Il y a des promotions qui ressemblent à des récompenses… et d’autres qui se transforment en pièges. Pour Alex Marquez, le passage à une Ducati d’usine en 2026 devait être la confirmation d’un statut. Trois courses plus tard, c’est surtout devenu un combat permanent pour simplement rester dans le rythme.
En quittant le Texas, théâtre à, Austin du Grand Prix des Amériques, il ne tourne pas autour du pot.
« J’ai beaucoup de mal » : le constat sans détour. Après un début de saison bien en deçà des attentes, le cadet des Marquez lâche une phrase qui résume tout : « c’est juste que nous avons des difficultés. »
Pas d’excuse. Pas de détour. Juste un aveu. Mais le plus intéressant, c’est ce qu’il ajoute ensuite :
« Nous sommes un peu en retrait par rapport à nos concurrents, surtout moi, qui ai un style particulier. » Autrement dit, le problème n’est pas seulement la moto. C’est l’alchimie entre la moto… et le pilote.
Et c’est là que la situation devient presque incompréhensible. Car il y a encore quelques mois, Alex Marquez était l’une des révélations du plateau. Sur une Ducati GP24, il enchaînait les podiums, flirtait avec la tête du championnat et s’imposait comme une menace constante, y compris pour son propre frère. Résultat : une promotion logique.
Mais cette promotion a tout changé. La GP26, censée être une évolution, s’est transformée en rupture. Là où la GP24 lui permettait d’exploiter pleinement son style, la nouvelle machine semble lui échapper.
Le paradoxe est classique en MotoGP : une moto plus avancée techniquement n’est pas forcément plus facile à piloter. Et pour Marquez, c’est précisément ce qui semble se produire.
« Je rencontre pas mal de difficultés cette année… il nous manque encore quelques éléments. »

Alex Marquez : « je pense que le fait de ne pas courir au Qatar est positif ; cela nous permettra de mieux analyser la situation »
Ce “quelque chose” manquant, c’est souvent ce fameux feeling — cette connexion invisible entre le pilote et la machine. Et sans elle, même la meilleure moto devient un handicap.
Marquez insiste lui-même sur son style particulier. Un point clé. Car la Ducati actuelle, plus exigeante physiquement et plus pointue en réglages, semble favoriser certains profils de pilotes… et en pénaliser d’autres. On l’a déjà vu avec d’autres. Et aujourd’hui, Alex en fait l’expérience.
Malgré tout, le pilote reste convaincu que la situation peut évoluer :
« Nous devons continuer à travailler… Ducati ne cesse jamais de travailler, donc il y aura un moment où nous franchirons une étape. »
Un message presque classique… mais révélateur d’une chose essentielle : chez Ducati, la solution viendra autant de l’usine que du pilote. Encore faut-il que les deux convergent.
Le report du Grand Prix du Qatar pourrait bien tomber au meilleur moment pour Marquez. Cette pause inattendue offre un luxe rare en pleine saison : du temps. Du temps pour analyser. Du temps pour comprendre. Du temps pour corriger.
Et lui-même le reconnaît :« je pense que le fait de ne pas courir au Qatar est positif ; cela nous permettra de mieux analyser la situation. »
Pour Alex Marquez, 2026 est en train de devenir une saison charnière. Soit il parvient à dompter cette Ducati exigeante, et il confirme définitivement son statut parmi les top pilotes.
Soit il reste coincé dans cette zone grise… celle des pilotes rapides, mais incapables d’exploiter leur machine à 100 %.
Et dans un MotoGP où tout va très vite, une vérité s’impose déjà :la promotion n’est jamais une garantie. Parfois, c’est même le début des vrais problèmes.
Le cas d’Alex Marquez est typique des pilotes qui surperforment avec une machine « cliente » parfaitement réglée, mais qui peinent à trouver le chemin de développement sur une machine d’usine en constante évolution. Jerez sera le véritable juge de paix : si sur ses terres espagnoles, Alex ne retrouve pas le chemin du top 5, sa fin de saison chez Ducati risque d’être très longue avant son départ annoncé pour KTM.









