F1
Publié le 31 août 2026 • 00:30 par Oléna Champlain

F1 – Russell, le nouveau Bottas de Mercedes ? Steiner appuie exactement là où ça fait mal

Günther Steiner compare George Russell à Valteri Bottas alors que Kimi Antonelli prend clairement l’ascendant chez Mercedes.

George Russell devait devenir le nouveau visage de Mercedes après le départ de Lewis Hamilton. Le scénario paraissait presque écrit : cinq saisons d’apprentissage, une victoire dès sa première année avec les Flèches d’Argent, puis les clés de la maison lorsque le septuple champion s’en irait chez Ferrari. Petit problème : Kimi Antonelli n’avait manifestement pas lu le scénario.

Russell voit Antonelli lui voler le costume de patron

Pour sa deuxième saison en Formule 1, l’Italien s’est installé en tête du championnat et possède actuellement 59 points d’avance sur Russell. Une situation qui a inspiré à Günther Steiner une comparaison aussi brutale que facile à comprendre : et si George Russell était tout simplement en train de devenir le nouveau Valtteri Bottas de Mercedes ?

De successeur d’Hamilton à lieutenant d’Antonelli

Lorsque Russell avait remplacé Bottas en 2022, le Britannique représentait justement l’avenir. Bottas quittait Mercedes après cinq saisons aux côtés d’Hamilton, tandis que Russell arrivait avec cette réputation de jeune loup destiné, tôt ou tard, à prendre le pouvoir. Hamilton parti chez Ferrari, tout semblait donc enfin réuni pour que Mercedes devienne l’équipe de George Russell.

Puis Antonelli est arrivé. Et en à peine deux saisons, le jeune Italien a bouleversé la hiérarchie.

Interrogé par le podcast The Red Flags sur la possibilité que Russell devienne à son tour le « Bottas » de Mercedes, Steiner n’a pas vraiment cherché la sortie diplomatique :

« It really looks like it. »

Autrement dit : oui, cela commence sérieusement à y ressembler. Voilà qui devrait égayer le prochain café de Russell.

Zandvoort a offert une image assez cruelle

Le Grand Prix des Pays-Bas n’a évidemment rien arrangé. Après une voiture de sécurité virtuelle, Antonelli s’est retrouvé derrière Russell avec des pneus tendres plus frais. Mercedes a alors demandé au Britannique de laisser passer son équipier afin de rétablir l’ordre qui existait auparavant. Russell s’est exécuté et a terminé troisième, Antonelli deuxième derrière Lando Norris. Le Britannique a ensuite reconnu que Mercedes avait pris « la bonne décision », tandis que Toto Wolff insistait sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une préférence accordée à l’Italien mais d’une logique stratégique

Sur le papier, rien de scandaleux. Dans l’image, en revanche, le symbole est redoutable. Le pilote qui devait devenir le patron de Mercedes s’écarte désormais pour laisser passer le jeune prodige qui mène le championnat.

Il ne manque presque plus que Toto Wolff à la radio :

« George, Kimi is faster than you. »

Steiner lui conseille presque de préparer ses cartons

Steiner pousse d’ailleurs le raisonnement beaucoup plus loin. Selon lui, Russell dispose d’une différence fondamentale avec Bottas : il peut décider de ne pas accepter ce rôle. L’ancien patron de Haas estime que, si le Britannique considère qu’il n’a plus la possibilité d’être numéro un chez Mercedes, rien ne l’oblige à y passer le reste de sa carrière. Les places intéressantes sont pratiquement verrouillées à court terme, mais 2028 pourrait ouvrir une fenêtre.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Steiner évoque cette hypothèse. Fin juillet, il citait déjà Audi comme destination potentielle à partir de 2028, estimant que Russell pouvait être tenté de rechercher ailleurs un véritable rôle de leader. Le conseil est donc limpide : si tu refuses d’être le deuxième homme, trouve une équipe qui te laissera être le premier. Simple. Enfin, simple à condition de trouver un volant de pointe disponible en Formule 1. Petit détail.

Attention tout de même à ne pas transformer Bottas en faire-valoir

La comparaison est mordante, mais elle mérite également d’être nuancée. Être le « nouveau Bottas » est devenu une manière commode de désigner le coéquipier discipliné condamné à regarder l’autre gagner. Le véritable bilan du Finlandais chez Mercedes est pourtant loin d’être honteux. Entre 2017 et 2021, Bottas a remporté 10 Grands Prix, signé 20 pole positions et participé à cinq titres constructeurs consécutifs de Mercedes. Il a également terminé vice-champion du monde en 2019 et 2020. Bref, devenir Bottas ne signifie pas devenir mauvais. Cela signifie surtout devenir excellent dans une équipe où quelqu’un est encore meilleur. Et c’est précisément ce qui rend la comparaison si désagréable pour Russell.

Antonelli est en train de changer le centre de gravité de Mercedes

Le problème n’est d’ailleurs plus seulement comptable. Avant la reprise après la pause estivale, Russell assurait encore que les consignes d’équipe n’étaient même pas à l’ordre du jour. Quelques jours plus tard à Zandvoort, Mercedes lui demandait déjà de céder sa place à Antonelli.

Steiner estime même désormais qu’une conversation a probablement eu lieu en interne afin que Russell aide Antonelli dans sa lutte pour le titre pendant la deuxième moitié de saison. Cette affirmation reste son interprétation et non une confirmation de Mercedes, mais le classement lui donne au moins une logique sportive : Antonelli possède 59 points d’avance et Mercedes doit désormais protéger sa meilleure chance au championnat.

Russell affirme de son côté que son avenir chez Mercedes n’a jamais été réellement menacé, y compris lorsque Max Verstappen était encore régulièrement associé à l’équipe. Son accord est décrit comme pluriannuel, même si tous les détails contractuels n’ont pas été rendus publics. Le siège n’est donc pas le problème.

Le statut, lui, commence sérieusement à l’être.

Russell doit maintenant éviter le piège le plus cruel de la F1

George Russell n’est ni lent, ni fini, ni devenu subitement un pilote moyen. Il a simplement rencontré le cauchemar classique de tout excellent pilote : un équipier suffisamment rapide pour bouleverser la hiérarchie au moment exact où lui-même pensait enfin hériter du royaume. Hamilton parti, Russell croyait probablement que Mercedes lui appartenait. Antonelli est arrivé avec une autre proposition. Et voilà peut-être ce qui rend la pique de Steiner si efficace : Russell a passé plusieurs années à attendre que Bottas et Hamilton quittent la scène.

Aujourd’hui, il risque de découvrir qu’il n’était pas le prochain Hamilton. Il était peut-être simplement… le prochain Bottas.