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« La Formule 1 n’existe que pour Dieu et l’argent. » C’est avec ses mots forts que Lewis Hamilton s’est exprimé au sujet de la situation qui tourne au vinaigre en Australie pour la Formule 1. Contrairement au MotoGP, elle a voulu passer en force et maintenir son ouverture de saison à Melbourne, ce week-end, malgré la pandémie du coronavirus. Mais la F1 n’est pas immunisée. Son paddock est maintenant touché, à tel point que McLaren, avec un personnel déclaré positif, a jeté l’éponge. Chez Hass, AlphaTauri, Williams et on dit aussi chez Ferrari, on avoue des cas suspects à vérifier. La catégorie risque de caler avant la moindre séance d’essais, et rester en quarantaine sur place !

La Formule 1 a-t-elle eu les yeux plus gros que le ventre, a-t-elle trop cru en sa bonne étoile ou a-t-elle été victime de l’accélération des événements ? Le risque de lancer la saison en Australie alors que le Covid-19 sévissait, mais seulement sous l’évaluation d’épidémie, était grand. Nous sommes maintenant face à une pandémie qui ferme les frontières et voit s’effondrer les places financières. Au drame sanitaire devrait suivre une crise économique et sociale…

Mais revenons à la Formule 1 installée en Australie. « Toutes les personnes qui ont été exposées devraient être placées en quarantaine », a précisé l’officier de la santé publique Brett Sutton à une station de radio locale. Une source dans le paddock de Melbourne a effectivement résumé : « si une autre mauvaise nouvelle arrive, le Grand Prix serait terminé », et peut-être même toute la saison 2020…

Mais ce n’est pas tout : en cas de propagation avérée du virus à l’intérieur du paddock de Formule 1, des usines entières pourraient être contraintes de fermer : « les ingénieurs pourraient travailler à domicile », explique un membre d’Alfa Romeo , « mais pour la production n’est pas possible ». Faire des prédictions, en ce moment, est très hasardeux : « nous surveillons la situation heure par heure, jour par jour, » a déclaré le directeur sportif de Renault. « Mais dans le pire des cas, nous nous attendons à ce que la saison se termine après deux courses. »

Les observateurs commencent à pointer du doigt la Fédération internationale de l’automobile et Liberty Media, les accusant de ne pas communiquer et de ne pas agir avec suffisamment de rapidité face à cette crise. Le syndicat des pilotes lui-même, la Grand Prix Drivers Association, serait inquiet et en colère, selon les rumeurs qui circulent.

« Le problème est grave », reconnaît le pilote de Red Bull, Alex Albon. Et le patron de Renault, Cyril Abiteboul , lui fait écho : « il faut faire très attention au message que l’on envoie, notre métier est d’être des modèles », a-t-il expliqué aux micros de Canal Plus. « Il faut trouver un équilibre entre une réponse appropriée et prudente et le principe que le spectacle doit continuer. Si vous n’êtes pas inquiet, cela signifie que vous vivez sur une autre planète. Il était inévitable que la Formule 1 soit impliquée dans le coronavirus. Évidemment, je veux courir, mais pas à n’importe quel prix. »

 

 

En Australie, il y a une protestation contre le Grand Prix. Un groupe de médecins locaux a proposé un boycott de la course, craignant que le rassemblement de 300 mille spectateurs attendus au cours du week-end n’accélère la propagation de la maladie. Le professeur Mary Louise McLaws, de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, a déclaré au journal Melbourne Age que les fans devraient regarder la course depuis chez eux, tandis que le professeur agrégé de l’Australian Victoria Medical Association, Julian Rait, a ajouté qu’elle conseillerait à sa famille et à ses patients de ne pas se présenter.

Hier, sur Twitter, le hashtag #CancelTheGrandPrix (c’est-à-dire « annuler le Grand Prix ») était en troisième position dans le classement des sujets tendances, et sur la plateforme Change.org une pétition a été lancée pour demander l’annulation de l’événement. Mais la dernière indication du gouvernement de l’État de Victoria, où se trouve Melbourne , est que la course peut continuer. Du moins pour l’instant.

Autant d’événements qui montrent qu’en MotoGP, si on n’est pas verni, on a au moins évité cette impasse dont les conséquences auraient été plus graves encore que celles connues aujourd’hui.