Il est rare qu’une équipe privée se hisse à la deuxième position d’un Championnat du Monde aussi relevé que celui d’endurance, mais c’est l’exploit qu’ont réussi Matthieu Lagrive, Sheridan Morais et Dany Webb à l’issue du Bol d’Or 2018 sur leur Yamaha R1 de l’équipe Wepol Racing (Penz13).

Ils occupent cette 2e place du Championnat après avoir terminé 3e (et 1er privé) du Bol, grâce aux bonus horaires. La place de premiers indépendants va être difficile à conserver tout au long de la saison, face à des adversaires de qualité. Nous avons demandé à Matthieu ceux qu’il estimait les plus valeureux.

« Je pense que les plus inquiétants en indépendants vont être les équipes Bolliger Team Switzerland et 333 Yamaha Viltaïs Perret Expériences. Bolliger a très bien commencé l’année, et en général ils finissent toutes les courses. On a été très longtemps en bagarre avec eux au Bol d’Or pour la troisième marche du podium et la place de premier indépendant. Avec sa grande expérience de l’endurance, c’est le Team Bolliger qui est le plus menaçant. »

Tu as remporté le titre de Champion 2018 Supersport en International Road Racing Championship (IRRC). Pour situer pour nos lecteurs, ces courses en 2019 vont se dérouler à Hengelo (NL), Imatra (FI), Terlicko (CZ), Chimay (BE), Horice (CZ) et Frohburg (D). De quelles courses s’agit-il et pour quelle équipe cours-tu ?

« Le problème est qu’en 2019, il y aura déjà trois courses de l’IRRC en concurrence de dates avec l’endurance ! Donc ça nous pose un gros problème parce que notre équipe Wepol Racing Penz 13 est un des plus gros teams de l’IRRC et qu’il est alors difficile de répartir les pilotes entre les différentes épreuves. On va voir comment on pourra s’arranger. Je sais que je ferai Le Mans en endurance. Dany a sa priorité sur l’endurance alors que moi mon titre préféré est celui de l’IRRC. Donc il est fort probable que je ne participerai pas aux 8H de Slovaquie ni aux 8H de Suzuka. »

Quelle est l’ambiance en IRRC ? Quel est l’état d’esprit dans le paddock par rapport à d’autres championnats que tu fréquentes ou que tu as fréquentés ?

« Pour moi c’est vraiment nouveau, et ça me rappelle les paddocks du style des années 80. C’est convivial, familial, tout le monde se connait et s’apprécie. Personne ne se tire dans les pattes. On s’entraide un petit peu parce que ce sont des courses où, malgré tout, tu n’as pas le droit à l’erreur. Ce sont des courses sur routes, un peu comme le Continental Circus dans les années 70. Ce sont des circuits à l’ancienne, comme Horice ou Imatra. Pour moi c’est une découverte. Tout le monde se respecte parce qu’on n’est pas sur un circuit fermé. »

C’est un petit peu comme le Championnat d’Irlande de courses sur route ?

« Oui, c’est ça. Par exemple Horice en Tchéco, pour eux c’est comme notre Tourist Trophy à nous. C’est une course qui attire beaucoup de spectateurs, j’en ai été surpris. Elle est réputée dans le pays. Il y a un réel engouement pour ce Championnat, avec des spectateurs qui aiment ce genre de courses sur route un peu plus dangereuses. Le public peut rentrer dans les paddocks assez facilement et a une véritable proximité avec les concurrents. »

Tu as un palmarès exceptionnel en endurance, avec quatre titres de Champion du Monde en 2005, 2006, 2007 et 2008 avec le Suzuki Endurance Racing Team, et tu as également été victorieux du Bol d’Or en 2004, 2005, 2006, 2008, 2014 et 2015, avec Vincent Philippe, Keiichi Kitagawa, Julien da Costa, Grégory Leblanc, Nicolas Salchaud et Fabien Foret sur Suzuki du SERT et SRC Kawasaki. Sur le plan personnel, que t’a apporté l’endurance ?

« Beaucoup de maturité au niveau du pilotage, de la gestion de course, et aussi de l’entraide entre coéquipiers, ainsi que du partage de la moto. C’est un travail mutuel où il n’y a pas d’égoïsme et où on essaie de faire au mieux. »

Préfères-tu courir en endurance en équipe ou en vitesse en individuel ?

« Ce ne sont pas les mêmes sensations : en vitesse tu roules pour toi, tu donnes le meilleur de toi-même et tu vas le plus vite possible, alors qu’en endurance c’est un partage, donc il faut éviter les erreurs et prendre soin de la moto pour la transmettre dans le meilleur état possible à tes coéquipiers afin de bien terminer la course. »

Comment vois-tu ton avenir à moyen terme ?

« A moyen terme, je vais commencer ma dernière année de compétition. Ça va faire vingt-cinq ou vingt-six ans que je suis sur les circuits et maintenant il faut passer à autre chose. Il y a un moment où il faut tourner la page. Mais je continue à prendre du plaisir, et je pense qu’il va falloir que je trouve quelque chose de… rapide ! »

Sur le podium du Bol d’Or 2018

Ci-dessus : Champion 2018 IRRC en Supersport

Classement provisoire du Championnat du Monde d’endurance :

Classement des équipes indépendantes :

Classement final du Bol d’Or 2018 :

Vidéo : Le résumé du Bol 2018, proposé par L’Equipe

Le résumé du Bol des organisateurs du Championnat

Photos extraites des pages Facebook de Matthieu Lagrive et de Penz13,

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