Leader du championnat MotoGP et récent vainqueur au Mugello, Marco Bezzecchi a conclu la première journée du Grand Prix de Hongrie avec le sentiment du devoir accompli. Sixième des préqualifications à Balaton Park, le pilote Aprilia a atteint son principal objectif : accéder directement à la Q2. Mais l’Italien n’a pas caché qu’un homme avait marqué les esprits ce vendredi : Pedro Acosta.
Le pilote Aprilia a reconnu que la référence du jour était clairement du côté de KTM. Selon lui, la journée a été positive, mais l’écart créé par Acosta restait impressionnant. L’essentiel était avant tout de sécuriser une place en Q2, mission accomplie, ce qui lui permet d’aborder la suite du week-end avec sérénité.
Au-delà du classement, Bezzecchi s’est surtout attardé sur la gestion des pneumatiques, sujet central sur un circuit encore peu connu des équipes. « J’ai des difficultés avec les pneus tendres, surtout à l’avant. »
Selon lui, l’adhérence relativement correcte du tracé pousse naturellement les pilotes vers les pneus tendres. Le problème est que les gommes médiums semblent n’atteindre leur fenêtre de fonctionnement optimale qu’en milieu de course sprint, ce qui complique fortement les choix stratégiques. Il partage d’ailleurs les préoccupations exprimées par Raul Fernandez concernant le comportement du pneu avant tendre et estime que davantage de tests seront nécessaires avant de tirer des conclusions définitives.
Le leader du championnat a également évoqué les travaux réalisés dans le premier virage du circuit, un point qui a suscité de nombreuses discussions dans le paddock. « Ils ont refait la piste et ont bien fait d’enlever les nids-de-poule, mais l’adhérence est bien pire. »

Marco Bezzecchi : « On s’amuse toujours à moto. C’est une question de goût »
S’il reconnaît que la disparition des bosses était nécessaire, il estime en revanche que le nouvel asphalte a considérablement réduit le niveau d’adhérence. Selon lui, le secteur est désormais devenu encore plus délicat qu’auparavant, avec une sensation de blocage au freinage qui rappelle presque l’intervention permanente d’un système ABS. Une remarque formulée avec humour, mais qui traduit bien les difficultés rencontrées par les pilotes dans cette zone.
Interrogé sur les différences entre Balaton Park et Mugello, Bezzecchi a livré une analyse particulièrement intéressante.
À ses yeux, les deux circuits n’ont pratiquement rien en commun. Là où Mugello offre de grandes courbes rapides et fluides, Balaton Park impose des freinages brutaux et des relances permanentes. L’Italien compare même le circuit toscan à une « autoroute » tant il paraît large en comparaison du tracé hongrois.
Sur ce type de piste, explique-t-il, il est indispensable d’être extrêmement performant au freinage, notamment avec le frein arrière, sous peine de voir la moto couper les trajectoires et compromettre toute la sortie de virage.
Pour autant, Bezzecchi refuse d’opposer les deux circuits. S’il admet avoir une préférence naturelle pour Mugello, il insiste sur le fait que le plaisir reste intact dès lors qu’il est sur une MotoGP. « On s’amuse toujours à moto. C’est une question de goût. » Les gros freinages de Balaton Park lui procurent également des sensations particulières et il considère finalement que tout cela relève surtout d’une question de goût personnel.
Une chose est certaine : après avoir résisté à la pression au Mugello, Marco Bezzecchi semble aborder la Hongrie avec la même sérénité. « Une bonne première journée. Pedro a fait une grande différence, donc c’était difficile. L’objectif aujourd’hui était d’atteindre la Q2, donc je suis content. ». Mais face à un Pedro Acosta capable de repousser tout le monde à près d’une demi-seconde, le leader du championnat sait déjà que la bataille du week-end s’annonce particulièrement intense.































