Moto GP
Publié le 27 juillet 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Honda a mis la main sur un crack, mais faut-il s’emballer ?

David Alonso est un crack, ça ne fait aucun doute. Alors qu’il a été signé par Honda pour 2027, il faut quand même clarifier la situation.

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David Alonso sera pilote MotoGP l’année prochaine ; même ceux qui ne suivent pas les catégories inférieures ont forcément entendu parler de ce crack, alors, qu’en espérer ? Je suis personnellement satisfait de sa montée, mais je trouve que les attentes le concernant sont un poil élevées. Je m’explique.

 

Un crack, mais en Moto3

 

Le monde a découvert David Alonso lors de la saison 2023, lorsqu’il évoluait encore sur une GasGas en Moto3. Très rapidement, le rookie colombien né à Madrid s’est illustré, avec quatre victoires dès sa première titularisation. Puis, en 2024, ce fut l’explosion. Alonso a remporté 14 courses, battant ainsi tous les records établis à l’époque moderne, et devenant, pour beaucoup, un crack de la trempe de Marc Marquez ou de Pedro Acosta. Mais c’est un peu plus compliqué que ça.

 

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Ce mec est fascinant. Photo : Aspar Team

 

Depuis la dernière décennie, une race de pilote émerge : les spécialistes du Moto3. Vu que les motos utilisées en formules de promotions sont similaires aux machines de Grands Prix, les jeunes arrivent de plus en plus affûtés en mondial. Se succèdent ainsi des génies rapides instantanément après avoir brillé en MotoGP Red Bull Rookies Cup ou en FIM JuniorGP. Pedro Acosta, David Alonso, Angel Piqueras, José Antonio Rueda, Alvaro Carpe et maintenant Maximo Quiles. Chaque année, on a l’impression de découvrir un phénomène. Alors, parfois, ça fonctionne, mais d’autres, beaucoup moins. Du coup, quel est le facteur différenciant ? La montée en Moto2.

C’est le juge de paix, la transition la plus difficile dans la carrière d’un pilote avec le format actuel 250cc – 765cc – 1000cc. Des champions Moto3 s’y sont cassé les dents ; où sont passés Lorenzo Dalla Porta, Jaume Masia, et d’autres ? En 2024, j’ai chaleureusement félicité David Alonso pour son effort surhumain, mais je savais qu’il fallait attendre ce passage pour savoir si, oui ou non, on avait affaire à un monstre.

Et ça a marché, mais pas de la manière attendue. Je crois qu’au début de l’année 2025, je l’avais carrément pronostiqué champion du monde Moto2 ; une fois de plus, je me suis enflammé. Il n’a pas déçu, non, mais n’a pas été transcendant même après son retour de blessure, n’a pas été statistiquement exceptionnel au premier sens du terme. C’était mieux sur la fin, et il s’est tout de même imposé, mais avec pas mal de chutes. Incroyable, mais vrai : Daniel Holgado, vice-champion Moto2 2024 décroché, était carrément devant lui au classement des rookies ! Le Colombien a terminé son premier exercice en Moto2 à la 9e place. Et c’est là qu’interviennent mes réserves.

Avec cette entrée en matière en Moto2, Alonso n’était plus dans la classe de Marc Marquez et de Pedro Acosta, qui, eux deux, pouvaient encore être comparés après leur premier exercice en catégorie intermédiaire. J’irai même plus loin ; il n’a pas fait mieux que Maverick Vinales ou Brad Binder, qui, eux aussi, étaient considérés comme de très forts prospects en classes inférieures, mais un ton en dessous du tandem Marquez/Acosta. Et sa deuxième saison confirme ce constat. David Alonso est actuellement quatrième du général, mais déjà à 79,5 points du leader Manuel Gonzalez, qui, justement, n’a rien d’un phénomène d’après les dires de Pit Beirer, qui lui préfère Senna Agius.

 

Des équipes similaires

 

Petit point pour réfuter un possible contre-argument : les équipes dans lesquelles ont évolué les pilotes susnommés. Oui, Marc Marquez avait avec lui une armée dès 2011. Oui, Ajo a sans doute tout donné pour faire réussir Acosta en 2022. C’étaient effectivement des machines parfaitement huilées, mais attention à ne pas sous-estimer Jorge Martinez « Aspar », et c’est justement l’une de mes interrogations.

 

 

Aspar, comme Ajo d’ailleurs, a un don pour gagner. Ainsi, dans l’histoire, et je ne dis pas que ce sera le cas d’Alonso, certains pilotes ont bénéficié de cet avantage, mais l’ont totalement perdu par la suite. La structure est tellement forte qu’elle prend le pas sur la performance des pilotes. Talmacsi, Simon, Arenas, Garcia n’ont jamais été aussi forts que lorsqu’ils évoluaient pour Aspar.

Ce que je veux dire par là, c’est que David Alonso est bon, même excellent, mais gardons les pieds sur terre. Enfin, je parle surtout de ce qu’il se passe en piste, mais ça n’est pas le seul endroit où Alonso brille.

 

Le bilan de la signature

 

Le HRC a eu raison de le signer. En plus d’avoir un très bon élément, également courtisé par Ducati d’ailleurs, Honda fait venir l’un des pilotes les plus marquants. Alonso sait célébrer ses victoires, faire parler de lui. Sa nationalité colombienne, même s’il est né à Madrid, le rend porteur d’un marché intéressant et pour l’instant inexploité. Ceux qui l’ont vu évoluer en Moto3 s’en rappellent : ce type est époustouflant, il a une belle gueule, et à seulement 20 ans, semble avoir pleine conscience de son potentiel marketing – une qualité, que l’on s’entende – et sportif. Forcément, il fallait mettre la main dessus.

Alonso, de son côté, a eu raison de prendre cette opportunité. Honda jouit encore du statut de marque légendaire malgré les déboires depuis 2020, et la nouvelle réglementation peut tout à fait voir émerger la firme ailée. Le Colombien s’assure une place dans une écurie ambitieuse, qui remonte. À l’heure où j’écris ces lignes, on ne sait pas s’il sera aux côtés de Johann Zarco, chez LCR, ou plutôt avec Quartararo au sein de l’équipe d’usine. Je l’enverrai personnellement dans le grand bain directement, comme Marc Marquez à l’époque, pour le responsabiliser d’entrée et lui faire comprendre qu’il est le futur de la marque. Ça a marché pour Pedrosa, Lorenzo, et Marquez alors pourquoi pas pour Alonso ? Quoi qu’il en soit, il héritera d’une moto d’usine identique à celle de Quartararo. Et je crois que peu importe où il évoluera, il pourra inquiéter ses collègues d’entrée, il faut s’en méfier.

Allez, pour répondre au titre de l’article : oui, je m’emballe ! J’ai envie de croire en lui. Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de cette signature, dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

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Pensez-vous qu’il puisse s’illustrer d’entrée ? Photo : Aspar Team

 

Photo de couverture : Aspar Team