Jack Miller semble avoir trouvé son point de chute pour 2027. Écarté du futur projet MotoGP de Yamaha, l’Australien aurait signé le 20 août son contrat pour rejoindre l’équipe officielle de la marque en WorldSBK aux côtés d’Andrea Locatelli. Mais derrière ce transfert se cache une opération beaucoup plus stratégique : Yamaha compterait sur la popularité internationale de Miller pour convaincre Pata, son sponsor historique, de poursuivre l’aventure.
Le grand jeu de chaises musicales entre MotoGP et WorldSBK continue. Et cette fois, l’un des dossiers les plus importants semble réglé. Selon Motosprint, Jack Miller aurait signé le 20 août son contrat avec Yamaha pour disputer le Championnat du monde Superbike 2027. L’Australien resterait ainsi dans la famille d’Iwata après deux saisons chez Pramac Yamaha en MotoGP.
À 31 ans, ce transfert devrait mettre un terme à une longue carrière dans la catégorie reine commencée directement depuis le Moto3 en 2015.
De 1 million à 750 000 euros ?
Restait cependant un obstacle important : l’argent. Miller aurait initialement réclamé environ un million d’euros par saison, quand Yamaha envisageait plutôt une rémunération proche de 500 000 euros.
Les deux parties auraient finalement trouvé un compromis autour de 750 000 euros, auxquels pourraient s’ajouter différents bonus. Une concession significative pour Miller, mais également la garantie de poursuivre sa carrière dans une équipe officielle. Il devrait retrouver Andrea Locatelli, tandis que Xavi Vierge se dirige vers Barni Ducati. Mais Yamaha n’aurait pas choisi Miller uniquement pour ses quatre victoires en MotoGP.
Jack Miller pour convaincre Pata ?
C’est probablement la partie la plus intéressante de l’opération. Le partenariat entre Yamaha et Pata, sponsor titre de son équipe officielle WorldSBK depuis 2016, arrive à échéance fin 2026. Et Yamaha souhaiterait le prolonger. L’arrivée de Miller constituerait alors un argument commercial particulièrement intéressant.
L’Australien possède une personnalité et une notoriété largement supérieures à celles de nombreux pilotes du WorldSBK. Après plus d’une décennie en MotoGP, il bénéficie d’une visibilité internationale importante, notamment sur les marchés anglophones et en Australie.
Autrement dit, Yamaha ne recruterait pas seulement un pilote capable de développer et piloter une R1. Elle recruterait également une tête d’affiche susceptible d’augmenter la valeur commerciale de son équipe.

Le WorldSBK récupère encore un pilote MotoGP
Son arrivée confirmerait surtout une tendance spectaculaire du marché 2027. Plusieurs pilotes actuellement en MotoGP sont poussés vers le championnat des motos dérivées de la série. Brad Binder est annoncé chez BMW, Alex Rins tente de trouver une solution avec Go Eleven Ducati et Franco Morbidelli pourrait lui aussi rejoindre le championnat.
Cette migration commence parallèlement à produire des victimes parmi les pilotes déjà installés en WorldSBK. Xavi Vierge quitterait Yamaha pour Barni, ce qui pousserait Alvaro Bautista vers la sortie et probablement vers la retraite. Le transfert de Miller représente donc une nouvelle pièce d’un puzzle beaucoup plus vaste.
Reste une inconnue considérable : la compétitivité de Yamaha. Andrea Locatelli a récemment reconnu que la R1 était en difficulté et que, dans certaines circonstances, une troisième place pouvait presque être considérée comme une victoire.
Jack Miller ne retrouverait donc pas nécessairement une machine capable de jouer immédiatement le titre. Il possède toutefois un avantage inattendu. Le WorldSBK abandonnera Pirelli pour Michelin en 2027, un manufacturier que Miller connaît parfaitement après ses nombreuses saisons en MotoGP.
Yamaha associerait ainsi l’expérience de Locatelli à celle d’un pilote ayant passé plus d’une décennie au plus haut niveau sur les pneus qui arriveront dans le championnat. Jack Miller quitte peut-être le MotoGP faute de place. Mais son arrivée en WorldSBK serait tout sauf une retraite sportive.
Yamaha semble même vouloir en faire simultanément un pilote, un développeur et l’une des nouvelles figures commerciales de son programme Superbike. Et si cela permet au passage de conserver Pata, les 750 000 euros évoqués pourraient rapidement apparaître comme un investissement plutôt que comme un simple salaire.










