Au lendemain d’un Grand Prix d’Italie contrasté sur le rapide tracé du Mugello, les deux écuries Yamaha engagées en MotoGP posent leurs valises en Hongrie avec un état d’esprit commun : le circuit de Balaton Park doit marquer un tournant dans leur saison 2026, et pour cela, Toprak Razgatlioglu semble un atout supplémentaire !
Si les dynamiques diffèrent légèrement entre les deux structures, une conviction partagée les unit : le tracé magyar, par ses caractéristiques techniques, sera plus propice pour la YZR-M1que les deux derniers circuits comportant une longue ligne droite.
L’optimisme est particulièrement palpable chez Prima Pramac Yamaha. La formation dirigée par Gino Borsoi sort d’un Mugello où les signes de progrès ont été encourageants, même si la ligne presque droite italienne avait cruellement exposé le déficit de puissance moteur face à la concurrence. Balaton Park, avec ses 4,1 kilomètres, ses 17 virages et une ligne droite de seulement 665 mètres, change radicalement la donne.
« Balaton pourrait être un circuit où nous serons capables d’exploiter pleinement les points forts de notre package. Ce sera un week-end important, car il nous offrira une bonne occasion de vérifier si les progrès réalisés dans des domaines comme le châssis et l’électronique se traduisent réellement par une plus grande compétitivité en piste. C’est encore un circuit relativement nouveau pour tout le monde. Il existe peu de données disponibles et ce n’est que la deuxième année que le MotoGP y court, si bien que le niveau de connaissance est assez similaire entre les différents constructeurs. Cela pourrait contribuer à équilibrer davantage la compétition. Pour cette raison, ce week-end pourrait être particulièrement intéressant pour Yamaha. »
Ce circuit « stop-and-go », à faible vitesse moyenne, replace l’agilité, la stabilité au freinage et les performances en courbe au centre des exigences. Des qualités qui ont historiquement fait la réputation des machines d’Iwata et qui, selon Jack Miller, ont été significativement améliorées cette saison. L’Australien se réjouit de retrouver un tracé où les changements de direction rapides, point fort de sa M1 2026, peuvent apporter un plus.
« J’ai hâte de revenir à
Balaton. C’est un circuit étroit et technique, pratiquement à
l’opposé des deux derniers Grands Prix, où les longues lignes
droites ont mis en évidence certains domaines sur lesquels nous
devons encore progresser.
La nature de ce tracé devrait beaucoup mieux convenir à notre
moto. Il comporte de nombreux changements de direction et des
sections où l’agilité et la maniabilité peuvent vraiment faire la
différence.
La YZR-M1 est devenue beaucoup plus agile cette saison,
notamment dans les changements de direction, et Balaton possède
justement beaucoup de ces caractéristiques.
Espérons que nous pourrons tirer profit des points forts de
notre package et poursuivre les progrès que nous avons montrés au
cours des dernières courses. »
Le déplacement hongrois revêt une saveur toute particulière pour son coéquipier, Toprak Razgatlıoğlu. Le Turc connaît la piste pour y avoir livré un récital l’an passé en WorldSBK, décrochant la pole position et remportant les trois courses du week-end. Même s’il admet que piloter une MotoGP sur ce circuit sera un défi différent, son amour du tracé, sa connaissance du lieu et sa capacité d’adaptation constituent un atout indéniable. L’objectif affiché pour Prima Pramac est ambitieux mais clair : capitaliser sur la dynamique des dernières semaines pour confirmer que les améliorations apportées en matière de châssis et d’électronique se traduisent concrètement en compétitivité chronométrique. La relative nouveauté de la piste pour l’ensemble du plateau MotoGP, qui n’y court que pour la deuxième fois de son histoire, est également perçue comme un facteur de nivellement potentiel face à des usines disposant de plus de données historiques ailleurs.
« J’aime vraiment ce circuit.
Il est assez petit et peut-être que tous les pilotes MotoGP
n’apprécient pas ce genre de tracé, mais moi si. L’an dernier, j’y
ai connu un très bon week-end, donc je suis heureux d’y
revenir.
Avec une MotoGP, ce sera un défi différent, car c’est un
circuit très typé stop-and-go. Mais je suis curieux de voir comment
la moto va se comporter et à quel point nous pourrons être
compétitifs.
Le point le plus positif, c’est que nous avons réalisé de bons
progrès récemment et trouvé des solutions qui m’ont permis de me
sentir mieux sur la moto. Mon espoir est de commencer le week-end
au niveau que nous avions atteint à la fin de Mugello, puis de
continuer à progresser séance après séance. C’est
l’objectif.
Nous verrons ce qu’il en sera, mais j’espère pouvoir prendre
autant de plaisir sur ce circuit que l’année dernière. »
Au sein du team Monster Energy Yamaha, le ton se veut plus mesuré, à l’image d’un début de saison en deçà des attentes. Fabio Quartararo (15e au championnat) et Álex Rins (19e) ont connu un week-end italien frustrant, et le team director Massimo Meregalli ne cache pas que ce Grand Prix de Hongrie arrive à point nommé pour « réinitialiser » la dynamique de l’équipe. Le discours est ici centré sur la reconstruction des sensations. El Diablo, qui avait chuté lors de la course sprint 2025 avant de terminer dixième le dimanche, aspire avant tout à retrouver le plaisir de piloter et une connexion optimale avec l’avant de sa machine. Alex Rins, de son côté, estime ne pas avoir été si loin du compte en rythme pur en Italie et veut transformer ce ressenti en résultats consistants sur l’ensemble des séances.
Le défi pour l’équipe officielle est double : il s’agit non seulement de vérifier que les évolutions apportées portent leurs fruits sur ce type de circuit, mais aussi de réussir à faire coïncider les performances de ses deux pilotes au sein d’un même week-end. Meregalli insiste sur la nécessité de « combiner les forces » entrevues de manière isolée chez l’un et l’autre lors des derniers Grands Prix.
En somme, ce rendez-vous hongrois fait office de test grandeur nature pour l’ensemble du clan Yamaha. Pour Prima Pramac, il s’agit de confirmer une courbe de progression qui semble s’amorcer. Pour l’équipe Monster, c’est une étape essentielle pour solidifier les fondations d’une saison périlleuse et prouver que la M1 possède toujours les armes pour briller lorsque la technique prime sur la puissance pure.



MotoGP Hongrie Yamaha Toprak MotoGP Hongrie Yamaha Toprak






























