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Carlo Pernat ne mâche plus ses mots. Après le chaos du Grand Prix de Hongrie, marqué par une nouvelle collision dramatique au premier virage, l’ancien manager et observateur historique du MotoGP a poussé un véritable coup de gueule. Pour lui, la coupe est pleine, et le championnat est en train de déraper dangereusement.

Le spectaculaire carambolage provoqué par Jorge Martin au premier virage du Grand Prix de Hongrie n’a pas seulement relancé le débat sur la sécurité. Il a aussi ravivé une question beaucoup plus profonde. Le MotoGP est-il en train de devenir victime de son propre modèle économique ? C’est en tout cas ce que pense Carlo Pernat. Et l’ancien manager italien n’a pas choisi ses mots. « Le championnat devient vraiment très dangereux ».

Pour Pernat, l’accident de Balaton Park n’est pas un simple fait de course. C’est un signal d’alarme. « Le Championnat du Monde MotoGP devient vraiment très dangereux », a-t-il déclaré. L’Italien estime que le problème dépasse largement l’erreur commise par Jorge Martin. « Tout a commencé par une manœuvre insensée de Martin à l’entrée du virage. Je compatis. Mais je vois que les autres pilotes, à commencer par Di Giannantonio, ont aussi commencé à dire les choses telles qu’elles sont : nous devons être extrêmement prudents. »

Et le constat est sans appel : « Un risque réel a été pris ici, encore plus grave qu’à Barcelone. Heureusement, personne n’a été blessé, mais il est impératif d’intervenir. »

Pour Carlo Pernat, les pilotes sont véritablement torturés

Pernat ne cherche pas uniquement à désigner un responsable. Selon lui, le problème est devenu structurel. L’erreur de Jorge Martin a certes eu des conséquences catastrophiques. « L’erreur de Martin a complètement anéanti Aprilia. » Mais la question centrale est ailleurs. Pourquoi les pilotes prennent-ils autant de risques dès le premier virage ?

Depuis plusieurs années, Pernat réclame une réaction collective des pilotes. Et il estime que le moment est venu. « Il faut agir. » Puis il ajoute une phrase particulièrement forte : « Les pilotes doivent se réveiller. Je le répète pour la énième fois. Ils doivent se regrouper, car ils sont véritablement torturés. Ce sont eux qui sont en course. »

Le message est clair. Pour lui, les pilotes devraient disposer d’une voix beaucoup plus forte dans les décisions qui concernent directement leur sécurité.

Mais la critique la plus sévère concerne le format actuel du championnat. Depuis l’introduction des courses Sprint, chaque week-end offre désormais deux départs. Deux occasions supplémentaires de marquer des points. Deux occasions supplémentaires de prendre des risques. Et surtout deux occasions supplémentaires de se blesser.

Pernat ne cache pas son hostilité : « Le problème principal, à mon avis, ce sont les courses Sprint. » Puis vient la phrase qui résume sa pensée : « On ne peut pas avoir 44 Grands Prix. » Le raisonnement est simple. Plus de courses signifie davantage de spectacle. Davantage de spectacle signifie davantage d’audience. Davantage d’audience signifie davantage de revenus.

Mais à partir de quel moment la logique commerciale entre-t-elle en conflit avec la sécurité sportive ? Pernat prend même la Formule 1 comme exemple. « La Formule 1, qui s’y connaît peut-être mieux en affaires que nous, n’a que six courses Sprint. Y a-t-il une raison à cela ? »

La comparaison est difficile à ignorer. Alors que le MotoGP propose un Sprint à chaque Grand Prix, la F1 a volontairement limité leur nombre.

L’accident de Barcelone avait déjà provoqué une onde de choc. Celui de Hongrie pourrait avoir un impact encore plus important. Car pour la première fois, plusieurs pilotes, des managers et des observateurs influents commencent à relier directement la multiplication des départs, la pression du résultat et l’augmentation des risques.

La question n’est plus seulement de savoir si Jorge Martin méritait une sanction. La vraie question est peut-être de savoir si le MotoGP moderne pousse progressivement ses pilotes à évoluer toujours plus près de la limite. Et lorsqu’on écoute Carlo Pernat, cette limite semble aujourd’hui dangereusement proche.

Carlo Pernat

 

 

 

 

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