pub

Comme beaucoup de ses collègues des Grands Prix en cette période de confinement, Fabio Quartararo se prête de temps en temps au jeu des interviews à distance.

Hier, c’était le cas avec Matteo Ballarin pour le sponsor WithU durant 45 minutes, soit largement suffisamment de temps pour faire un large tour d’horizon de l’actualité du Français et de découvrir quelques particularités du jeune homme jusqu’à présent insoupçonnées…

Tout d’abord interrogé sur le rythme soutenu qu’imposerait un championnat concentré sur la deuxième partie de l’année, Fabio Quartararo se montre très motivé : « si on pouvait avoir une course par jour jusqu’à décembre, je serais heureux ! Parce que, OK, ce serait physiquement difficile mais ce que j’adore, c’est courir, ressentir la moto, progresser et aller vite. Donc je pense que si on a une course par week-end, et même avec 20 courses en trois mois, je serai heureux. Cela fait maintenant trop longtemps que je suis chez moi, et honnêtement je me surprends moi-même car je suis vraiment une personne hyperactive. Je respecte complètement les règles et je reste chez moi, je m’entraîne chez moi et je ne sors pas. Je m’impressionne vraiment moi-même, et quand les choses vont s’ouvrir je conserverai des distances suffisantes pour être en sécurité. Mais quand je serai sur la moto, je serais comme une bête ! »

Grâce au travail d’Éric Mahé, El Diablo dispose cette année d’une moto d’usine et évoque la sensation qu’il a eue à son guidon lors des essais de début d’année : « honnêtement, c’était vraiment super car je savais que j’allais débuter la saison avec exactement la même moto que Maverick et Valentino. Lors du test, j’avais la moto 2020 mais le moteur n’était pas neuf, contrairement aux motos officielles. C’était l’accord avec Yamaha concernant le test : je n’avais pas du matériel neuf. Enfin, disons que j’avais du nouveau matériel mais avec un peu de kilomètres. Et avec ça j’ai eu un très bon rythme et je me suis vraiment senti très bien sur la moto, avec seulement cinq jours de test, alors que les pilotes officiels avaient déjà utilisé la moto 2020 lors du test à Misano. J’étais donc vraiment heureux de cette base et très impatient de débuter la saison. »

Le jeune niçois détaille comment il appréhende son responsable technique, Diego Gubellini, dont on sait par ailleurs qu’il essaiera de l’emmener avec lui chez Yamaha Factory en 2021 (voir ici) : « j’ai rencontré mon équipe en Autriche en 2018, et comme je vous l’ai dit, je suis un peu hyperactif. Or j’ai vu Diego qui était tellement calme et tellement tranquille. Waouh: ça allait être difficile pour moi d’être calme, d’être, pas comme lui mais de m’adapter… Mais au final, depuis le premier jour de test, je pense que tout le monde est devenu un élément d’une famille. On peut vraiment séparer le travail du reste, et dès que l’on a fini de travailler, on fait plein de plaisanteries, on rit ensemble, et c’est une bonne chose pour l’équipe. Je pense que je suis une personne très très différente des autres pilotes, car même sur la grille de départ, je n’aime pas être concentré. Sur la grille, j’ai besoin de parler. J’ai besoin de parler avec mon ami, avec mon manager, avec mon groupe, mais dès que je mets mon casque, je suis une autre personne. Et c’est comme ça depuis que je suis enfant et que j’ai cinq ou six ans : je faisais de la moto et dès que j’enlevais le casque, je jouais au football et je faisais du vélo, puis mon père m’appelait, je remettais le casque et j’étais complètement différent. C’est quelque chose qui n’a jamais changé. »

Interrogé sur l’origine du « check » que le numéro 20 fait avec son entourage à chaque fois qu’il va prendre la piste, celui-ci explique : « cela date de l’année dernière. Non, de deux ans. Depuis deux ans, je pense que c’est quelque chose qui est vraiment important pour les mécaniciens. Quand je fais un podium, je ne dis jamais « j’ai fait un podium ». Je dis « nous avons fait un podium » car si je suis seul sur la moto, je n’en fais pas la mécanique et je n’en fais pas les réglages. C’est grâce à l’aide de tout le monde et je pense donc que c’est quelque chose que tous les mécaniciens adorent : nous sommes ensemble et il suffit de voir les émotions de l’équipe ! Donc dès que je sors du box, je « checke » avec tout le monde. C’est quelque chose de vraiment cool et ce que j’aime vraiment, c’est que tout le monde est avec moi au guidon de la moto. C’est quelque chose que j’aime vraiment ! »

En italien, Matteo Ballarin demande au pilote Petronas s’il aimerait essayer la Ducati. La réponse est assez amusante : « par curiosité, si je pouvais essayer toutes les motos, ce serait vraiment beau, mais en vrai, ce serait seulement pour améliorer la Yamaha (rires). Mais la chose qui doit être impressionnante sur la Ducati, cela doit être la vitesse de pointe, car on a vu cette année qu’ils ont encore fait un pas en avant. »

Fabio Quartararo informe ensuite qu’il disposera exactement de la même moto que Maverick Viñales et Valentino Rossi au début de la saison actuelle, et que si ces derniers reçoivent des évolutions en cours d’année, lui-même en disposera, une, deux ou trois courses plus tard.

Un petit peu surpris de la qualité de l’italien parlé par le Français, son interlocuteur l’interroge à ce sujet tout en faisant remarquer que le nom de famille Quartararo possède des consonances transalpines. « D’origine sicilienne » précise le Rookie of the Year 2019.

Matteo Ballarin lui demande alors de quels pilotes des trois catégories il se sent le plus proche : Tony Arbolino en Moto3, qu’il connaît depuis une dizaine d’années, puis Marcel Schrötter en Moto2 et avec lequel il s’entraîne souvent en Espagne, et Jack Miller en MotoGP, avec lequel il a fait un stage d’entraînement en Californie durant l’hiver 2018/2019. Une expérience qu’il aimerait recommencer l’hiver prochain, si le coronavirus le permet.

Fabio a publié récemment une photo de lui, âgé de, en compagnie de Valentino Rossi…

« (Pour moi) ce n’était déjà pas pilote comme les autres. Je ne dirais pas que c’est grâce à lui que je suis en MotoGP, mais honnêtement, il m’a donné la motivation, lorsque j’étais enfant, de me dire « waouh, je veux être comme lui ». Le voir gagner en MotoGP et l’image qu’il avait m’ont rendu heureux. Quand il gagnait, c’était comme si je gagnais ! Quand il courait et même si j’étais un enfant, j’étais très nerveux et très stressé, même plus que pour moi. Aujourd’hui, c’est incroyable, avant tout d’avoir une relation avec lui et de pouvoir parler avec lui. Nous avons parlé ensemble, nous avons la même moto, et l’année prochaine je vais passer dans le team. Honnêtement, je ne réalise pas que je cours avec lui et que l’année prochaine je vais, entre guillemets, prendre sa place. Sa moto ! C’est quelque chose… »
« J’espère recevoir plus d’amour que de haine (des fans italiens) et j’espère vraiment (qu’il sera chez Petronas) car si Valentino pouvait continuer à courir jusqu’à 65 ans, je serai heureux ! »
« En Autriche, j’étais troisième et il était quatrième. A chaque fois que je passais sur la ligne d’arrivée, mon mécanicien m’indiquait qu’il était derrière moi et que je créais l’écart. Waouh ! Essayer de créer un écart sur Valentino alors qu’il y a peut-être 12 ans j’attendais dans son hospitalité pour avoir une photo de lui… »
« Je cours avec lui et il n’y a pas de mots pour décrire cette sensation. »

Nous retenons encore que Fabio Quartararo adorerait essayer une Formule 1, au vu de leurs performances en virage dont seule une courbe à Misano permet de se faire une lointaine idée en MotoGP.

Enfin, celui qui a fait six pole positions dès sa première année en catégorie reine conclut en racontant une anecdote amusante au sujet des montres de marque qu’il gagne quand il fait le meilleur temps en qualification.
Il a gardé la première pour lui, il a donné la deuxième à son agent Éric Mahé, la troisième à son meilleur ami Tom Maubant, la quatrième à Razlan Razali, la cinquième à Johan Stigfield. Pour la sixième, acquise à Valencia en 2019, il a organisé un concours pour toutes les personnes de son équipe avant de remettre à l’heureux élu une montre horrible pour voir sa réaction… Évidemment, ce dernier a reçu la vraie montre, une fois les éclats de rire dissipés.

Au final, bien que s’agissant d’un exercice réalisé pour le sponsor, cet entretien s’avère vraiment intéressant, Fabio Quartararo s’y livrant de façon aussi naturelle que franche. Vous êtes prévenus : lors de la première course, il y aura une bête sur une Yamaha YZR-M1 !

Tous les articles sur les Pilotes : Fabio Quartararo

Tous les articles sur les Teams : Petronas Yamaha Sepang Racing Team