F1
Publié le 27 juillet 2026 • 02:45 par Oléna Champlain

F1 – GP de Hongrie – Mercedes les accumule : moteur neuf, départ fantôme… Russell encore sacrifié

 Mercedes reconnaît avoir ruiné le départ de Russell en Hongrie. Malgré une remontée en 7ème position, les erreurs techniques s’accumulent.

Une fuite d’eau en qualifications, un moteur Mercedes remplacé dans la nuit, puis une monoplace devenue sourde à l’accélérateur au moment du départ : Mercedes a offert à George Russell un nouveau chapitre de sa saison maudite en Hongrie. Le Britannique a sauvé une septième place presque héroïque, pendant que Toto Wolff reconnaissait une évidence devenue embarrassante : l’équipe commet beaucoup trop d’erreurs.

 

Chez Mercedes, le moteur neuf avait déjà envie de vacances

George Russell devait s’élancer sixième au Hungaroring avec l’espoir de limiter les dégâts face à Kimi Antonelli. Quelques secondes avant l’extinction des feux, sa Mercedes a pourtant décidé de réinterpréter librement les commandes de son pilote.

Alors que Russell maintenait normalement le régime moteur, les tours ont brusquement grimpé sans raison apparente. Le Britannique a relâché l’accélérateur, le système anti-calage s’est déclenché et la W17 s’est extirpée de son emplacement avec l’enthousiasme d’un caddie dont une roue serait bloquée. Sixième sur la grille, Russell s’est retrouvé au fond du peloton dès le premier virage.

Le plus savoureux, ou le plus inquiétant, est que le bloc propulseur venait précisément d’être changé. La veille, Mercedes avait détecté une perte de pression d’eau après la dernière tentative de Russell en Q3. Une fissure avait provoqué une fuite, obligeant l’écurie à monter son quatrième moteur de la saison, sans pénalité sur la grille. La réparation censée sécuriser le dimanche a donc accouché d’un problème différent au moment le plus critique.  Chez Mercedes, on ne résout apparemment plus les pannes : on les renouvelle.

L’accélérateur accélère, sauf quand Russell le lui demande

Les premières explications radio ont brièvement laissé planer un doute sur la procédure du pilote. Russell aurait légèrement relâché l’embrayage et coupé les gaz à haut régime. Une hypothèse pratique : lorsque la voiture ne part pas, commencer par regarder celui qui tient le volant.

Les données ont toutefois rapidement innocenté le Britannique. Selon Toto Wolff, Russell n’avait appliqué qu’environ 10 % d’accélérateur lorsque le moteur est soudainement monté au régime maximal. Le pilote a alors levé le pied et la voiture s’est étouffée.

Russell a décrit une scène pour le moins préoccupante :

« Le moteur ne réagissait pas à l’accélérateur. »

À quatre secondes du départ, le régime s’est mis à fluctuer tandis que ses corrections sur la pédale ne produisaient plus l’effet attendu. Une fonctionnalité originale pour une Formule 1 lancée dans une lutte pour les deux championnats.

Wolff reconnaît la faute… encore une fois

Toto Wolff n’a pas tenté de transformer l’incident en « problème opérationnel complexe » ou en mystérieuse anomalie impossible à anticiper. Le patron de Mercedes a reconnu que la responsabilité appartenait entièrement à l’équipe :

« C’était entièrement notre faute. Ce n’est pas assez bon. »

Il a également admis que Russell avait déjà subi beaucoup trop de problèmes de ce type. Une franchise appréciable, mais qui commence à ressembler à une bande-son répétée après chaque nouvel incident.

Car Budapest n’est pas un accident isolé. À Spa, Russell avait été ralenti par un défaut de calibration profondément enfoui dans le logiciel du groupe propulseur. Mercedes assurait avoir identifié et corrigé ce bug avant la Hongrie. Puis une fuite d’eau est apparue en qualifications. Puis le nouveau moteur a perdu le sens de la pédale d’accélérateur au départ.

Le département fiabilité de Brackley paraît appliquer une méthode simple : régler le problème du week-end précédent tout en préparant discrètement celui du suivant.

Russell transforme le naufrage en démonstration

Une fois sa course ruinée, Russell a fait ce que Mercedes lui demande régulièrement cette saison : réparer en piste ce que l’équipe a cassé dans le garage.

Sur un Hungaroring où les dépassements sont réputés difficiles, le Britannique a traversé le trafic pour revenir dans les points dès le 17e tour. Il a notamment dépassé Bottas, Albon, Sainz, Bearman, Alonso, Colapinto, Bortoleto, Ocon, Gasly et Hülkenberg, avant de remonter jusqu’à la septième place.

Il a finalement terminé à un peu plus de deux secondes d’Isack Hadjar. Sans cette panne au départ, la lutte pour le podium semblait donc crédible, d’autant que le rythme de course de la Mercedes était nettement meilleur que son niveau affiché en qualifications.

Russell a parfaitement résumé le paradoxe : la vitesse était présente, mais le résultat avait été détruit par un nouvel incident technique. Sa remontée prouve que le pilote n’avait rien oublié. La voiture, en revanche, avait momentanément oublié comment démarrer.

Le championnat de Russell part en fumée… sans incendie cette fois

Le coût dépasse largement les six points sauvés à Budapest. Pendant que Russell reconstruisait sa course depuis l’arrière, Antonelli montait sur la troisième marche du podium et renforçait son avance au championnat. Après onze manches, le Britannique accuse désormais 59 points de retard sur son coéquipier.

Russell reconnaît être désormais « au-delà de la déception ». Il évoque une accumulation devenue presque incroyable et assure n’avoir jamais connu une saison aussi chaotique au cours de sa carrière. La frustration est logique : entre les pannes, les problèmes logiciels et les incidents indépendants de sa volonté, chaque occasion de réduire l’écart semble accompagnée d’un nouveau piège.

Mercedes mène encore les deux championnats avant la pause estivale. Voilà le paradoxe qui protège pour l’instant l’écurie d’une crise plus ouverte. Mais une équipe peut dominer le classement tout en sabotant progressivement l’un de ses propres prétendants au titre.

À Budapest, George Russell n’a pas raté son départ. Mercedes l’a raté pour lui.

Et lorsque Toto Wolff affirme que l’équipe doit cesser de commettre autant d’erreurs, le constat est juste. Il arrive simplement après une fuite, un moteur changé et une monoplace qui n’obéissait plus à son pilote. Même pour Mercedes, cela commence à faire beaucoup pour un seul week-end.