pub

Bastianini

Dans un paddock où les discours sont souvent calibrés autour des réglages, des données et de la performance, Enea Bastianini vient de livrer une confidence pour le moins inattendue. Le pilote italien de KTM Tech3 affirme entretenir une relation presque spirituelle avec ses motos, au point de leur parler lorsqu’il se retrouve seul dans son garage. Une vision qui peut surprendre, mais qui en dit beaucoup sur la manière dont « La Bête » vit son métier.

Pour Bastianini, une MotoGP ne se résume pas à un assemblage de carbone, d’aluminium et d’électronique. Le pilote italien est convaincu que chaque machine possède sa propre personnalité. « J’ai une relation spéciale avec les motos. Je ne les vois pas seulement comme des morceaux de fer. Je les vois comme ayant une âme. Chaque moto a une âme et quelque chose à dire. »

Une approche presque philosophique qui tranche avec l’image très rationnelle que renvoie habituellement le MotoGP moderne. Cette relation ne s’arrête pas à une simple sensation. Bastianini explique sur motorcyclesports qu’il lui arrive régulièrement de parler à sa moto avant de prendre la piste.

« Quand je suis seul avec ma moto, je lui parle beaucoup. J’essaie de lui transmettre une énergie positive, et elle me la renvoie. Quand on est en harmonie avec la moto, c’est comme une danse. Plus rien ne semble difficile. » Pour lui, la performance ne repose donc pas uniquement sur la technique ou les réglages, mais également sur une forme de connexion presque instinctive entre le pilote et sa machine.

Celui que le paddock surnomme « La Bête » assure pourtant être tout l’inverse en dehors des circuits. « En tant que personne, je suis très calme. J’aime une vie tranquille, aller pêcher et passer du temps avec mes amis. »

Mais une fois le casque enfilé, tout change. « Le pilote est complètement différent. Il devient beaucoup plus attentif aux détails et cherche en permanence ce qui peut être amélioré. » Cette capacité à changer de personnalité serait, selon lui, indispensable pour évoluer au plus haut niveau.

Bastianini

Pour Enea Bastianini le combat le plus difficile se joue parfois dans la tête

L’Italien reconnaît également que les dernières saisons n’ont pas toujours été simples. Après une année loin des résultats qu’il espérait, il admet avoir traversé une période psychologiquement compliquée.

« L’année dernière a été très difficile parce que je n’ai pas obtenu les résultats que j’attendais. Dans ces moments-là, il faut prendre soin de son mental. Il est facile de perdre confiance ou de perdre sa direction. » Bastianini explique avoir travaillé avec plusieurs spécialistes afin de retrouver l’état d’esprit qui lui avait permis de remporter ses premières victoires en MotoGP.

Malgré les difficultés rencontrées et son adaptation toujours en cours chez KTM Tech3, le pilote italien refuse de douter de son potentiel. Son raisonnement est simple. « Au fond de moi, je sais que je les ai déjà battus une fois. Si je l’ai fait une fois, je peux le refaire. Mon objectif reste le même : montrer que je suis le plus rapide. »

Derrière son calme apparent se cache un pilote profondément convaincu que la vitesse ne dépend pas uniquement du talent ou de la technique. Pour Bastianini, elle naît aussi d’une relation intime avec sa moto, presque impossible à expliquer… mais qu’il considère comme essentielle pour aller chercher la victoire.

Bastianini

 

Tous les articles sur les Pilotes : Enea Bastianini

Tous les articles sur les Teams : Red Bull KTM Tech3