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Ducati n’a pas le monopole des nouvelles technologies en MotoGP. En 2011, Honda a introduit sur ses prototypes MotoGP la boite de vitesses dite « seamless ». Et depuis, tous les autres constructeurs ont adopté cette technologie. En quoi cette boite de vitesses est elle différente d’une boite de vitesses classique équipée d’un shifter ?

Alors qu’une boîte de vitesses classique désengage la vitesse utilisée lors d’un changement de rapport, la boîte dite seamless permet de changer de vitesse sans désengager le rapport en cours d’utilisation et donc d’éviter la courte rupture de la transmission du couple à chaque changement de rapport. Les changements de vitesses plus progressifs des boîtes seamless améliorent ainsi la stabilité des machines en effaçant les à-coups à l’accélération et confèrent aussi une meilleure efficacité au frein moteur en phase de décélération.

Boite de vitesses « classique »

Dans une transmission conventionnelle, un seul jeu de pignons peut être engagé à un instant donné. Parce qu’un seul engrenage peut être engagé à la fois et que les engrenages doivent glisser le long des arbres, il y a un temps fini pour chaque changement de vitesse pendant lequel le moteur ne peut délivrer de puissance à la roue. Ceci est possible mécaniquement en utilisant l’embrayage, ou grâce à un commutateur de changement de vitesse intégré dans la tringlerie de boite coupe l’allumage du moteur pendant un instant programmé : c’est le fameux shifter.

Si l’embrayage n’était pas utilisé ou si l’allumage n’était pas coupé, le moteur accélérerait fortement pendant ce neutre, ce qui risque d’endommager la boite de vitesses à long terme. Même avec un shifter, il y a une variation de vitesse du moteur pendant la période neutre.

 

 

La jauge de contrainte, un élément visible du shifter sur une moto

 

Ainsi, même avec shifter, il est nécessaire d’arrêter le mouvement de la transmission du moteur pour permettre aux pièces de la boite de vitesses de s’engager et de se désengager. Cette pause, au cours de laquelle l’embrayage se désengage et se réengage, provoque une secousse qui déstabilise la moto et entraîne une baisse d’efficacité : la moto bascule vers l’avant, puis la masse est transférée à l’arrière dès que la vitesse est engagée. Cela se ressent dans la suspension, et participe à l’usure prématurée des pneus.

Pire, si le pilote est sur l’angle, accélérant en sortie de virage, cette impulsion se poursuit sous la forme d’un léger basculement avant et arrière, ce qui fait varier les charges sur les deux pneus et réduit ainsi l’adhérence.

La boite « Seamless »

Le terme seamless est utilisé en raison de la capacité de cette boîte à passer d’un rapport à l’autre en douceur, sans la pause habituelle qui se produit lors du débrayage de l’embrayage : elle ne passe pas au neutre entre le débrayage de la première paire d’engrenages et l’engagement de la paire suivante. Ainsi, il n’y a pas de rupture de couple entre le moteur et la roue arrière lors du passage au rapport supérieur, et le temps de passage de rapport est réduit à sa valeur minimale possible (juste le temps pour l’électronique de gérer l’écart de régime moteur).

 

 

Une boite de vitesses Seamless : un concentré de technologie

D’un point de vue logique, le concept est simple : deux vitesses s’engrènent en même temps, avec un système qui permet le passage d’un rapport à l’autre. Il fonctionne à la fois en montée (première à sixième vitesse) et au rétrogradage (sixième à première). Il existe un dispositif mécanique qui déconnecte l’un des deux rapports dès que le rapport suivant commence à transmettre le couple. Pour vous donner une idée : la moto est en troisième, le pilote appuie sur le levier de vitesses pour passer en quatrième, mais en fait il ne met cette vitesse spécifique qu’en mode « présélectionné ». Le moteur reste en troisième, la quatrième étant présélectionnée, jusqu’à ce qu’un système complexe de mécanismes lui ordonne de passer à la vitesse suivante, qui est quatrième. Lorsque la boite transmet le couple, le troisième rapport est automatiquement désactivé.

 

 

L’ensemble moteur + boite Seamless

 

Dans la deuxième partie de cet article, nous aborderons l’explication plus technique du fonctionnement de la boite seamless, puis nous verrons quels sont les gains apportés au pilote, et enfin, son coût !

 

 

Le schéma complet d’une boite Seamless

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