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MotoGP pilote

Depuis le Grand Prix d’Italie, un pilote MotoGP bien connu des fans de Grands Prix des années 2010 a fait son retour dans les paddocks : Cal Crutchlow, outsider émérite, retrouve la catégorie reine pour le compte de LCR Honda. Bon, il n’est plus au niveau, c’est sûr, et ça fait pas mal parler. Les critiques sont-elles légitimes ? Analyse.

 

Un pilote MotoGP anachronique

 

En 2018, Cal Crutchlow avait vivement critiqué le pilote français Christophe Ponsson et son équipe Ducati Avintia, car la wild-card était beaucoup trop lente par rapport au reste. Vu que Cal revient à 40 ans, beaucoup lui rappellent cet épisode en comparant les deux cas. Bon, évidemment, Crutchlow est plus rapide que Ponsson à l’époque, il n’y a pas photo. Mais en un sens, je comprends que sa présence pose problème.

 

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Crutchlow est dans les tréfonds du classement, mais il progresse pas mal ces derniers temps. Il reste l’un des pilotes les plus marquants des années 2010. Photo : Michelin Motorsport

 

L’Anglais est fréquemment dernier ou avant-dernier des GP, et je doute grandement de la pertinence de sa présence pour Honda. Oui, il développait pour Yamaha il y a quelques années, mais, depuis, la YZR-M1 n’a pas progressé, et, c’était au début des années 2020. Pour remplacer Johann Zarco, on imagine que LCR Honda avait d’autres solutions, car revoir Crutchlow en 2026 est presque anachronique.

On comprend tous que Cecchinello a fait parler son cœur au moment de le rappeler, car Cal a fait les belles heures de la formation monégasque de 2015 à 2020. Mais à l’heure des grands débats autour des pilotes de réserve, ça soulève forcément des interrogations. Crutchlow, par sa seule présence, ne gâche-t-il pas un guidon pour une wild-card plus ambitieuse ? C’est plus compliqué que ça.

 

Trois solutions

 

Quand un pilote connaît une absence prolongée, trois solutions s’offrent à son équipe. La première, faire appel au développeur, et en l’occurrence, ils sont deux à pouvoir assumer le job au sein de la firme ailée. Takaaki Nakagami, d’une part, et Aleix Espargaro. Le problème, c’est que le nippon est pleinement concentré sur le développement de la 850cc Honda, et qu’Espargaro est toujours convalescent suite à une grosse chute à Sepang. Il fallait donc trouver quelqu’un d’externe.

Deux routes s’offraient à Cecchinello. Premièrement, faire tourner, en invoquant des pilotes, de Superbike, par exemple. C’est ce qu’avait fait Yamaha Tech3 en 2017, en remplacement de Jonas Folger. On avait eu droit à Kohta Nozane, Broc Parkes, ou encore Michael van der Mark au fil de la saison. Mais du coup, ça tombe mal, puisque les deux éléments de Honda en WSBK sont également diminués ; Jake Dixon et Somkiat Chantra ont tous deux subi de grosses blessures en début d’année.

Du coup, il ne restait plus qu’une solution : faire courir quelqu’un pendant toute l’absence de Zarco, car on savait qu’elle allait être longue. LCR Honda n’est pas l’équipe la plus riche, et Castrol, qui ne sponsorise que la RC213V d’un seul pilote (Moreira dépend directement du HRC), doit apparaître en tant que sponsor titre chez LCR. Il fallait donc trouver quelqu’un capable de tenir plusieurs Grands Prix, qui soit fiable, si possible, et qui ne baigne pas dans un environnement concurrent. Quand on comprend ça, on se rend compte que la piste Cal Crutchlow était beaucoup plus probable que d’autres !

 

MotoGP pilote

Il faut savoir que j’étais un grand fan de lui à l’époque Yamaha Tech3, mais son caractère à la fin de la décennie passée a changé. Phot : Michelin Motorsport

 

Qui d’autre aurait pu assumer ce rôle ? Je pense bien sûr à Stefan Bradl, qui connaît la RCV, mais lui non plus n’est pas actif. Au niveau résultats, je doute que ce fût bien plus pertinent. Hormis lui, je ne vois guère d’autre pilote capable ! J’exclus bien sûr le cas De Puniet, 42 ans, et, pour information, Lecuona roule désormais pour Ducati en Superbike et Xavi Vierge pour une équipe Yamaha. Jonathan Rea, présent et vainqueur aux 8 Heures de Suzuka pour la compte de la firme à l’aile dorée, aurait pu faire le job, mais il a 39 ans également.

Cecchinello aurait pu privilégier un pilote japonais, à l’image de Yuki Kunii ou la légende des 8 Heures de Suzuka Takumi Takahashi, 36 ans et ex wild-card en MotoGP. Mais j’ai l’impression que Lucio voulait se faire plaisir, sachant qu’avec les deux profils mentionnés, les résultats n’auraient pas été meilleurs. Après tout, entre la 10e et la 11e option, autant prendre celui qui fait le plus kiffer.

 

Conclusion

 

En un sens, je peux comprendre que certains reprochent ce choix sportivement peu pertinent. Mais au regard des disponibilités et du potentiel des pilotes mentionnés, Crutchlow n’est pas une solution aussi folle que ça, surtout qu’il a quand même testé la RCV 2026 à Misano pour s’assurer qu’il était en forme. Seulement, j’aurais aimé que ça tourne un peu pour nous faire découvrir un pilote de l’archipel nippon, plutôt que Cal monopolise ce guidon pendant six courses consécutives.

Comment vous positionnez-vous sur cette question ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Peut-être fallait-il explorer la piste Ryan Vickers, titulaire HRC en BSB et remplaçant des officiels en WSBK sur le début de saison. Photo : Instagram Ryan Vickers

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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