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Carlo Pernat

Le Grand Prix de Catalogne 2026 n’a pas seulement laissé des motos détruites, des pilotes hospitalisés et un paddock traumatisé. Il a aussi déclenché une véritable révolte verbale. Et cette fois, c’est Carlo Pernat qui a sorti l’artillerie lourde.

Dans une intervention extrêmement dure sur Fast By Prosecco DOC, l’ancien manager italien a littéralement pulvérisé le MotoGP moderne, estimant que le championnat traverse désormais une crise profonde de sécurité, de cohérence sportive… et même de crédibilité.

Dès le début, Pernat plante le décor : « Soyons honnêtes, discuter de la course seule n’est plus suffisant. » Une phrase terrible. Parce qu’elle résume exactement ce qu’a provoqué Barcelone : la course elle-même est presque devenue secondaire derrière le chaos général.

Certes, Fabio Di Giannantonio a signé une victoire magistrale. Certes, le spectacle était immense. Mais dans le paddock, personne n’est réellement sorti de Montmelò en parlant uniquement de sport.

Tout le monde parlait des drapeaux rouges, des blessures, des pénalités incompréhensibles, des redémarrages contestés, et surtout du sentiment grandissant que le MotoGP joue désormais dangereusement avec ses limites.

Pernat ne tourne pas autour du pot : « Cette course était une bombe à retardement. » Et selon lui, Barcelone était presque un accident annoncé. Le circuit catalan traîne depuis des années une réputation compliquée, notamment à cause de sa ligne droite gigantesque débouchant sur un premier virage extrêmement piégeux.

L’Italien réclame donc une modification radicale : « Nous devons avancer la ligne de départ d’au moins 200 à 300 mètres. » Pourquoi ? Parce qu’avec les MotoGP modernes, l’arrivée au premier freinage devient de plus en plus incontrôlable. Aérodynamique massive. Vitesse énorme. Freinages ultra tardifs.

Et désormais une agressivité permanente amplifiée par les sprints et la pression du spectacle. Pour Pernat, le MotoGP moderne crée lui-même les conditions du chaos. Et il ne s’arrête pas là.

Carlo Pernat

Carlo Pernat : « Barcelone a été un affichage flagrant d’amateurisme dans un sport pourtant professionnel »

Car après les accidents, c’est la direction de course qui prend ensuite les coups. Le vétéran italien démonte littéralement l’incohérence des sanctions. Il cite notamment le cas Ai Ogura.

« Comment Ogura peut-il être pénalisé pour une action que Raul Fernandez a réalisée sans conséquence ? »

Puis il lâche : « C’est un affichage flagrant d’amateurisme dans un sport pourtant professionnel. » Le mot “amateurisme” est extrêmement dur dans la bouche d’un homme qui connaît le paddock depuis des décennies. Mais ce qui semble le rendre encore plus furieux, ce sont les pénalités liées à la pression des pneus.

Et là encore, Barcelone a tourné à la confusion générale. Des positions modifiées des heures après l’arrivée. Des podiums remis en question. Des classements modifiés après les célébrations. Pernat explose : « C’est absurde de modifier les résultats des heures après le podium ! »

Puis cette phrase extrêmement forte : « Ce sport est censé être un concours de talent, pas une loterie. » Et au fond, beaucoup dans le paddock commencent à partager ce sentiment. Car entre les pressions pneumatiques, les drapeaux rouges, les procédures de restart, les pénalités variables, et les incidents mécaniques provoquant des conséquences énormes, le MotoGP donne parfois l’impression de naviguer dans une zone grise réglementaire permanente.

Pernat voit pourtant une opportunité de changement avec l’arrivée de Pirelli en 2027. Le manufacturier italien remplacera Michelin dans la nouvelle ère 850cc. Et selon lui, ce changement doit servir à repenser complètement le règlement technique et sportif.

Mais derrière tout cela, une inquiétude encore plus grande apparaît : celle de l’arrivée de Liberty Media. Car Pernat craint que la logique commerciale prenne progressivement le dessus sur les fondamentaux sportifs.

Avec déjà Miami dans les discussions, Adélaïde au calendrier, et des projets de circuits urbains toujours plus spectaculaires, le vétéran italien lance un avertissement extrêmement politique : « Ces contrats avec Liberty Media ne doivent pas seulement concerner l’argent. »

Puis cet appel presque militant adressé directement aux pilotes : « Vous n’êtes pas seulement des participants. Vous êtes l’épine dorsale du championnat. »

Autrement dit : Pernat appelle désormais les pilotes à s’unir pour défendre eux-mêmes leur sécurité et leur sport. Et après Barcelone, ce discours commence clairement à trouver un écho de plus en plus fort dans le paddock.

Car une chose semble désormais évidente : le MotoGP est peut-être en train d’entrer dans une période charnière de son histoire. Et Barcelone pourrait bien rester comme le week-end où tout le monde a compris qu’il fallait changer quelque chose.

Carlo Pernat dit tout haut ce que la majorité du paddock pense tout bas. Le MotoGP moderne est pris en étau entre une débauche technologique folle (des motos qui frôlent les 360 km/h) et un système de régulation totalement dépassé et bureaucratique.

Modifier un podium à cause d’un capteur de pression électronique ou punir un pilote de façon arbitraire tout en fermant les yeux sur l’action du voisin détruit la crédibilité de la discipline auprès du grand public. Alors que le business s’apprête à imposer des tracés urbains où les zones de dégagement seront encore plus réduites, l’appel de Carlo Pernat à la création d’un véritable syndicat des pilotes à poigne est la seule solution pour éviter que le show n’efface définitivement la vie et la sécurité des athlètes.

Carlo Pernat

 

 

 

 

 

 

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