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Loris Baz

Le cataclysme de Montmelò ne restera pas sans suite. Alors que le paddock panse ses plaies après un dimanche marqué par l’effroi, les langues commencent à se délier pour dénoncer la dangerosité chronique du circuit de Barcelone. Ainsi est-ce le cas de Loris Baz.

Interpellé sur les réseaux sociaux par le journaliste Simon Patterson après le deuxième départ chaotique, l’ancien pilote de MotoGP français Loris Baz a poussé un énorme coup de gueule. Pour lui, le tracé catalan souffre d’un défaut de conception majeur au niveau de sa ligne droite et de son premier freinage, mettant sciemment la vie des pilotes en danger.

Le MotoGP voulait offrir un spectacle. Il a surtout donné l’impression d’un sport qui flirtait dangereusement avec la catastrophe.

Au lendemain du Grand Prix de Catalogne, les débats ne portent presque plus sur la victoire de Fabio Di Giannantonio, pourtant héroïque au milieu du chaos, mais sur une question bien plus grave : jusqu’où le MotoGP peut-il continuer à repousser les limites avant qu’un drame irréversible ne survienne ?

Car Montmelò a laissé des images extrêmement lourdes. Le terrible accident entre Alex Marquez et Pedro Acosta a déjà provoqué un énorme choc dans le paddock, avec une Ducati transformée en projectile après un contact à très haute vitesse.

Puis le second départ a replongé le circuit dans le cauchemar. Cette fois, c’est Johann Zarco, Francesco Bagnaia et Luca Marini qui se sont retrouvés au sol dès le premier virage de la reprise, dans une scène qui a immédiatement ravivé les critiques autour de la configuration du circuit catalan.

Et pour Loris Baz, le problème n’est plus un hasard. L’ancien pilote MotoGP estime que Montmelò possède un vice structurel devenu impossible à ignorer.

« Premier virage à Barcelone… Il y a presque toujours un carambolage chaque année ! Je n’ai jamais compris pourquoi la grille de départ n’est pas plus proche du premier virage pour éviter d’arriver à 300 km/h. »

La remarque n’a rien d’anodin. Parce qu’effectivement, le premier freinage de Montmelò est devenu au fil des saisons une zone à très haut risque. Une immense ligne droite, des motos modernes capables d’atteindre des vitesses délirantes, puis un entonnoir brutal où vingt-deux pilotes tentent de survivre au même endroit au même moment.

Le problème est désormais systémique. Le souvenir du Grand Prix de Catalogne 2023 reste encore très présent dans les esprits, avec le crash massif ayant notamment blessé Bagnaia au pied après avoir été percuté au sol. Et en 2024 déjà, plusieurs incidents au départ avaient suscité des inquiétudes similaires.

Loris Baz

Le problème de Montmelò dénoncé par Loris Baz : Une piste de décollage qui mène au chaos

Cette fois, le paddock semble avoir atteint un point de rupture. Car ce qui choque peut-être le plus, ce n’est même plus uniquement la violence des accidents. C’est leur accumulation. En quelques heures seulement, Montmelò a offert : un drapeau rouge après le crash Marquez–Acosta ; un deuxième accident majeur dès la relance ; plusieurs pilotes blessés ; des motos incontrôlables traversant les dégagements ; et des pénalités absurdes de 16 secondes pour pression des pneus… alors que tout le monde parlait sécurité.

Et les fans l’ont immédiatement relevé. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont dénoncé la diffusion répétée des ralentis des accidents les plus violents, jugée presque voyeuriste par une partie du public. D’autres se demandent désormais si certaines configurations historiques restent compatibles avec les MotoGP modernes, devenues toujours plus rapides, plus lourdes aérodynamiquement et infiniment plus difficiles à éviter lorsqu’un incident survient au milieu du peloton.

Au fond, Montmelò expose peut-être le vrai dilemme du MotoGP moderne. Le championnat veut conserver ses circuits historiques. Mais les motos, elles, ne ressemblent plus du tout à celles pour lesquelles ces tracés avaient été pensés.

Les vitesses augmentent. Les freinages deviennent plus extrêmes. Les dépassements se jouent dans des fenêtres de plus en plus réduites. Et lorsqu’un problème survient — crevaison, électronique, perte de pression ou simple contact — tout peut basculer instantanément dans une violence incontrôlable.

Le plus inquiétant, finalement, est peut-être ailleurs. Parce qu’au lendemain d’un week-end pareil, personne ne parle réellement de révolution sécuritaire. On parle déjà de la prochaine course.

La victoire héroïque de Fabio Di Giannantonio est presque devenue un détail ce soir, et c’est bien là tout le drame. Le MotoGP quitte la Catalogne avec un sentiment de malaise généralisé. Entre la panne électronique d’Acosta qui a failli coûter la vie à Alex Marquez et le énième strike au Virage 1, la sécurité des pilotes a été gravement compromise.

La proposition sur X de Loris Baz d’avancer la grille de départ est une solution simple, peu coûteuse et immédiate que la FIM devrait étudier de toute urgence. Heureusement, le calendrier offre désormais deux semaines de trêve avant le prochain rendez-vous. Quatorze jours qui ne seront pas de trop pour que Dorna réponde aux questions brûlantes des pilotes et des fans. Le sport doit rester un spectacle, pas une roulette russe.

 

 

 

 

 

 

 

 

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