Le futur du MotoGP ne se joue plus en coulisses : il est déjà en piste. Et du côté de Ducati, on n’a clairement pas l’intention de subir la révolution technique de 2027. Lundi, sur le tracé du Circuit du Mugello, un nom a concentré toutes les attentions : Nicolo Bulega.
Fraîchement débarqué d’un week-end parfait à Balaton Park en Superbike — où il écrase littéralement la saison 2026 — l’Italien a enchaîné sans transition avec une mission autrement stratégique : faire parler la future Ducati version 2027.
Ce n’est plus un simple testeur de luxe. Nicolo Bulega est aujourd’hui au cœur du développement des prototypes 2027. Et à mesure qu’il accumule les kilomètres, une autre question s’impose : est-il en train de se fabriquer une place en MotoGP ?
Lui-même l’admet sans détour : ses chances sont “50/50”. Mais dans un paddock en pleine recomposition, chaque tour compte… et chaque donnée peut faire basculer une carrière.
Sur les 20 tours bouclés au Mugello, Bulega a signé une référence en 1’47’’2. Un temps à première vue modeste, surtout comparé à la pole signée par Marc Marquez en 2025 sur la Ducati GP25 : 1’44’’2.
Trois secondes d’écart. Brutal ? Pas vraiment. Car à ce stade, Ducati ne chasse pas le chrono. L’objectif est ailleurs : valider les bases, comprendre les nouvelles contraintes techniques, fiabiliser chaque élément avant d’attaquer la performance pure. En clair, ce que l’on voit aujourd’hui n’est qu’un brouillon.

Bulega 2027 vs Marc Marquez 2025 : Des chronos révélateurs… mais à manier avec précaution
Autour de Bulega, le casting n’avait rien d’anodin. Michele Pirro était présent pour Ducati, tandis que KTM alignait Dani Pedrosa et Jonas Folger. Même Honda aurait discrètement rejoint la séance.
Les écarts restent contenus : Pirro en 1’47’’6, Pedrosa en 1’48’’5, Folger en 1’49’’8. Rien d’explosif, mais suffisamment pour dessiner les premières tendances d’une nouvelle ère technique.
Ce que montrent ces chronos, c’est surtout une chose : la réglementation 2027 va ralentir les machines. Et ce n’est pas un accident.
Loris Capirossi, aujourd’hui en charge de la sécurité à la FIM, l’avait annoncé dès 2025 : une perte d’environ 2,5 secondes au tour. Pour l’instant, les chiffres lui donnent raison.
Mais là encore, prudence. Les motos sont encore à l’état de prototypes. Et l’histoire du MotoGP l’a prouvé mille fois : ce qui est lent aujourd’hui peut devenir redoutable demain.
Fait intéressant, les fans ne semblent pas s’émouvoir de cette baisse de performance. Au contraire. Le discours dominant est limpide : peu importe la vitesse pure, tant que le spectacle est là.
Et c’est peut-être là que se joue le véritable tournant de 2027.Moins d’aéro, moins d’assistance, plus de bagarre. Si cette promesse se concrétise, alors ces trois secondes perdues pourraient bien être le meilleur investissement de l’histoire récente du MotoGP.
Au milieu de tout ça, Nicolo Bulega avance ses pions. Discret mais efficace. Et surtout parfaitement placé au bon moment, dans une période où tout est en train de se redéfinir. Le genre de timing qui fait basculer une carrière.
Et si, au fond, le véritable message de ces essais n’était pas le chrono… mais le nom inscrit dessus ?
Nicolo Bulega a planté le décor. La Ducati 2027, plus lente de trois secondes que les motos actuelles, préfigure un MotoGP moins rapide mais peut-être plus spectaculaire. Les fans, souvent nostalgiques d’une époque révolue, applaudissent. Les constructeurs, eux, doivent s’adapter. La chasse aux chronos n’est plus la priorité. Désormais, c’est la maniabilité, la sécurité, et l’intensité des courses qui priment. Un nouveau monde s’ouvre. Et Loris Capirossi, visionnaire, était aux premières loges pour l’annoncer.
































