Il fut l’un des pilotes les plus talentueux de sa génération, capable de gagner avec Suzuki, Yamaha et Aprilia. Mais à l’approche de la révolution technique de 2027, Maverick Viñales semble arrivé au bout de son histoire avec le MotoGP. Le pilote Tech3 ne cache plus son profond malaise et emploie même un mot rarement entendu à ce niveau : le burn-out.
Dans un entretien particulièrement sincère avant le Grand Prix d’Allemagne, l’Espagnol est revenu sur une année marquée par les blessures, sa rupture avec KTM et une lassitude qui dépasse largement le simple cadre sportif. Viñales ne cherche plus à masquer son état d’esprit.
À plusieurs reprises, il utilise le terme anglais « burnout » pour qualifier sa relation actuelle avec le MotoGP. Une confession inhabituelle dans un paddock où les pilotes parlent généralement davantage de performances que de fatigue mentale.
« Je ne pense pas continuer », reconnaît-il, tout en précisant qu’il conserve intacte sa passion pour la compétition. Motocross, endurance ou autres disciplines motocyclistes continuent de l’attirer, mais le MotoGP, lui, ne lui procure plus le même enthousiasme.
Le déclic remonte au Sachsenring 2025. Victime d’une lourde chute lors des qualifications, Viñales s’est gravement blessé à l’épaule gauche. Une première opération n’a pas suffi et une seconde intervention est devenue nécessaire afin de nettoyer l’articulation. Aujourd’hui encore, sa récupération reste incomplète.
« Chaque semaine, je progresse un peu », explique-t-il. « Je veux retrouver une mobilité normale, pas seulement pour piloter mais aussi pour ma vie quotidienne. » Le pilote espagnol reconnaît désormais avancer avec prudence, s’arrêtant dès que la douleur réapparaît afin d’éviter une nouvelle inflammation.

Viñales : La rupture avec KTM a tout changé
Au-delà de la blessure, c’est surtout la gestion de son dossier par KTM qui laisse un goût amer. Viñales raconte avoir appris par les médias que Fabio Di Giannantonio était pressenti pour prendre sa place. Il affirme ensuite avoir reçu un contrat qu’il a accepté malgré des conditions peu favorables, uniquement parce qu’il souhaitait poursuivre l’aventure avec les ingénieurs autrichiens.
Deux semaines plus tard, tout bascule. « Ils m’ont dit que ce contrat était totalement nul. Après ça, à quoi s’attendre ? Ils n’étaient pas sérieux. Je ne veux plus rester ici. Je me sens épuisé par ce monde. Je ne pense pas continuer. »
» Une déclaration particulièrement sévère qui illustre une rupture de confiance devenue irréversible.
Viñales va même plus loin en établissant un lien entre sa récupération physique et la perte de confiance de son équipe. Selon lui, le soutien de KTM aurait pu accélérer sa convalescence. À l’inverse, l’incertitude sur son avenir l’a conduit à adopter une approche beaucoup plus prudente afin de ne pas compromettre définitivement son épaule.
Une manière de reconnaître que le mental joue un rôle déterminant dans le processus de guérison d’un sportif de haut niveau.
À ce stade, Maverick Viñales affirme ne rechercher aucun guidon. Il n’écarte pas l’idée de poursuivre sa carrière ailleurs, mais refuse de se précipiter. « Je pense avoir fait tout ce que je pouvais en moto. Il y aura peut-être des opportunités, peut-être pas. Pour l’instant, je ne cherche rien. Je veux juste de bonnes vacances. »
Les courses d’endurance, qu’il observe avec intérêt après avoir vu Jack Miller participer aux 8 Heures de Suzuka, pourraient représenter une piste pour l’avenir.
Le cas Viñales illustre parfaitement le profond renouvellement qui attend le MotoGP en 2027. Avec l’arrivée des nouvelles motos de 850 cc et l’émergence d’une nouvelle vague de jeunes pilotes, plusieurs figures installées depuis plus d’une décennie devraient quitter la catégorie reine.
Pour Maverick Viñales, le problème ne semble plus être de trouver une moto compétitive. La véritable question est désormais de savoir s’il a encore envie de continuer dans un environnement qui, selon ses propres mots, l’a progressivement conduit jusqu’au burn-out.




























