Alors que les rumeurs envoyaient Joan Mir vers la retraite ou une écurie concurrente (TrackHouse ou Gresini), et que Luca Marini semblait fragilisé par des débuts de saison laborieux, les deux pilotes officiels Honda ont profité du Grand Prix d’Espagne et des tests de Jerez pour clarifier leurs intentions.
Le contrat serait pourtant déjà signé. Fabio Quartararo rejoindrait Honda en 2027. Une place est donc déjà prise. Reste un guidon chez HRC. Joan Mir et Luca Marini, les deux pilotes actuels, sont sur la sellette. Sans contrat, livrés à eux-mêmes, ils attendent, espèrent, et réclament leur maintien. « Je ne mérite pas de courir ailleurs que chez Honda officiel », lance Mir. « Nous avons fait un travail fantastique, je veux rester », renchérit Marini. Mais les dirigeants japonais ont-ils la même confiance ? Leur manque de résultats (Mir 21e du championnat en 2025, Marini 16e) pourrait leur coûter cher. Et si Honda les écartait au profit d’un jeune prodige comme David Alonso ?
Le MotoGP prépare sa révolution 2027. Les contrats s’arrachent. Les transferts s’enchaînent. Et chez Honda, l’avenir se précise. Fabio Quartararo a signé, laissant un guidon vacant. Lequel ? Officiellement, l’usine japonaise n’a pas encore communiqué. Mais Joan Mir et Luca Marini, les deux titulaires actuels, sentent le vent tourner. Et ils ont décidé de se battre.
Joan Mir ne manque pas de caractère. Champion du monde 2020, l’Espagnol a traversé des saisons difficiles chez Honda. Blessures, chutes, manque de performance. Pourtant, il se croit toujours capable de briller.
A Jerez, il a réaffirmé sur motorsport-total sa conviction. « Je ne mérite pas de rouler ailleurs que chez Honda officiel. Je ne suis pas ici pour demander quoi que ce soit. Je pense être un pilote capable de me battre aux avant-postes lorsque la moto fonctionne. C’est sur cela que nous devons travailler. »
Mir veut un projet qui le motive. « Je ne suis plus au début de ma carrière, à accepter n’importe quoi. Si je fais quelque chose, c’est parce que cela a du sens, parce que nous avançons et parce que nous donnons tout. »
Sa confiance est intacte. « Je pense fournir suffisamment de raisons pour obtenir une bonne moto l’an prochain. »
Luca Marini, lui, est plus réservé. L’Italien de 28 ans apprécie le travail accompli avec Honda. Il est reconnu pour ses qualités de développement et sa rigueur. Mais son avenir est flou. « Ce que je veux, c’est rester dans l’équipe officielle. »
Marini croit aux progrès réalisés. « Nous faisons un excellent travail. La moto a clairement fait un pas en avant. Du point de vue du constructeur, avoir plus de motos en piste est une bonne chose. Plus de données, plus de chances de faire de bons résultats. »
Il veut conclure ce qu’il a commencé. « Ce serait fantastique de continuer avec Honda et l’équipe officielle, car nous avons accompli un travail fantastique. Nous avons fait un pas énorme ces dernières années. Ce serait beau de boucler la boucle et de nous battre pour le podium dans les années à venir. »

Les rumeurs : Alonso chez Honda, Tech3 en renfort
Derrière ces déclarations, la réalité est plus rude. Honda a déjà signé Quartararo. Le second guidon pourrait être attribué à David Alonso, le jeune prodige colombien, champion du monde Moto3 2024 et en pleine progression en Moto2.
Les rumeurs s’intensifient. Et si c’est le cas, Mir et Marini se retrouveraient sur le carreau. Heureusement pour eux, d’autres options existent. Honda envisagerait d’aligner six motos en 2027, en ajoutant Tech3 (actuellement chez KTM) à son giron. L’équipe française deviendrait un satellite HRC, libérant deux places supplémentaires.
Mir ou Marini pourraient alors y trouver refuge. Mais aucun des deux ne veut entendre parler d’un départ.
Le problème des deux pilotes, c’est leur manque de constance. En 2025, Mir a terminé 21e du championnat, Marini 16e. Deux places indignes d’une équipe d’usine.
Certes, la Honda RC213V est difficile. Mais les attentes sont là. Quartararo, lui, a prouvé qu’il pouvait gagner sur une moto moins performante.
Les dirigeants japonais pèsent le pour et le contre. Mir et Marini sont-ils capables de se battre pour le podium en 2027 ? Ou faut-il miser sur la jeunesse (Alonso) ou l’expérience (un autre pilote) ?
Rien n’est encore décidé. Honda pourrait choisir de conserver ses deux pilotes, par manque de meilleure option. Alonso est encore jeune, et le saut en MotoGP est risqué.
Mir et Marini, malgré leurs défauts, connaissent la maison, les ingénieurs, les processus. Ils pourraient utilement seconder Quartararo.
Mais dans ce cas, il faudrait qu’ils acceptent un rôle de numéro 2. Ce que ni l’un ni l’autre ne semblent prêts à faire.
Joan Mir et Luca Marini ont choisi la transparence. Ils veulent rester chez Honda officiel. Ni l’un ni l’autre n’envisage un départ. Mais les dirigeants japonais ont-ils la même certitude ? Avec l’arrivée de Quartararo et les rumeurs Alonso, les places sont chères. Mir et Marini doivent convaincre, et vite. Leurs résultats plaident contre eux. Mais leur détermination, elle, est intacte. Le mercato 2027 réserve encore des surprises. D’ici là, ils courront pour sauver leur place. Et aussi pour sauver leur avenir.































