F1
Publié le 29 août 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 2027 : le calendrier prend l’eau, la Chine prête à récupérer le départ

La F1 envisage Shanghai pour ouvrir la saison 2027 si Bahreïn et Djeddah deviennent impossibles, sur fond d’incertitude au Moyen-Orient.

La Formule 1 voulait ouvrir 2027 à Bahreïn, enchaîner avec Djeddah puis filer vers l’Australie, le Japon et la Chine. Un joli ruban logistique, propre et bien repassé. Seulement voilà : la géopolitique se moque assez royalement des tableurs d’Excel de Liberty Media. Avec la situation toujours incertaine au Moyen-Orient, Shanghai apparaît désormais comme le candidat numéro un pour lancer la saison 2027. Et pour une F1 qui aime répéter qu’elle maîtrise tout, le calendrier commence sérieusement à ressembler à une grille de départ sous la pluie.

F1 : Shanghai en pole du plan B

Bahreïn le 14 mars… du moins sur le papier

Le scénario F1 privilégié reste clair : Bahreïn le 14 mars 2027, puis l’Arabie saoudite à Djeddah le 21 mars. Suivraient Melbourne le 4 avril, Suzuka le 11 et Shanghai le 18. Ce programme reste toutefois provisoire et le calendrier officiel 2027 n’a toujours pas été publié.

La raison de cette prudence n’a rien d’anecdotique. En 2026, les Grands Prix F1 de Bahreïn et d’Arabie saoudite ont déjà été annulés en raison de la situation au Moyen-Orient. La Malaisie a ensuite été appelée pour accueillir une épreuve de remplacement financée en grande partie par Bahreïn. Autrement dit, la F1 a déjà goûté au casse-tête. Elle évite simplement d’en commander une deuxième portion pour mars prochain.

Et soudain, Shanghai devient très séduisant

Selon les dernières informations de The Race, si la F1 estime impossible de commencer la saison au Moyen-Orient, la Chine deviendrait l’option privilégiée pour accueillir la manche d’ouverture, devant le Japon. Melbourne viendrait seulement ensuite.

Pourquoi ne pas simplement rendre à l’Australie son traditionnel statut de lever de rideau ? Parce que même le plan B a son plan B.

Des travaux sur le nouveau bâtiment des stands de Melbourne empêcheraient Albert Park d’avancer suffisamment sa date. La F1 envisagerait donc un début Chine – Japon – Australie, éventuellement sous la forme d’un triple header asiatique particulièrement copieux pour les équipes et leurs personnels.

Shanghai, autrefois placé au milieu du premier bloc de courses, se retrouverait ainsi propulsé sous les projecteurs pour donner le premier coup de démarreur de 2027.

La Chine ne demandait peut-être pas tant. La F1, elle, pourrait bien ne plus avoir le luxe de faire la difficile.

Domenicali a plusieurs calendriers dans le tiroir

Stefano Domenicali ne cache plus l’existence de scénarios alternatifs.

« Nous avons différentes options déjà en place. »

Le patron de la F1 assure surtout qu’une chose ne changera pas : l’objectif demeure 24 Grands Prix en 2027, quel que soit le montage finalement retenu.

Il avait déjà expliqué que le calendrier présenté à l’automne correspondrait au scénario « normal », tout en reconnaissant qu’il faudrait le modifier si la situation au Moyen-Orient ne permettait pas de courir dans des conditions acceptables.

Son constat le plus important dépasse d’ailleurs largement la petite cuisine du paddock :

« Si la situation n’est pas réglée, la F1 sera un problème marginal. »

Une phrase qui remet opportunément les choses à leur place. Car derrière les dates, les contrats et les billets vendus, il est évidemment question de sécurité avant de parler de spectacle.

2026 sert déjà de répétition générale

L’incertitude ne concerne d’ailleurs pas uniquement l’année prochaine. Qatar et Abu Dhabi doivent encore fermer la saison 2026, mais la F1 s’est donné jusqu’à mi-septembre pour juger si ces rendez-vous peuvent être maintenus. En cas d’impossibilité, Stefano Domenicali a annoncé que le championnat se terminerait en Europe, Imola faisant partie des solutions étudiées. Voilà donc une discipline qui pourrait devoir remodeler sa fin de saison 2026 avant même de pouvoir verrouiller le début de la suivante.

Pour un championnat qui transporte vingt-deux voitures, des centaines de tonnes de matériel et des milliers de personnes autour du globe, ce n’est plus un simple changement de date. C’est du Tetris joué avec des Boeing 747.

La Chine gagne du poids au moment parfait

Il y a aussi derrière ce possible choix une logique commerciale évidente.

Domenicali reconnaît que la F1 reçoit davantage de demandes en Chine et au Japon, même s’il exclut pour l’instant l’ajout d’un deuxième Grand Prix chinois, souhaitant d’abord consolider le marché.

Alors faire de Shanghai la première course de 2027 constituerait une formidable vitrine : nouveau championnat, premières images de l’année, nouveaux monoplaces en piste et exposition mondiale maximale.

Un plan B qui, commercialement, ressemble furieusement à un plan A bien emballé.

La F1 voulait un calendrier. Elle aura peut-être un jeu de construction

Pour l’heure, prudence : rien n’est officialisé concernant l’ouverture chinoise de 2027. Le scénario principal reste Bahreïn puis Djeddah. Shanghai n’est encore que l’alternative la plus sérieuse identifiée si ce lancement devient impossible Mais le simple fait que cette solution soit déjà aussi avancée montre à quel point la Formule 1 doit désormais préparer plusieurs championnats en parallèle.

Plan A : Bahreïn.

Plan B : Shanghai.

Plan C : déplacer les manches du Golfe plus tard.

Et quelque part dans les bureaux de la F1, on imagine volontiers quelqu’un ayant interdit de prononcer les mots « calendrier définitif » avant Noël. Une certitude demeure néanmoins : Domenicali veut ses 24 courses.

Reste désormais à savoir où, quand… et dans quel ordre il pourra les ranger.