doute est déjà une anomalie.

Alors oui, les conditions vont s’améliorer. Oui, les sessions MotoGP auront probablement lieu. Oui, le week-end ira au bout. Mais la question n’est pas là.

La vraie question est celle que Brivio pose sans la formuler frontalement : jusqu’où le MotoGP peut-il continuer à pousser son modèle sans en montrer les limites ?

Car ce qui se passe à Goiânia n’est pas un accident isolé. C’est un symptôme. Et cette fois, il est apparu dès le vendredi matin, bien avant que les motos ne prennent vraiment la piste.

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