La période d’observation est terminée pour Jorge Lorenzo. Les commentaires qui ont fusé en Argentine après la prestation du Qatar ont signifié que Honda voulait à présent des résultats plus en phase avec le standing de sa recrue. Les blessures sont en passe d’être un mauvais souvenir si bien qu’il est temps de se mettre au travail sur la RC213V vers laquelle il faudra faire la moitié du chemin pour la dompter. Ce qui veut dire changer, encore, son style de pilotage pour un Por Fuera qui avait déjà dû revoir ses gammes en quittant Yamaha pour Ducati.

La feuille de route est ainsi tracée entre le Majorquin et le HRC. Difficulté supplémentaire : Elle devra commencer à se décliner sur une piste d’Austin qui est loin d’être parmi les favorites du pilote : « c’est une bonne piste pour Honda, mais pas tellement pour mon style de pilotage, c’est une combinaison de plusieurs choses. Je n’aime pas les pistes qui offrent peu d’adhérence, et probablement je ne suis pas non plus le meilleur freineur. C’est dans doute pour ça que je n’ai pas encore gagné ici » avoue celui qui ne compte que deux podiums au Texas, acquis en 2013 et 2016 sur la Yamaha.

Cependant, Jorge Lorenzo ne veut pas se faire plaindre : « je n’ai pas encore le niveau pour rivaliser avec Marc et Cal et il me faut plus de kilomètres pour comprendre certaines choses qui m’aideront à être plus rapide. Marc a ses pistes préférées, mais même sur les pistes qu’il n’aime pas, il se bat, il peut jouer la victoire », déclare Lorenzo à propos de son compatriote et coéquipier. « Et sur ses pistes préférées, il gagne actuellement avec une bonne marge ».

Sur ses difficultés, il explique : « la conduite de la Honda est théoriquement meilleure qu’une Ducati et son agilité en entrée de virage est très bonne, vous pouvez freiner très tard, virer très vite dans les virages et elle se comporte très bien. C’est un peu comme en motocross, mais ce n’est pas ma technique. Nous perdons un peu de traction mécanique, mais pas trop, car notre moteur est très puissant pour le moment ».

Ce constat fait, il ajoute : « je suis plus droit sur la moto, ce qui m’oblige à freiner trop longtemps et trop quand je suis près du virage alors que je peux entrer beaucoup plus fort. Nous allons essayer de changer ça lors des prochaines courses. Pour 90%, je dois m’habituer à la moto. La Honda de cette année est déjà une bonne base, elle est très compétitive. Nous avons un bon moteur, alors je change lentement de petites choses dans mon pilotage et quelques détails sur la moto, mais je dois m’adapter à la moto ».

Une adaptation qui demandera du temps, un temps qui manque toujours à ce niveau de la compétition, un sort partagé par Johann Zarco qui souffre aussi sur la KTM… Alors, comme le Français, le Majorquin insiste sur le fait de garder ses nerfs : « il n’est pas judicieux d’aller au-delà des ses limites et de risquer ainsi la chute. Ce serait une erreur. Il faut attendre un meilleur moment. Il faut bien sûr tout donner sur la piste, mais être aussi conscient de ses limites. J’ai besoin d’un processus d’adaptation avec la Honda et des pistes plus favorables m’aideront ».

Questionné sur le fait qu’il semblait partir battu avant même les premiers tours de roues à Austin, Lorenzo a réagi : « je ne commence pas ce weekend en pensant qu’il est impossible de se battre pour le podium ou la victoire, sinon je ne serais pas pilote et encore moins Champion du Monde ».

Il termine sur sa forme physique : « je me sens bien physiquement, mon scaphoïde s’améliore, et je pense que ce ne sera pas un problème pour piloter. La côte fissurée est complètement guérie ». C’est déjà ça !



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