Comme nous vous l’avions annoncé, Johann Zarco était bien présent en chair et en os à la présentation officielle du Michelin Grand Prix de France MotoGP 2026 dans les locaux de Canal+, et évidement son historique et fantastique victoire lors de l’édition 2025 a été maintes fois évoquées lors de son interview dans la partie publique retransmise en direct.
Cela a également été le cas lors du débriefing qui a suivi avec la dizaine de journalistes présents, même si les questions posées ont abordé bien d’autres sujets abordés.
Alors, avant l’épreuve mancelle se tiendra sur le Circuit Bugatti du Mans du 8 au 10 mai, dans cette période de fêtes où l’annulation du Grand prix du Qatar laisse un peu de répit aux meilleurs pilotes du monde, on vous embarque avec nous dans le jeu des questions-réponses à l’attachant pilote français, sans la moindre mise en forme.
🎤 2025, sans doute le plus beau souvenir de
ta carrière, en tout cas l’un de tes plus
beaux souvenirs. Là on est presque un an plus
tard : quelle
trace tu gardes en mémoire de ce jour-là,
en te replongeant un petit peu sur ce
qui s’est passé il y a un an.
C’est un truc qui
a marqué ta carrière et ta
vie ?
Johann
Zarco : “Oui, complètement. Je pense que oui, il
y a d’autres moments de la carrière qui sont uniques, comme des
titres de champion du monde, la première victoire
en MotoGP. Mais cette victoire au Grand Prix de
France, elle a un autre goût. Et ce goût, on se rend
compte qu’il est différent plus le temps passe, parce qu’en fait,
plus le temps passe, plus on voit que c’est vraiment cette
victoire qui reste dans la mémoire de beaucoup de monde. En
premier, certainement des passionnés, en premier pour ceux qui ont
pu le vivre en direct sur place, ou même à la télé. Mais en
fait, il y a aussi tous ceux qui se rappellent cette
victoire et qui ne sont pas français, qui sont à l’étranger,
italiens, espagnols, brésiliens, américains. Partout où je voyage,
tout le monde me dit “géniale, ta victoire au Grand Prix
de France !”. Donc en fait, quand on découvre ça, plus le
temps passe, plus on découvre que cette victoire elle est
marquante. Et du coup, plus le temps passe, plus je suis presque
reconnaissant que ça soit arrivé à moi. Je me dis “tiens
pourquoi moi ? Quelle chance !”. En fait
voilà, plus le temps passe, plus je me sens chanceux que j’ai
été l’élu de ce jour.”
🎤 Tu as regardé ta course combien de fois avec ta
famille, avec tes parents qui
étaient présents l’année dernière ?
« Ils étaient là oui. Je n’ai pas
regardé avec eux, pas souvent, parce je suis tout le
temps en train de bouger. La course en entière j’ai dû la revoir,
mais je ne l’ai pas vue et revue. Et en fait, c’est là où j’ai eu
un premier moment où je craque, et j’ai des vraies larmes, parce
que je n’ai pas vraiment craqué le jour J, puisqu’on est tellement
occupé. On sent que l’émotion est là mais on ne lâche pas vraiment.
J’ai lâché en étant dans l’avion, en fait quand le Team Zarco est
sorti. Donc c’était après le Grand Prix d’Angleterre, quand je
partais dirctement au Japon, où il fallait faire des tests pour
Suzuka. Et là, en regardant le Team Zarco, j’étais dans l’avion
et j’ai lâché. Donc en fait j’ai lâché 15 jours après.”
🎤 Si tu es superstitieux,
est-ce que tu vas
faire revenir tes parents cette année ?
“Non ! Non, ils vont passer à
d’autres occupations, mais c’est vrai que par superstition on
pourrait y penser. Quand on y repense, c’est vrai que c’était assez
unique de les avoir à ce moment-là et que tout ça arrive à ce
moment-là.”
🎤 Tu l’évoquais tout à l’heure en conférence de presse,
forcément ça donne envie de revivre ces émotions-là. On sait qu’au
Mans, comme ce qui s’est passé l’année dernière, il peut y avoir
une météo imprévisible. S’il y a un endroit où tu as envie de faire
quelque chose, c’est Le Mans
évidemment ?
“Avec l’expérience de l’an dernier, oui: s’il
y a un endroit, maintenant j’ai envie de dire Le Mans, alors
qu’avant ce n’était pas du tout une de mes réponses quand on
me demandait “où est-ce que tu veux
gagner ?”. Pour un pilote qui voit en fait les
courses motos comme un championnat de 17, 18, 19, 20, 22 courses
maintenant, on se dit « en fait une victoire
en MotoGP ou une victoire en Grand Prix, quel que soit
l’endroit, ça reste une victoire”, et c’est la valeur de
la victoire plus que le lieu. Mais maintenant, après
coup, oui, à choisir, c’est le Grand Prix de France, parce
qu’en fait ça c’est trop unique.”
🎤 Johann, tu reviens d’Austin et tu l’as dit
dans la conférence, tu as pris du plaisir après la
chute à remonter sur la moto et à rouler sans pression. Et tu
t’es rendu compte que tu avais le 2e meilleur
temps en course. Comment tu vas pouvoir travailler
là-dessus ? Parce que c’est aussi ta marque de fabrique de se
remettre en question et
de trouver des petits trucs. Là, comment
on peut, avant un départ au Mans
par exemple, retirer toute la pression
pour rouler libéré ?
« C’est une bonne question. Ça peut
se travailler un peu à l’entraînement, de trouver cette
décontraction sur la moto, une sorte de relâchement. C’est vrai que
c’est dur à répéter sur un week-end de course, parce qu’on est
toujours sous pression dès le vendredi, à devoir se qualifier pour
la Q2, puisqu’on sait qu’être dans les 10 premiers dès le vendredi
ça aide beaucoup pour le samedi. Mais du coup, samedi, on a une
petite demi-heure pour tester un peu des pneus, mais dans des
conditions d’un samedi matin, où il peut faire un peu frais. Donc
on n’est jamais dans la réalité de la course, on n’est jamais non
plus très à l’aise pour tester des choses, et ensuite il faut se
remettre un coup de pression pour être bon en qualif, et ensuite un
coup de pression pour faire une Sprint.
Et par expérience,
je sais que sur la
moto, en étant on va dire sous pression
et en essayant de compenser par de la
force, on arrive toujours à faire quelque chose.
Mais là, ce que j’ai pu sentir à
Austin, c’est je me
suis dit, comme c’est en plus un des
circuits les plus difficiles du championnat, je me
suis dit “je n’ai pas envie que le
pilotage ça soit de la contrainte”. Et
il m’a fallu plusieurs tours pour un
moment débloquer quelque chose, que je
n’ai réussi à
faire qu’une fois, parce que le
tour d’après, je n’ai plus réussi à le
faire. Et c’est là où ça m’a un peu
mis une sorte de d’alerte, en disant “ouh là ! Peut-être que par
de la concentration et de la justesse, le
bon geste au bon moment, il y a un moyen
de débloquer des portes énormes”.
🎤 Le GP du Qatar
a été reporté. Est-ce que ça va te permettre justement de davantage approfondir ce travail personnel
?
“Ouais, complètement ! Je suis
content que le Qatar ne
se déroule pas là, la semaine prochaine, du
coup. Parce que ça laisse le temps de rentrer,
de se reposer, de
se réentraîner et même d’aller s’entraîner en moto
avec cette idée. Déjà,
rien que d’avoir cette idée en tête, ça change l’approche des entraînements en moto.
Et du
coup, ça permet aussi d’ouvrir à d’autres discussions
avec le préparateur mental
pour trouver des clés sur
quoi penser pour réaliser ce que ce que j’ai ressenti.”
🎤 Avec le recul, tu te dis peut-être que c‘était une mauvaise idée de viser le top 5 ?
A suivre…
Rendez-vous
les 8, 9 et 10 mai sur le Circuit Bugatti.
Billets
et infos : gpfrancemoto.com

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