Alors que Randy a participé à de nombreuses courses du Championnat du Monde sur Kawasaki et Honda, il découvrait à Sepang une nouvelle Panigale V4 R qui effectuait sa première course avec l’équipe allemande Team ERC Endurance, qui engageait auparavant une BMW.

Il pouvait compter sur un soutien technique efficace et motivé de Ducati Corse concernant la machine partagée avec Louis Rossi et Ondrej Jezek.

Randy, comment s’est passé le premier contact avec la Ducati à Sepang lors des essais initiaux ?

« Il y a eu d’abord beaucoup de travail parce que la moto était toute neuve. L’équipe a terminé de la préparer la veille des essais. La partie-cycle de la machine était plutôt bien, et il a suffi de l’ajuster par rapport à la piste. Ça a demandé un travail important parce que l’on n’utilisait pas la fourche de la Superbike car ils avaient décidé de conserver une fourche de la BMW parce qu’ils la connaissaient mieux. Pour les freins, on n’avait pas les gros disques, donc ça c’était un peu ennuyeux pour freiner. Le bras oscillant était également un peu plus long sur la moto d’endurance, donc on ne pouvait pas utiliser les réglages dont ils se servaient habituellement en Superbike. »

Comment se sont déroulés les essais ?

« De là, on a progressé sans arrêt. On a perdu trois heures le mercredi à cause de la pluie. Ça nous a fait manquer pas mal de roulage.

« Jeudi matin, on s’est retrouvés en qualifications directement. J’ai fait le troisième temps des séries qualificatives des brassards jaunes, ce qui était donc plutôt intéressant. L’après-midi, il n’a pas été possible d’améliorer en raison de la chaleur et j’ai conservé cette troisième performance. »

Et la Superpole « Top 10 » ?

« Ils ont sélectionnés les dix plus rapides des qualifications. Ils ont pris le meilleur pilote de chacun de ces dix teams, donc je suis parti pour la Superpole. Mais là j’ai eu un souci de frein pendant le tour de formation : la poignée de frein est venue toucher le guidon sur deux ou trois freinages, donc j’ai fait de mon mieux pour essayer de trouver une solution pour que ça freine le mieux possible. Malheureusement je me suis retrouvé sur trois freinages où je n’ai pas eu de frein, donc forcément j’ai perdu beaucoup de temps. A la fin du tour les freins se sont remis à fonctionner normalement ! »

« Donc j’ai terminé septième, mais avec la possibilité d’avoir pu faire le quatrième temps dans des circonstances normales. Ça aurait été bien, mais septième c’est bien aussi ».

Surtout pour une moto neuve…

« Voilà. Ensuite, pour la course il a plu. Lors du premier départ avec la Safety Car, on a été voir la Direction de la course en lui disant que ce n’était pas possible de partir parce que c’était trop dangereux. »

« On a attendu trois ou quatre heures, puis ils ont donné un nouveau départ alors que je ne voyais pas comment la piste pourrait être praticable car il pleuvait toujours. Ils nous ont envoyé faire quarante minutes de Safety Car et là j’ai un peu pété une durite. Je n’ai pas voulu repartir pour le départ d’après et du coup c’est Louis (Rossi) qui est parti, c’est lui finalement qui a pris le vrai départ. Ils ont fait un tour derrière le Safety Car et c’est parti. »

« Ça n’a pas été facile pour Louis car la piste était très humide. Ensuite Ondrej Jezek a fait un relais correct, et puis moi j’ai fait ce que j’ai pu pour remonter à la dixième place. »

« Les problèmes de la moto qui avait du mal à tourner sur le sec, on les a retrouvés sous la pluie. La moto manquait un peu de maniabilité, probablement parce qu’on n’arrivait pas à freiner très tard en raison du manque de freinage de cette moto, je ne sais pas exactement. Il y avait beaucoup de choses à régler, notamment la stabilité au freinage. On freinait moins tard que ce qu’on aurait aimé. »

« Le moteur poussait vraiment fort. Au niveau des pneus, Sepang n’est pas une piste qui est nécessairement faite pour les Pirelli. Bridgestone était intouchable, sur la pluie comme sur le sec. Les Michelin fonctionnaient également très bien, comme on l’a vu avec la quatrième place au général et la première en Superstock de Moto Ain. C’était un peu prévu, il n’y a pas eu de miracle à ce niveau-là. »

Ton bilan d’ensemble ?

« Ça m’a fait du bien d’être présent là-bas, de rouler car je n’avais pas couru depuis Suzuka. Il y avait sur notre moto trois ingénieurs de Ducati plus le patron du Team Barni en mécano. Ils nous ont vraiment bien aidés. Il était très important qu’ils soient là. »

« C’est un tout nouveau projet, avec des côtés positifs et d’autres négatifs. On avait des problèmes de conso, qui se sont moins vus sous la pluie. Il y a beaucoup de choses à améliorer. La moto est arrivée juste avant la course et on ne pouvait pas s’attendre à des miracles. Ce que j’ai réussi à faire en qualif était déjà très bien. Sur le sec, on aurait pu se battre en course entre 6 et 10 car les problèmes de conso auraient coûté cher. »

« Il va y avoir des essais de faits. Moi, je ne sais pas exactement ce que je ferai. J’ai discuté avec eux, ça c’est bien passé, ils souhaitent me garder. J’aimerais bien certaines garanties techniques pour continuer. J’ai d’autres pistes aussi, donc c’était bien que je sois allé là-bas. »

Vidéo : Les qualifications des 8H de Sepang

Vidéos : La course

Photos © Team ERC Endurance, FIM EWC Eurosport Events

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