F1
Publié le 3 octobre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – Toyota dit non à Ocon : la F1, ou rien ?

Toyota dément la rumeur d’un transfert d’Esteban Ocon en WEC. Écarté par Haas, le Français vise toujours un baquet en F1 pour 2027.

Le départ d’Esteban Ocon de Haas avait déclenché une nouvelle rumeur : le Français pourrait rebondir chez Toyota, en Championnat du monde d’endurance. La piste semblait séduisante, notamment parce que Toyota entretient des liens techniques avec l’écurie américaine. Mais Alexander Wurz, conseiller du constructeur japonais en WEC, a refroidi les spéculations. Pour 2027, dit-il, l’effectif Toyota est déjà complet. Ocon se retrouve donc face à une réalité moins confortable : son avenir immédiat ne se dessine ni chez Haas ni, apparemment, dans le programme d’endurance de Toyota.

 Écarté par Haas, Ocon voit la piste Toyota en endurance se refermer.

La rumeur avait pris de l’ampleur après l’annonce du départ d’Ocon de Haas à la fin de la saison 2026. Le pilote français, âgé de 30 ans, avait rejoint l’équipe en 2025 après son passage chez Alpine. La séparation a été confirmée cette semaine, sans annonce simultanée sur la suite de sa carrière. Dans son communiqué, Ocon a assuré qu’il quittait le projet « la tête haute » et a martelé : « Ce n’est absolument pas la fin de ma carrière en Formule 1. » Il n’a donc pas présenté l’endurance comme un plan B.

Toyota aurait pu représenter une passerelle logique sur le papier : Haas utilise des moteurs Ferrari, mais entretient aussi des liens techniques étroits avec le constructeur japonais. Après la sortie d’Ocon, l’idée d’un transfert vers le WEC a donc circulé.

Wurz a coupé court : « Il n’y a rien derrière ces rumeurs. » Il précise que Toyota planifie son programme d’endurance longtemps à l’avance et ne prévoit aucun changement dans son groupe actuel de six pilotes. Son verdict est limpide : l’effectif 2027 est « complet à 100 % ».

Derrière cette réponse, Wurz insiste sur la stabilité de l’équipe. Toyota travaille avec deux équipages de trois pilotes, dont Mike Conway, Nyck de Vries et Kamui Kobayashi d’un côté, Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa de l’autre. Selon lui, l’équilibre ne se décrète pas en ajoutant un nom connu à la dernière minute. Il faut du temps aux pilotes pour construire leur méthode de travail et leur relation dans la voiture.

« On ne peut pas simplement faire entrer un autre pilote venu de l’extérieur », explique-t-il, en soulignant le risque de perturber une culture d’équipe bâtie depuis 2012

Le message est clair : la rumeur Toyota ne reposait pas sur une négociation annoncée, mais sur une hypothèse née de la situation de Haas et de ses liens avec le constructeur japonais. La nuance compte. Wurz ne décrit pas un recrutement d’Ocon avorté au dernier moment ; il affirme qu’aucune place n’est ouverte et qu’aucun changement n’est prévu. Présenter Toyota comme une option désormais perdue serait donc aller trop loin. La porte n’était, selon lui, pas en train de s’ouvrir.

Ocon, de son côté, ne cache pas sa priorité. À Sepang, il a affirmé ne regarder « rien d’autre que la Formule 1 » et vouloir être encore sur la grille en 2027. Il sait que les possibilités peuvent évoluer rapidement, mais reconnaît qu’il ne contrôle pas les décisions des équipes. Son objectif immédiat est de convaincre en piste et de montrer qu’il mérite une place à temps plein. Il n’exclut toutefois pas un rôle de réserviste si aucune place de titulaire ne se présente : « Au pire, oui », a-t-il répondu, tout en répétant qu’il veut courir

Le marché rend cette ambition difficile. Aston Martin a confirmé Fernando Alonso et Lance Stroll, tandis que la plupart des équipes ont déjà avancé sur leurs pilotes pour la saison suivante. À la date des derniers articles publiés, les cases encore ouvertes se concentrent principalement chez Haas et Racing Bulls. Le nom d’Ocon peut encore circuler, mais cela ne signifie pas qu’un baquet l’attend. Haas n’a pas annoncé son remplaçant ; Rafael Câmara figure parmi les candidats évoqués. Dans ce jeu de chaises musicales, l’expérience d’Ocon pèse dans la balance, mais elle ne garantit rien.

Un rôle de réserviste chez Mercedes ou dans une autre équipe pourrait lui permettre de rester dans le paddock et de patienter. Ocon connaît déjà cette situation : en 2019, il avait occupé un rôle de réserve chez Mercedes avant de retrouver un volant en 2020. Ce précédent donne une forme de crédibilité à cette solution, sans en faire une destination certaine. Et le Français, lui, ne veut pas que cette possibilité devienne le titre de son histoire avant même que les discussions soient terminées.

« Ne m’enterrez pas déjà », a-t-il lancé.

Pour l’instant, Toyota ne lui offre donc aucun refuge en endurance, et Haas a confirmé qu’il ne poursuivrait pas avec l’équipe après 2026. Ocon reste déterminé à défendre sa place en F1, mais son souhait ne suffira pas à remplir un baquet. La question n’est plus seulement de savoir s’il croit encore à son avenir : elle est de savoir quelle équipe acceptera de lui donner l’occasion de le prouver.