Jérémy a vécu un grand moment en septembre dernier en remportant le Championnat de France Superbike sur Kawasaki Tech Solution avec 37 points d’avance sur Kenny Foray (BMW Tecmas), champion en titre. C’était une consolation pour la septième place obtenue la semaine précédente au Bol d’Or, en raison d’un capteur défectueux alors qu’il était en tête avec 4 tours d’avance, sur la Kawasaki SRC avec David Checa et Randy de Puniet.

Les 24 Heures qui viennent de se dérouler le week-end dernier ont par contre été un triomphe pour Kawasaki qui a remporté sur le circuit Bugatti la 14ème victoire de son histoire, un magnifique record ! Jérémy Guarnoni, Erwan Nigon et David Checa ont été impériaux pendant les deux tours d’horloge, même si les circonstances ne furent pas toujours idéales.

Jérémy, ces 24H ont été très disputées, et le spectacle magnifique. Quels ont été pour toi les moments les plus difficiles, et les plus satisfaisants ?

« Ça a été serré. On a été très près du record, mais il y a eu une intervention des safety car tout en fin de course. Il y avait trois machines dans le même tour, ce qui n’arrive pas souvent. Ça a été dur, comme d’habitude, pendant la fin de la nuit et le matin. C’est essentiellement là que, fréquemment, on charge le plus.

« Après, tout s’est bien déroulé pour nous. On a eu juste un peu les boules au niveau des safety cars parce qu’à chaque fois ça a été à notre désavantage. On a perdu pratiquement un tour et demi à cause de ça, donc ça nous a un peu découragé. On s’est dit qu’on n’avait pas de chance. A chaque fois qu’on poussait et qu’on faisait des temps, on les perdait en deux minutes ! Donc ça a été un peu dur mais on a réussi mentalement à tenir le choc ».

En roulant avec les autres, as-tu pensé que la Kawasaki SRC préparée par Gilles Stafler et chaussée de Pirelli était le meilleur choix ?

« Je ne sais pas exactement. Je pense que oui. Maintenant, déjà lors des essais pré-Mans on avait de bons retours. La moto par rapport à l’an dernier a bien progressé, notamment au niveau des pneus. Il y a eu un gros step effectué par Pirelli qui a changé de dimensions. Depuis l’an dernier en Superbike on roule avec de plus gros pneus, qui conviennent très bien à l’endurance. Ils avaient été développés à l’origine avec la BMW.

« J’ai été surpris que la moto fonctionne aussi bien, car une machine comme la FCC (Honda) est souvent beaucoup plus performante que la nôtre sur les courses de 8 heures. Mais finalement c’est nous qui avions le meilleur package pour faire les meilleurs chronos. Pas sur un tour, mais sur l’ensemble d’un relais ».

Jérémy, à l’issue de la 8e heure, vous avez marqué les 10 points de bonus du classement intermédiaire, puis les 10 autres de la 16e heure de course. C’était bon signe pour les 24 H, mais aussi pour rattraper les points perdus au Bol d’Or ?

« Oui, d’autant plus qu’on n’avait pas trop le choix. Si on voulait jouer le titre, ou au moins en être proche, il nous fallait absolument marquer des points. On espérait marquer 5 points en qualif, mais ça n’a pas été le cas. Donc pour marquer des points par la suite, il fallait pousser dès le début ».

Vous avez subi trois safety cars défavorables, puis une quatrième terrible à quelques minutes de l’arrivée, alors que tu étais séparé sur ta Kawasaki de deux secondes de la Honda de Yonny Hernandez ! Ça a été chaud ?

« J’ai eu l’impression qu’on allait être maudits ! A chaque fois que la safety car sortait, on y avait droit. On a eu peur qu’avec l’intervention de la dernière safety car, la course soit neutralisée et que l’arrivée se déroule sous safety.

« Mais les commissaires et la Direction de course ont fait un travail fantastique et extraordinaire pour permettre à la course de se terminer dans de bonnes conditions. Pour le spectacle, on ne pouvait pas terminer des 24 Heures sous safety. Je pense que tout le monde voulait que la course reparte et se termine de manière sportive. Les commissaires et la Direction de course ont très bien travaillé et ils ont remis la piste en état rapidement ».

Grâce à cette victoire aux 24H, vous occupez la première place au classement provisoire du Championnat du Monde d’endurance avec 102 points contre 86 pour Suzuki. Vous êtes maintenant prêts à jouer le titre ?

« Oui, nous sommes prêts à jouer le titre parce que gagner une course de 24 heures et les classements intermédiaires marque beaucoup de points. L’objectif maintenant va être de faire un bon résultat ».

« On ne va pas dire qu’on gère, parce qu’en endurance on ne gère jamais. Il faut plutôt la jouer course par course. Et si ça se passe bien en Slovaquie et à Oschersleben, on aura peut-être l’opportunité d’aller à Suzuka. Pour le moment, nous ne sommes pas sûrs d’y aller car cette décision n’a pas été validée par Kawasaki France. On regarde donc les choses courses par course, puis on comptera les points après Oschersleben ».

Tu avais remporté avec brio le Championnat d’Europe Superstock 600 en 2010, puis l’an dernier le titre Superbike français en FSBK. Que fais-tu en vitesse cette année ?

« Cette année, je fais le Championnat Espagnol de Superbike, qui s’appelle le ESBK (Ndlr : Campeonato de España Superbike 2019 ESBK avec 6 catégories : 85GP Moto4, PreMoto3, SuperSport300, Supersport Open600, SBK Open1000 et Féminins). J’ai trouvé ça il n’y a pas très longtemps, juste avant la saison. J’ai signé avec cette équipe Kawasaki qui avait envie que je roule là-bas. Pirelli m’a beaucoup aidé et a poussé pour que ce soit moi qui soit sur cette moto ».

Vidéo : Les dernière minutes : Jérémy contre Yonny

Vidéo : Le podium

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